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27 mars 2026comment une toxine venue de Chine a réussi à contaminer le contenu de nos biberons – franceinfo
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Pourquoi la toxine céréulide, en cause dans la contamination des laits infantiles massivement rappelés depuis janvier, n’a-t-elle pas été détectée avant leur mise sur le marché ? « Envoyé spécial » est remonté à la source d’un ingrédient clé, produit par un fournisseur chinois, avant de poursuivre son enquête à Bruxelles, dans les locaux d’un laboratoire dont les travaux ont permis des avancées très importantes.
Depuis début janvier 2026, les rappels de laits infantiles suspectés d’être contaminés par une toxine bactérienne, le céréulide, sèment l’inquiétude dans les familles, en France, en Europe, dans le monde entier. Comment expliquer la contamination de milliers de boîtes de lait en poudre, à l’échelle planétaire ? Pour en savoir plus sur des conditions de production souvent opaques, il faut remonter à la source d’un ingrédient de ce lait : chez Cabio Biotech, à Wuhan, en Chine.
L’entreprise chinoise compte parmi ses 300 clients Danone, Lactalis et Nestlé, les trois plus grands fabricants de lait en poudre du marché français. Cabio Biotech produit de l’ARA, ou acide arachidonique. Cet acide gras est utilisé dans la composition de la plupart des laits infantiles pour nourrisson pour les rendre plus proches du lait maternel. Obtenu par fermentation à partir d’un champignon, l’ARA est fabriqué dans de vastes cuves. C’est à cette étape que s’est produite la contamination.
Une bactérie très commune, le Bacillus cereus, se serait multipliée et aurait libéré une toxine extrêmement résistante, le céréulide (pour le détruire, il faut l’exposer à une température de 130°C pendant plus d’une heure). Cet ARA contaminé a ensuite été vendu aux producteurs de lait infantile, sans que la toxine céréulide ne soit détectée par aucun acteur du circuit : ni par le fournisseur chinois, ni par les fabricants de lait, ni par les autorités sanitaires.
Comment un tel manquement a-t-il pu se produire ? « Envoyé spécial » a poursuivi son enquête à Bruxelles, dans l’un des rares laboratoires européens capables de déceler la toxine, Sciensano. Ici ont été analysés depuis janvier 700 échantillons de lait infantile, des boîtes envoyées par les industriels eux-mêmes ou par les autorités de santé belges. Selon Julien Masquelier, qui dirige l’unité d’analyse des toxines, l’origine de la contamination pourrait se trouver dans une faille dans le système de contrôle des fabricants. Explications.
La majorité des contrôles se font principalement sur la bactérie, expose Julien Masquelier. Or, elle a très bien pu être détruite à une étape de chauffage tandis que la toxine, thermorésistante, restait stable. Pour preuve, le céréulide peut être encore détecté dans des lots fabriqués il y a plusieurs mois, voire plusieurs années, quand les boîtes de poudre de lait pour bébé ont été stockées à température ambiante. A l’époque, la toxine ne faisait en effet l’objet d’aucune réglementation ni recherche systématique. Depuis le scandale, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé en urgence un seuil que les industriels ne doivent pas dépasser.
Ce jour-là, au laboratoire Sciensano, les chercheurs analysent des boîtes de lait consommé par des bébés qui sont tombés malades. Elles ont été envoyées par les autorités de santé belges qui mènent l’enquête sur une probable contamination. Au début de cette affaire, les fabricants ne recherchaient la toxine que dans la poudre elle-même. Jusqu’au jour où Julien Masquelier a découvert que la teneur en céréulide est beaucoup plus importante à l’intérieur d’un biberon reconstitué, en constatant une libération plus importante de la toxine dans l’eau : « Quand on prépare un biberon tel qu’il est consommé par les bébés, on va libérer jusqu’à 100 fois plus de toxines », explique-t-il.
L’expertise de ce laboratoire ne s’arrête pas là. Il est le seul d’Europe capable de détecter le céréulide dans des selles, une recherche essentielle pour la médecine et la justice. Selon ces scientifiques, pour prouver qu’un bébé a été intoxiqué, le céréulide doit être détecté à la fois dans le lait qu’il a bu et dans ses selles. Leur travail a permis de confirmer la contamination de huit nourrissons par la toxine en Belgique et, fin février, celle d’un bébé à Montpellier. La France, très en retard dans ce domaine, ne dispose, elle, d’aucun laboratoire de référence sur le céréulide.
Extrait de « Laits infantiles : du poison dans les biberons ? », un reportage diffusé dans « Envoyé spécial » le 26 mars 2026.
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Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe gardera un œil sur l’évolution de la situation.

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