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Voici les éléments principaux de « La BCE accuse la DeFi de masquer une centralisation massive » pour nos lecteurs.
À savoir
12h05 ▪
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La BCE remet clairement en cause l’un des récits fondateurs de la crypto moderne. Dans la pratique, plusieurs grands protocoles DeFi restent concentrés entre peu de mains, surtout quand on regarde la gouvernance réelle et non le simple discours marketing. C’est le sens du document de travail publié cette semaine, qui observe une forte concentration des jetons de gouvernance et du pouvoir de vote sur Aave, MakerDAO, Ampleforth et Uniswap.

En bref
- La BCE vise la gouvernance réelle, pas seulement le récit DeFi.
- L’étude montre une forte concentration des jetons et des votes.
- Le vrai débat porte désormais sur la preuve d’une décentralisation suffisante.
Une attaque frontale contre le récit crypto de la décentralisation
Selon l’étude, les 100 plus gros détenteurs crypto contrôlent plus de 80 % des jetons de gouvernance sur les quatre protocoles étudiés. Plus frappant encore, les cinq premiers portefeuilles concentrent entre 36 % et 59 % de l’offre selon les cas.
Autrement dit, la DeFi crypto peut sembler diffuse à la surface, avec des milliers d’adresses visibles sur la blockchain, tout en restant très resserrée au sommet. Le papier ajoute que les électeurs les plus actifs sont souvent des délégués, ce qui peut renforcer le poids d’un petit noyau d’acteurs au lieu d’élargir réellement la participation.
Il faut pourtant garder une nuance importante. La BCE parle ici à travers un working paper, donc un analyse de recherche destiné à alimenter le débat. L’institution précise elle-même que ces papiers sont des travaux en cours et que les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement sa position officielle.
Ce que l’étude mesure vraiment, et ce qu’elle ne mesure pas
Le papier ne prétend pas démontrer que toute la DeFi crypto est une illusion. Il mesure surtout la gouvernance. En clair, il regarde qui détient les jetons, qui vote, qui reçoit les délégations, et quelles décisions passent réellement par ces mécanismes. Ce n’est pas exactement la même chose que mesurer la décentralisation technique d’un protocole.
La méthode repose sur deux périodes d’observation, novembre 2022 et mai 2023. Les auteurs se concentrent sur Ethereum, qui représentait environ 57 % de la valeur totale verrouillée dans la DeFi au moment étudié. Les quatre protocoles retenus pesaient ensemble environ 32 % de cet écosystème, avec 248 propositions de gouvernance incluses dans l’analyse sur 1 051 recensées.
Mais l’étude a aussi ses angles morts. Les données ont été collectées manuellement à partir de sources publiques et pseudonymes. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes des inexactitudes possibles, des informations manquantes et l’impossibilité d’intégrer des protocoles crypto comme Curve ou dYdX faute de données suffisantes. Ce n’est pas un détail. C’est même une limite majeure quand on veut tirer une décision générale sur toute la DeFi.
La vraie controverse porte sur le seuil choisi
La critique la plus nette vient de Bill Hughes, avocat chez Consensys. Selon lui, le papier empile des chiffres réels, puis leur applique une lecture subjective du spectre entre centralisation et décentralisation. Son reproche n’est donc pas que les données sont entièrement fausses, mais qu’elles débouchent sur une norme presque impossible à satisfaire.
C’est là que le débat devient politique. le étude explique que la décentralisation crypto existe sur un spectre, tout en affirmant que la “pleine décentralisation” n’est pas atteinte dans l’échantillon étudié. Il souligne aussi qu’il n’existe pas de seuil clair pour définir ce qu’est une décentralisation complète.
Or ce flou compte beaucoup en Europe. MiCA prévoit que les services crypto fournis d’une manière pleinement décentralisée, sans intermédiaire, ne devraient pas entrer dans son champ. En parallèle, l’AMF rappelle que le texte vise aussi les activités fournies ou contrôlées directement ou indirectement par des personnes ou entités, y compris quand une partie du service est exécutée de manière décentralisée. La bataille ne porte donc plus seulement sur la technique. Elle porte sur la preuve de l’absence de contrôle.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n’a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s’est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l’état du secteur dans son ensemble.
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Source : www.cointribune.com
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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