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29 mars 2026Analyse : Cette information a été analysée pour vous fournir un résumé clair.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « comment l’homme de l’ombre Emmanuel Grégoire s’est imposé comme maire de Paris ».
Éléments essentiels
Le socialiste va devenir officiellement le maire de Paris ce dimanche matin à l’issue du premier Conseil de Paris depuis les municipales. L’ancien adjoint d’Anne Hidalgo est parvenu à s’imposer à l’issue d’une féroce bataille avec Rachida Dati. Retour sur son parcours et sur le bras de fer victorieux qu’il a mené.
Des couloirs interminables, une France confinée par le Covid-19 et un marathon de Paris qui ne peut pas avoir lieu. Qu’à cela ne tienne, Emmanuel Grégoire alors maire-adjoint de la ville de Paris s’amuse en avril 2020 à arpenter en courant pendant 42 kilomètres d’affilé dans les moindres recoins de l’Hôtel de ville.
Son commentaire à l’époque: « j’aime la persévérance ». Une qualité loin d’être anodine pour celui qui, presque 6 ans plus tard, est devenu maire de Paris. Le 22 mars dernier, après une campagne virulente, il est arrivé en tête avec 50,52% des voix, le plus beau score de la gauche dans la capitale depuis 2001. Il a ainsi devancé Rachida Dati et Sophia Chikirou.
« C’est la revanche du candidat que personne n’a vu venir, travailleur et qui à la fin gagne de façon triomphale », savoure un conseiller de Paris socialiste.
« La méthode sérieuse socialo »
Difficile de lui donner tort. À 48 ans et désormais officiellement maire de la capitale ce dimanche avec son intronisation au Conseil de Paris, le nouvel édile a joué la carte de la détermination et d’une certaine rigueur de ton face au style bulldozer de son adversaire de droite.
« C’est pas compliqué, Emmanuel Grégoire, est l’anti-Rachida Dati. Il est calme là où elle fonce, il a des arguments quand elle est à l’emporte-pièce, il connaît les dossiers quand c’est flou de son côté », observe un membre de son équipe de campagne.
Celui qui est né de l’autre côté du périphérique, aux Lilas, a appris la politique et « la méthode sérieuse socialo », d’après l’un de nos interlocuteurs, dans les années 2000, gravissant déjà patiemment les échelons. Pur produit du Parti socialiste, il est vite repéré par les apparatchiks du parti à la rose.
En 2008, après la large réélection de Bertrand Delanoë à l’Hôtel de ville, il devient le conseiller de l’adjoint à l’Innovation, Jean-Louis Missika, alors très en vue. C’est le début d’une ascension express: quelques mois à peine plus tard, il devient le chef de cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë.
Quand François Hollande devient président de la République, Emmanuel Grégoire rejoint comme beaucoup d’autres cadres socialistes les cabinets ministériels. Pour lui, ce sera Matignon auprès de Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre. Deux ans plus tard, à la faveur de la démission du locataire de Matignon et de la victoire d’Anne Hidalgo à Paris, le jeune homme intègre son équipe d’adjoints. Mais il reste alors un membre de son équipe parmi des dizaines d’autres visages dans l’exécutif parisien.
« Les horreurs » d’Anne Hidalgo
Tout bascule en 2018: après le départ de son bras droit Bruno Julliard, parti fâché en 2018, ce père de trois enfants se voit offrir le poste de premier adjoint. Concrètement, la maire conserve les représentations publiques, les arbitrages, les déplacements à l’étranger qu’elle affectionne. Lui s’occupe de la mise en place de l’intendance de mesures parfois très clivantes, comme la suite des fermetures des berges de la Seine à la circulation automobile.
Reconduit dans ses fonctions après la réélection d’Anne Hidalgo en 2020, leur relation tourne cependant au vinaigre après la présidentielle de 2022. La maire de Paris accuse notamment Emmanuel Grégoire de « trahison » pour ne pas l’avoir assez défendue publiquement après son score catastrophique de 1,7% à la présidentielle en 2022, ni lors de sa virée à Tahiti à l’été 2023 qui a tourné au scandale politique.
Résultat: lors de la dissolution-surprise lancée par Emmanuel Macron à l’été 2024, son bras droit, qui se verrait bien récupérer les clefs de l’Hôtel de ville, décide de se présenter pour les législatives et se fait largement élire dès le premier tour avec plus de 50% des voix.
« Je pense que ça lui a donné une grande confiance. Il a vu que c’était possible même avec Anne qui disait des horreurs à son sujet. Là, il s’est dit qu’il pourrait arriver à devenir maire de Paris », relate l’un de ses proches.
Une primaire aux allures de piège qui tourne à la victoire
Le poste a à la fois le mérite de lui permettre de prendre sa liberté tout en commençant à mettre en scène son duel avec Rachida Dati, dans les starting-blocks pour tenter de conquérir à nouveau Paris.
Avec une interrogation: quelle stratégie pour gagner une élection qui semble tout à fait prenable sur le papier? Dans la capitale, sur 18 circonscriptions, la ville compte pas moins de 13 députés et apparaît donc clairement à gauche. Reste cependant à éviter l’effet d’usure après 25 ans de domination socialiste et à éviter les chausse-trapes tendues potentiellement par les écologistes et surtout les insoumis, bien décidés à faire cavalier seul cette année.
De quoi donner quelques sueurs froides à Emmanuel Grégoire alors que Jean-Luc Mélenchon a récolté 30% des voix au second tour dans la capitale soit neuf points de plus que sa moyenne nationale. Le tout avec Rachida Dati qui veut prendre sa revanche après sa large défaite en 2020.
Et comme si les inconnues n’étaient pas assez nombreuses, Anne Hidalgo, qui s’agace des fourmis dans les jambes d’Emmanuel Grégoire, ne se fait pas prier pour mettre des bâtons dans les roues. Ultime crime de lèse-majesté pour elle: son ancien poulain s’est déclaré avant même qu’elle puisse annoncer qu’elle ne se représentait pas.
Mais bien décidé à ne pas se laisser faire, la maire de Paris soutient la candidature du sénateur PS, ancien maire du 10e arrondissement, Rémi Féraud et patron de la fédération parisienne. Au terme d’une primaire interne réservée aux militants socialistes de la capitale, marquée du sceau de tensions et d’un vote entaché de soupçons d’irrégularités, Emmanuel Grégoire l’emporte.
Main dans la main avec les communistes et les écologistes
La manœuvre, pensée d’abord pour l’empêcher de se présenter, lui permet au contraire de faire peau neuve, promettant « une méthode différente d’Anne Hidalgo pour réconcilier les Parisiens ».
Une fois désigné, le voilà donc officiellement dans la grande lessiveuse de la campagne. Première étape pour gagner: s’assurer d’une alliance entre écologistes et communistes dès la ligne de départ. Si en 2014 et en 2020, le camp de la gauche est parti divisé avant de se réunir au second tour, Emmanuel Grégoire veut cette fois-ci partir groupé.
« On est dans de la cuisine interne, mais on a besoin d’une vraie dynamique et avec une large alliance de gauche, on peut sortir en tête. Divisé, on sera derrière Rachida Dati et ça nous enlève de l’élan pour le second tour », analysait l’un de ses colistiers.
« Il a fendu l’armure »
Mais en interne, certains s’agacent, jugeant que le candidat « passe trop de temps là-dessus. Il faut faire campagne maintenant ». Fin décembre une alliance est finalement nouée. Mais elle passe relativement inaperçue. Et pour cause, quelques jours plus tôt Emmanuel Grégoire, en deuil après la mort de son frère, révèle sur France inter avoir « subi des violences sexuelles pendant plusieurs mois dans le cadre d’activités périscolaires dans une piscine municipale ».
« À l’époque, je n’ai pas trouvé ni la force, ni les moyens ni les mots de dire cette douleur et cette souffrance », confie, très ému, le quadragénaire. Son témoignage frappe d’autant plus les esprits que les révélations sur les dysfonctionnements du temps périscolaire parisien, marqués par de nombreux cas de violences contre des enfants lorsqu’Emmanuel Grégoire était premier adjoint de la ville de Paris, se multiplient.
« Il n’avait pas prévu d’en parler et c’est sorti. Il a fendu l’armure, il en avait besoin aussi je crois », commente, sobrement, un ex-sénateur PS qui le connaît bien.
« Une campagne de caniveau »
Emmanuel Grégoire a beau multiplier les propositions -« zéro enfant à la rue » à la fin de l’année, gratuité des cantines scolaires pour les familles les plus modestes, 60.000 nouveaux logements sociaux- la campagne tourne vite à la foire d’empoigne. Rachida Dati, candidate de la droite à l’Hôtel de Ville, l’accuse par exemple en février de lui envoyer « des gens » pour « essayer de vous agresser ». Réponse de l’intéressé: une plainte pour diffamation.
En pleine polémique sur les liens entre LFI et La Jeune Garde, au cœur de l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, Rachida Dati renouvelle ses attaques en accusant cette fois Emmanuel Grégoire de s’être fait élire dans sa circonscription de Paris avec le soutien du collectif antifasciste, ce que l’intéressé dément.
« Rachida Dati a décidé depuis le départ de se lancer dans une campagne de caniveau pour mieux masquer ses propres affaires. Elle perd le contrôle », réagit de son côté le communiste Ian Brossat.
Autre épisode: un visuel présentant les propositions pour le périscolaire de la candidate insoumise Sophia Chikirou, évoquant le « bilan » de la majorité sortante socialiste avec « 1 enfant mort noyé » et « 52 signalements pour violences sexuelles » (la candidate fait notamment référence au décès d’un enfant de 11 ans mort d’une noyade lors d’une sortie d’un centre aéré parisien, NDLR).
« Tout ça a été très violent pour lui, mais je pense aussi qu’il a montré qu’il était solide à ce moment-là, qu’il était prêt à se battre. Les Parisiens avaient aussi besoin de voir ce qu’il avait dans le ventre », observe un député PS.
L’inconnue Sophia Chikirou
Au premier tour, c’est le soulagement. Emmanuel Grégoire est très loin devant Rachida Dati, qui a pourtant bénéficié d’un nouveau mode de scrutin jugé très favorable pour elle, du soutien d’Emmanuel Macron et de son poste de ministre de la Culture qu’elle n’aura quitté que 20 petits jours avant le vote.
La liste de l’union de la gauche récolte 37,98% des voix, très loin devant la candidate LR, qui fait elle, 25,46%, soit à peine trois points de plus que lors des municipales de 2020. Mais le socialiste a un caillou dans la chaussure: Sophia Chikirou. La députée insoumise arrive troisième avec 11,72% des voix.
Peut-elle faire perdre la mairie de Paris au PS en se maintenant? Rachida Dati peut-elle gagner une fois les retraits de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) et Sarah Knafo (Reconquête) actés? La candidate LFI tend en tout cas la main à Emmanuel Grégoire, se présentant comme prête à retirer sa liste à son profit. « J »attends son appel », lâche même cette intime de Jean-Luc Mélenchon le soir du premier tour.
Mais pour Emmanuel Grégoire, c’est niet. Arrivé largement en tête au premier tour, l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo s’estime assez solide pour ne pas avoir besoin des voix des sympathisants insoumis. Et ce d’autant plus qu’il est certain que des électeurs de Pierre-Yves Bournazel le soutiendront au second tour et que l’électorat centriste pourrait être effrayé par une éventuelle alliance avec LFI.
« Alliance de l’extrême droite »
Dernier obstacle sur sa route: le débat de l’entre-deux-tours sur BFMTV. Comment Emmanuel Grégoire va-t-il s’en sortir, pris en étau entre Sophia Chikirou qui a maintenu sa candidature et qui peut grapiller de précieuses voix de gauche et Rachida Dati, en difficulté et obligée de lâcher ses dernières forces dans la bataille?
Attaqué par l’insoumise sur son bilan, notamment sur le secteur périscolaire, Emmanuel Grégoire assure qu’elle n’est pas « son adversaire », minimisant ses attaques. Pas question d’aller trop loin et de risquer de fâcher des sympathisants insoumis qui pourraient glisser dans l’urne du second tour un bulletin en sa faveur. C’est Rachida Dati qui concentre ses flèches, l’accusant d’une « alliance avec de l’extrême droite » et Sarah Knafo.
A-t-il eu l’impression d’avoir raté son débat? En tout cas, le lendemain, le candidat socialiste en remet une couche, le lendemain sur France info, accusant Emmanuel Macron d’être « intervenu » pour « aider au retrait » de la candidate d’extrême droite Sarah Knafo. Le chef de l’État lui répond directement, dénonçant « un mensonge indigne ».
Des larmes, un Vélib et une chanson de Gala
Les accusations ont-elles pesé dans les résultats du second tour? À quel point les électeurs centristes de Pierre-Yves Bournazel (11,3%) ont rallié Emmanuel Grégoire le 22 mars dernier? Impossible à dire mais le socialiste récolte une victoire triomphante avec 50,52% des voix, 10 points devant Rachida Dati. Sophia Chikirou et ses 7,96% n’empêchent donc pas Paris de rester socialiste.
Une victoire éclatante, la plus importante pour la gauche depuis 2001, quelques larmes de joie à son QG à Stalingrad dans le nord-est parisien, comme le montre le documentaire Paris à prendre et une virée en Vélib. À peine la nouvelle de sa victoire connue, Emmanuel Grégoire enfourche un vélo en libre-service lancé en 2007 par le maire de l’époque, Bertrand Delanoë, l’un de ses plus fervents soutiens. Direction ses partisans massés devant l’Hôtel de ville, où la maire sortante Anne Hidalgo, qui a manifestement jeté sa rancune dans le fleuve, lui donne symboliquement une clef de la mairie.
Une rose à la main, symbole du Parti socialiste, le nouvel édile embrasse ensuite le patron du PS Olivier Faure et danse sur Freed from desire de Gala avec le reste de son équipe, avant de retourner à ses bureaux. En métro cette fois.
Quel maire sera Emmanuel Grégoire qui va devoir faire face au Conseil de Paris à une Rachida Dati qui lui promet une nouvelle opposition sans merci et Sophia Chikirou qui ne devrait rien laisser passer?
Arrivera-t-il à tenir ses promesses dans un contexte d’endettement important et dans une ville où tous les faux pas sont scrutés nationalement? Sera-t-il à la hauteur « des annonces très fortes » sur le scandale du périscolaire promises? Le choix de son ou de sa première adjointe donnera déjà un indice, entre le choix de la continuité ou une certaine rupture.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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