
EN DIRECT – Guerre au Moyen-Orient : les Houthis revendiquent leur première attaque contre Israël depuis le début de la guerre
28 mars 2026
pourquoi Air France quitte l’aéroport d’Orly après 80 ans de présence?
28 mars 2026Analyse : L'équipe examine les points essentiels pour vous informer rapidement.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « En Argentine, le péril de « la mémoire complète » ».
Éléments à garder en tête
Cette semaine, le 24 mars 2026, ont été commémorés en Argentine les 50 ans du coup d’État militaire. Le « Jour de la mémoire, de la vérité et de la justice » est un jour férié dans le pays sud-américain. Son objectif officiel : se souvenir des victimes du terrorisme d’Etat, maintenir le demande de justice. Mais le consensus dans le pays vacille. Il se fissure à l’aune d’une bataille sémantique et mémorielle qui vire au révisionnisme d’Etat. Avec ce concept donc, porté par le président argentin Javier Milei et ses soutiens, de “mémoire complète”.
Revenons en 1976, le 24 mars donc. La junte militaire, dirigée par le lieutenant-général Jorge Rafael Videla, prend le pouvoir au petit matin. Dès les premiers jours, des centaines de militants politiques, étudiants, syndicalistes sont enlevés chez eux, dans la rue, dans les cafés, parfois avec leurs familles.
Les militaires appliquent immédiatement, un plan de répression systématique. Ce sont les « années de plomb » argentine, marquées par les tortures, les sinistres « vols de la mort » au dessus de l’Atlantique et la disparition définitive de 30 000 personnes
L’Argentine, depuis, a enclenché un travail de mémoire et de justice
Contrairement à l’Espagne Franquiste ou au Chili par exemple, l’Argentine, après 20 ans d’amnésie d’auto-amnistie a impulsé un véritable travail de mémoire. Des procès se sont ouverts, 1200 tortionnaires ont été condamnés et l’ancienne Ecole de la Marine, le centre de torture emblématique du régime, a été transofrmé en lieu de mémoire. Elle fait référence aujourd’hui en la matière, avec d’autres symboles ce jour férié du 24 mars, et ce slogan universel des mémoires meurtries par la barbarie : Nunca Más, plus jamais ça.
Ce travail de mémoire, porté par la gauche au début des années 2000, n’a jamais été mis en cause lors des précédentes alternances.
Non et l’appareil scientifique institutionnel et politique de la mémoire de la dictature en Argentine a pu paraître suffisamment solide pour ne pas être inquiété. C’était sans compter Javier Milei qui opère une rupture brutale, avec ce concept, de “mémoire complète”. L’idée : Ne plus parler de terrorisme d’Etat mais de guerre ayant entrainé des excès et des torts des deux côtés. Une manière de redéfinir les cadres mémoriels de la dictature en contestant par exemple les chiffres des disparus ou les pratiques sytématiques de la torture.
L’offensive mémorielle est aussi budgétaire.
C’est aussi le démantèlement des politiques de mémoire, la baisse des moyens alloués à la médecine médico-légale pour l’identification des corps, la volonté d’abolir ce férié du mois de mars. Ici, “mémoire complète” est la métaphore orwellienne de l’oubli et de la négation. Un véritable révisionnisme qui, au-delà de cet exemple argentin, résonne à l’heure où au Japon, en Italie, en Russie, en Hongrie partout dans le monde des nationalismes travaillent à réformer les mémoires et les faits historiques en fonction de leurs objectifs politiques.
Cette “mémoire complète” de Javier Milei est un avertissement. Il faut garder toujours vivant le travail de mémoire. Rien n’est acquis. Pas seulement comme exigence morale, mais aussi comme l’a déclaré Antonio Guterres le secrétaire général des Nations Unies à propos de l’holocauste, aussi pour « ne pas trahir l’avenir ».
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

9999999