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Selon notre équipe, l'article intitulé « l’interview de Sergueï Lavrov par Léa Salamé fait hurler ces spécialistes de la Russie » mérite un regard attentif.
Résumé des éléments principaux
Sergueï Lavrov interviewé au JT de France 2 le 26 maris 20256 par Léa Salamé
« Vous savez, vous êtes une chroniqueur très douée. » La flatterie d’entrée de jeu de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, aurait pu lui mettre la puce à l’oreille. Le bras droit de Vladimir Poutine était invité de France 2 ce jeudi 26 mars, où il a été interviewé en duplex par Léa Salamé. Un entretien d’une heure, sitôt donné et sitôt étrillé par plusieurs spécialistes de la Russie et de la guerre en Ukraine.
Le principe même d’accorder un temps d’antenne conséquent à l’un des principaux propagandistes du Kremlin a fait sortir de ses gonds Cyrille Amoursky. Le reporter de guerre franco-russe qui documente le conflit et qui vient de publier chez Broché, Ukraïna Un peuple en guerre, y voit une nouvelle opportunité pour la Russie « de déployer sa propagande et d’instiller le doute chez les spectateurs ». « Je trouve cela scandaleux ! D’autant plus sur le service public (…) On n’a rien appris de nos erreurs », s’agace-t-il.
Sur le même ton, Louis Duclos, analyste géopolitique, déplore une « opportunité en or » pour Sergueï Lavrov qui en a profité pour « dérouler tous les éléments de langage de son régime criminel et terroriste ». « Sur une heure de grande écoute, des millions de Français ont été victimes d’une opération de communication, une offensive de guerre informationnelle (…) nous passons pour des trompettes. C’est totalement inacceptable », assène-t-il, attendant par ailleurs des excuses de la part de Léa Salamé, qu’il juge totalement responsable.
La technique de Lavrov pour ne pas être coupé
Louis Duclos note, comme d’autres, que jamais Sergueï Lavrov n’a été interrompu pour être relancé. Et de fait le ministre russe à une technique imparable : il enlève son oreillette, ce qui lui permet de parler pendant de longues minutes sans jamais être repris. On peut le voir le faire dès les premières minutes de l’interview, il le fera ensuite systématiquement à chaque réponse.
« C’est lui, tout du long, qui dicte le tempo (…) Léa Salamé fait la décoration. Toutes les 5 à 10 minutes on la voit hocher la tête (…) Elle tente de faire des signes. Ouvre de grands yeux qui clignotent. Elle sourit benoîtement en hochant la tête », s’agace à cet égard Romain Mielcarek, journaliste défense et auteur d’un livre sur l’influence de la Russie en France.
Sur le fond, la présentatrice du 20 heures est accusée d’avoir mal préparé l’interview, « un cadeau offert à des gens qui nous considèrent comme des ennemis », étrille Olivier Schmitt, auteur de Paris-Moscou : Un siècle d’extrême droite, Seuil, qui déplore par ailleurs que les journalistes qui pensent pouvoir interviewer « des professionnels du mensonge et de la manipulation », « avec une préparation superficielle ».
« Salamé passe à la question suivante »
Quand le ministre russe accuse par exemple Israël et les États-Unis de violer le droit international au Moyen-Orient, Léa Salamé tente de lui renvoyer un peu mollement la question : « est-ce que vous ne faites pas la même chose en Ukraine ? », suggère-t-elle. Lavrov répond sur la propagande russe habituelle de Moscou qui qualifie le régime ukrainien de nazi et de fasciste.
Pendant plus de 4 minutes, sans aucune interruption, le ministre déroule. « Un long laïus de réinterprétation totalement faux de l’histoire et du droit » qui ne sera pas « corrigé, précisé, nuancé », déploré Romain Mielcarek. Et de fait quand il a fini, Léa Salamé marque un silence puis le questionne sur… les objectifs de guerre de la Russie et notamment sur les dizaines de milliers de civils ukrainiens qui ont été tués dans des frappes russes.
Sergueï Lavrov s’épanche en solo pendant plus de 8 minutes, martelant comme il le fera à plusieurs reprises que « jamais nous ne visons des sites civils ». Quant aux massacres de Boutcha, il évoque une mise en scène de « corps soigneusement placé ». En dépit des preuves et témoignages recueillis, il accuse alors les Européens d’avoir « privatisé » le conseil des droits de l’homme de l’ONU pour empêcher toute enquête. Les tentatives de Léa Salamé pour reprendre la parole sont vaine.
« Il existe un nombre incalculable de preuves de très graves crimes de guerre de la Russie en Ukraine et lorsque Lavrov nie cette réalité devant toute la France, Salamé passe à la question suivante », déplore encore Louis Duclos, qui regrette que la observateur n’ait pas évoqué entre autres la campagne de terreur façon safari humain menée avec des drones à Kherson, ou encore « les tortures de civils, les viols d’enfants et d’adolescentes devant les yeux des parents avant de les assassiner ». Pas de question non de parler des cas documentés d’enfants ukrainiens déportés et transférés de force, par Moscou, relève encore Cyrille Amoursky.
Après cette très longue réponse, la chroniqueur évoque bien un reportage de journalistes de France 2 qui ont vu des corps, mais passe finalement à une question sur les négociations de paix. Une interview – où la collaborateur aura finalement très peu eu la parole tant le cadre de celle-ci était dominé par son interlocuteur – qui risque aussi d’agacer en interne. D’autant que France Télé est au cœur d’une commission d’enquête parlementaire et que les critiques ont déjà fusé ses derniers mois sur les bourdes au JT.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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