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28 mars 2026plusieurs grands acteurs financiers français investissent massivement dans la société de surveillance Palantir
Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « plusieurs grands acteurs financiers français investissent massivement dans la société de surveillance Palantir ».
À retenir absolument
Une enquête internationale démontre que les institutions financières européennes ont massivement renforcé leurs positions au capital de la société de surveillance Palantir en 2025. Avec 4,4 milliards de dollars investis, la France se hisse au troisième rang européen, portée par des groupes comme Amundi et BNP Paribas.
Palantir a le vent en poupe. Ce 21 mars, l’agence Reuters dévoilait que le Pentagone s’apprêtait à formellement homologuer l’usage sur le long terme du système Maven, ce logiciel de traitement de données déployé dans la guerre en Iran, pour identifier des cibles et guider les frappes. Conséquence: ce lundi 23 mars, le cours de son action a bondi de 6,7%.
En Europe, les plus grandes banques et gestionnaires d’actifs ont compris que cette hydre de la surveillance était une poule aux œufs d’or. Une enquête internationale menée par Follow the Money (États-Unis), De Tijd (Belgique), Børsen (Danemark), Der Standard (Autriche), Republik (Suisse), Morgenbladet (Norvège), The Nerve (Grande-Bretagne) et El País (Espagne) révèle que plus d’une centaine d’institutions financières majeures ont augmenté de manière spectaculaire leurs investissements dans l’entreprise technologique en 2025.
Parmi elles, quelques multinationales françaises comme BNP Paribas ou le gérant d’actifs Amundi, filiale du Crédit Agricole. En moyenne, ces organismes auraient augmenté de presque 70% le nombre d’actions qu’elles détiennent au capital de Palantir, qui revendiquait en 2025 un bénéfice net de 1,6 milliard.
Contrats avec le Pentagone… et la DGSI
Cofondée en 2003 par le milliardaire libertarien, fervent soutien de Donald Trump, Peter Thiel et l’entrepreneur Alex Karp, Palantir traite des volumes massifs de données brutes en un temps record pour des entreprises et des administrations. Ses deux solutions principales qu’elle monnaye à prix d’or, Gotham et Foundry, agrègent des sources de données hétérogènes telles que des rapports de renseignement, des données biométriques, des bases de données administratives, des historiques judiciaires, des données de géolocalisation ou d’autres issues des réseaux sociaux.
Sa croissance est assurée par les nombreux contrats conclus ces dernières années avec des services de renseignements policiers et militaires. En France, la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) a prolongé en décembre 2025 de trois ans sa collaboration avec la multinationale, entamée en 2016. Aux États-Unis, Palantir travaille au service de la police de l’immigration (ICE) et du Pentagone. À l’été 2025, CNBC annonçait une signature à 10 milliards de dollars pour la US Army. Pour mener à bien ses opérations militaires à Gaza, Israël recourt également aux outils de l’entreprise.
Les firmes françaises médaille de bronze de l’investissement dans Palantir
L’enquête du consortium révèle que, sur le Vieux Continent, la Grande-Bretagne est le pays dont les entreprises investissent le plus au capital de Palantir. À fin décembre 2025, les groupes britanniques détenaient pour 6,9 milliards de dollars. La Norvège est en deuxième position (5,3 milliards), devant la France (4,4 milliards).
Follow the Money précise que ces investissements ont été extrêmement rentables pour les entreprises concernées: le cours de l’action a explosé en 2025, et la valeur totale de la participation détenue par les principales sociétés européennes a presque quadruplé pour atteindre 27 milliards de dollars – la valeur du titre recule d’environ 15% en 2026, malgré une reprise après l’embrasement du conflit en Iran le mois dernier.
La Norges Bank, banque centrale responsable de la gestion du fonds de pension du gouvernement norvégien, caracole en tête du classement des institutions européennes qui détenaient le plus grand nombre d’actions dans la boîte de surveillance, avec près de 29 millions de parts – l’équivalent de 5,1 milliards de dollars. La banque norvégienne est suivie par une entreprise… française : le groupe de gestion d’actifs Amundi est le deuxième investisseur européen de la firme (16 millions de parts).
Des risques de violation des droits humains
Parmi les plus gros investisseurs figurent également les banques suisse et britannique UBS (6,6 millions d’actions) et Legal & General (14 millions). BNP Paribas est la neuvième du classement (6,2 millions, soit plus d’un milliard de dollars). D’autres groupes tricolores finissent le classement, avec des participations bien inférieures: Natixis, le Crédit agricole, AG2R La Mondiale, ODDO BHF, Vega Investment Solutions (groupe BPCE), la Banque Transatlantique ou encore Groupama.
Follow the Money pointe le risque qu’en investissant dans Palantir, ces entreprises puissent entrer en contradiction avec « les standards du droit international », rappelant qu’en 2020, Amnesty International avait pointé « le risque élevé de sérieuses violations des droits humains de migrants et demandeurs d’asile » dans le cadre des programmes mis en place par la police de l’immigration américaine.
Interrogées, la plupart de ces entreprises n’avaient pas répondu à BFM Business au moment de la communication de cet article. Amundi et BNP Paribas se défendent néanmoins d’investir en leurs fonds propres dans cette société américaine, assurant détenir des positions dans le cadre de gestions d’actifs passive – c’est-à-dire en suivant la performance d’indices de marché comme le S&P 500, sans réellement se préoccuper des entreprises composant le panier dans lequel elles mettent leurs billes.
Un flou juridique sur le sujet
En France, la loi Vigilance impose aux entreprises d’évaluer les risques liés à leurs activités, bien qu’il n’y ait encore « pas eu de contentieux » au sujet des investissements effectués dans le cadre de la gestion d’actifs, explique Marie de Pinieux, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’École de droit de la Sorbonne.
En juin 2025, l’association des Juristes pour le respect du droit international (Jurdi) a attaqué BNP Paribas en justice pour « manquement à son devoir de vigilance » dans le conflit à Gaza.
À l’international, « il existe des principes directeurs mis en place par l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] et l’ONU, mais c’est de la soft law », détaille la professeure. En d’autres termes, des règles de droit non obligatoires.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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