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Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Le coup de poker de la banque italienne UniCredit face à la Commerzbank de Francfort ».
À savoir
UniCredit a fait son entrée dans le capital de la deuxième banque privée allemande en septembre 2024. Depuis, le groupe italien étend progressivement sa participation jusqu’à détenir aujourd’hui 29.9%. Avec cette opération, Unicredit souhaite dépasser le cap des 30%. En franchissant ce seuil, le groupe devra lancer une OPA, une offre publique d’achat comme le prévoit la loi allemande. C’est précisément l’objectif d’UniCredit qui pourra ainsi soumettre une offre aux autres actionnaires et acheter des titres supplémentaires. Le groupe possède déjà en Allemagne l’HypoVereinsbank et souhaite créer en Europe un géant bancaire, capable de rivaliser avec les puissants établissements américains. Un rachat permettrait de fusionner plusieurs services, de supprimer des postes qui doublonnent et donc de réaliser des économies considérables.
Forte hostilité en Allemagne
Lors de la crise financière de 2008, l’Etat allemand a volé au secours de la Commerzbank pour lui éviter la faillite. Le gouvernement l’a renflouée et injecté 18.2 milliards d’euros de fonds publics. En contrepartie, l’Etat a reçu des titres et détient toujours 12% du capital, ce qui lui confère un rôle stratégique. L’Etat s’oppose à ce mariage forcé pour préserver l’indépendance de la Commerzbank, qui est un acteur important du financement des PME allemandes, moteurs de l’économie. En toile de fond également, il y a la crainte de suppressions d’emplois et de fermetures d’agences explique Frederik Werning, responsable du dossier Commerzbank au sein du syndicat Ver.di et membre du conseil de surveillance de la banque. « Nous savons qu’après un rachat, les banques se concentrent toujours sur elles-mêmes pendant des années. En Allemagne, nous avons assisté ces dernières années à plusieurs fusions de grandes banques. Cela s’est toujours fait au détriment des clients et des petites et moyennes entreprises. On promet toujours des synergies lors des rachats mais cela se produit rarement. Ce qui arrive toujours, en revanche, c’est une coupe drastique dans les effectifs. Cette transaction n’apportera pas plus de croissance. Au contraire, elle plongera l’économie européenne dans l’incertitude ». Frederik Werning redoute la disparition de 15.000 emplois dans les deux banques. Il faut dire que le passé incite à la prudence. L’HypoVereinsbank, la banque bavaroise reprise en 2005 par UniCredit a vu ses effectifs passer de 26.000 à 8.500 après son rachat. Friedrich Merz, le chancelier allemand, affirme qu’il souhaite une Commerzbank « forte et indépendante ». Ce qui ne serait pas forcément le cas si la banque de Francfort lie son destin à celui de l’Italie. « C’est un peu une question de prestige… L’Allemagne reste la première économie d’Europe. Et on a peut-être un peu de mal à accepter que la deuxième plus grande banque allemande, derrière la Deutsche Bank, soit rachetée » décrypte Jens Klatt, analyste de marché pour le site d’opération boursière en ligne XTB. « Et puis, lors de la crise de la dette dans la zone euro, l’Italie -comme la Grèce- s’est retrouvée en difficulté. le situation que ce soit justement l’Italie, avec un secteur bancaire en difficulté, qui impose le rachat d’une banque allemande, ça peut être un élément qui dérange le gouvernement ». L’analyste verrait aussi quelques vertus à ce rapprochement germano-italien. « Ce ne serait pas forcément une mauvaise chose si l’Europe pouvait disposer d’une grande banque puissante, du calibre par exemple d’une JP Morgan, en tant que concurrente, notamment sur le marché américain ». Pour tenter de dissuader UniCredit d’aller au bout du processus et pour faire grimper le cours des actions, la Commerzbank et la présidente du directoire Bettina Orlopp ont imposé des objectifs de rendement ambitieux, des dividendes plus élevés et annoncé la suppression de 3.900 postes.
La décision finale appartient aux actionnaires
Avec ses 12% de participation, l’Etat ne sera toutefois pas en mesure de bloquer le rachat s’il est accepté par une majorité d’actionnaires. Mais pour l’instant, l’offre est jugée peu attractive. Le groupe italien propose d’échanger 0.485 action UniCredit contre une action Commerzbank. Ce qui correspond à un prix de 30,80 euros par titre, 4% de plus que le cours du moment. Mais pour séduire les actionnaires, l’offre devrait se situer entre 35 et 37 euros estime un observateur. UniCredit pourrait décider de renchérir. Tout se jouera début mai, lors d’une assemblée générale extraordinaire des actionnaires qui devront approuver -ou pas- l’opération. Mais ce bras de fer italo-allemand représente un test pour le secteur et pose cette question : comment bâtir de grands groupes bancaires européens malgré les réticences nationales et la volonté de certaines banques de rester indépendantes ?
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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