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31 mars 2026pourquoi les expulsions de locataires atteignent-elles des sommets ces dernières années ? – franceinfo
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Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « pourquoi les expulsions de locataires atteignent-elles des sommets ces dernières années ? – franceinfo ».
Points essentiels de l’article
Les expulsions locatives ont battu un triste record en 2025, avec plus de 30 000 ménages expulsés. Entre crise du logement, durcissement légal et fermeté gouvernementale, associations et syndicats alertent sur une spirale qui s’aggrave.
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La trêve hivernale s’achève, marquant le retour des expulsions. Mardi 31 mars au soir, des milliers de locataires redeviendront expulsables, dans un contexte inédit : 30 500 ménages ont été contraints de quitter leur logement en 2025, un record. Et la tendance pourrait encore s’aggraver, le gouvernement assumant de durcir les règles face aux impayés.
Dans ce contexte, plusieurs associations et syndicats organisent des manifestations depuis dimanche contre l’explosion des expulsions locatives et pour un logement plus abordable. « Chaque expulsion, ce sont des vies brisées, des femmes, des hommes, des enfants traumatisés », a dénoncé Bernard Thoreau, de la Confédération nationale du logement, lors d’un paramètre presse.
La progression est nette et régulière. En 2025, 175 000 locataires ont reçu un commandement de payer, première étape avant une procédure d’expulsion. Cela représente une hausse de 2,4% par rapport à 2024, selon la Chambre nationale des commissaires de justice. Mais c’est surtout le nombre d’expulsions effectives qui alarme. L’an passé, ce chiffre a augmenté de 27% en un an. En 2024, les 24 000 expulsions représentaient déjà une hausse de 29% par rapport à 2023. Désormais, le nombre d’expulsions s’établit à plus du double du niveau observé en 2016, d’après la Fondation pour le logement (ex-Fondation Abbé-Pierre).
Dans un communiqué publié le 26 mars, la fondation insiste sur une réalité « largement sous-estimée ». De nombreux locataires quitteraient leur logement d’eux-mêmes, de crainte d’une expulsion par la force. Au total, près de 200 000 personnes auraient été contraintes de partir de leur domicile en 2025, selon la Fondation pour le logement.
Pour les associations, plusieurs facteurs se cumulent. « Accident de la vie, hausse du coût de la vie, de plus en plus de ménages ont du mal à payer leur loyer », explique Marie Rothhahn, responsable de la lutte contre la privation de droits sociaux au sein de la fondation.
Au-delà du contexte économique, les associations pointent un durcissement du cadre légal. La loi Kasbarian-Bergé, dite « loi anti-squat », adoptée le 27 juillet 2023 pour « protéger les logements contre l’occupation illicite », a modifié en profondeur les procédures. Désormais, un locataire en difficulté doit demander explicitement devant le juge le maintien de son bail et avoir réglé son dernier mois de loyer. A défaut, le magistrat constate la résiliation du bail, ce qui ouvre la voie à l’expulsion.
Dans un bilan publié en octobre 2025, la Fondation pour le logement estime que ces mesures ont entraîné des effets visibles à chaque étape de la procédure : « délais raccourcis, pouvoirs du juge restreints, conditions d’accès aux délais de paiement durcies, recours accru à la force publique ». Ces évolutions se traduisent aussi dans les décisions de justice. Au tribunal de Paris, seulement 35% des dossiers d’impayés ont abouti à un délai de paiement sans expulsion en 2024, contre 48% en 2023, selon la vice-présidente du pôle civil de proximité, Françoise Thubert.
Marie Rothhahn, de la Fondation pour le logement, évoque également des « instructions de fermeté aux préfets » et observe une évolution des profils concernés : davantage de personnes âgées, malades ou avec de jeunes enfants. Elle déplore aussi l’absence de solutions de relogement durables, au mieux remplacées par quelques nuits en hébergement d’urgence.
Pour les associations, la situation ne devrait pas s’améliorer. « Le nombre d’expulsions va encore augmenter », prévient Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit au logement. Le gouvernement, lui, veut aller plus loin. Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, met notamment en avant la nécessité de « rétablir la confiance entre propriétaires et locataires » et de faciliter à la fois l’accès au logement et la sortie en cas d’impayés.
D’après l’entourage du ministre, un locataire accumulant une dette importante « n’est pas considéré comme un squatteur » aujourd’hui, ce qui « est incompréhensible » et rendrait « les expulsions quasi impossibles et interminables ». une évaluation vivement contestée par les associations.
« C’est faux, s’il y a une dette importante, le juge prononce l’expulsion », insiste Marie Rothhahn, qui condamne des propos « graves » et « indécents ». Pour les associations, cette orientation marque un tournant. Assimiler des situations d’impayés à du squat « montre la cruauté de la société qui s’est installée », estime Jean-Baptiste Eyraud.
Le gouvernement soutient également de nouvelles évolutions législatives. Le projet de loi « Ripost » du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, prévoit de faciliter l’expulsion de personnes entrées illégalement dans un logement via des locations de courte durée, dans un meublé touristique par exemple.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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