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31 mars 2026Analyse : Notre équipe partage son regard général sur cette actualité.
L'article « les protagonistes de la tentaculaire affaire Athanor » a retenu l'attention de notre équipe.
Ce qu’il est utile de savoir
THOMAS SAMSON / AFP
Le militaire Carl Esnault, ici au centre avec un masque, et son avocat Romain Ruiz, à droite, au premier jour du procès Athanor au tribunal judiciaire de Paris ce 30 mars 2026.
• Parmi les protagonistes de l’affaire, un ancien du renseignement intérieur et un agent de sécurité passionné d’espionnage.
• Certains encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès doit durer jusqu’à mi-juillet.
L’affaire ne devrait pas manquer d’inspirer les scénaristes à la recherche de la prochaine série télé à succès. En attendant, le dernier épisode se joue devant la cour d’assises de Paris. Vingt-deux personnes âgées de 30 à 73 ans sont jugées depuis lundi 30 mars pour de multiples crimes et délits, allant jusqu’à l’assassinat, fomentés dans le secret d’une loge de francs-maçons nommée Athanor.
Après une première journée en grande partie consacrée à des points techniques, le procès doit rentrer dans le détail de cette affaire invraisemblable. Treize accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité, parmi lesquels un retraité des services de renseignement, deux policiers et quatre militaires. Tous sont soupçonnés d’avoir fait partie d’une officine criminelle exécutant des contrats, pour des motifs allant de la rancœur familiale à la jalousie professionnelle.
Le HuffPost dresse le portrait des principaux protagonistes de ce dossier tentaculaire, dont le procès doit s’étaler sur trois mois et demi.
• La coach en entreprise
C’est par elle que l’histoire commence. Ce 24 juillet 2020, Marie-Hélène Dini quitte son appartement de Créteil, dans le Val-de-Marne, avec « un peu de retard » pour se rendre à son travail. C’est ce qui la sauvera d’une tentative d’assassinat. Car dans cet intervalle, un voisin alerte des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC), qui passent par là, au sujet de deux hommes louches stationnés en bas de chez elle dans une Clio noire.
Il s’agit de deux militaires, Carl Esnault et Pierre Bourdin. Dans leur voiture (volée), on retrouve notamment un pistolet, un couteau à cran d’arrêt siglé « armée française » et un marteau, relate Le Monde. Interpellés, ils disent travailler pour les renseignements extérieurs français, la DGSE, et être en mission « homo », pour « homicide ». Leur cible, selon eux : un agent du Mossad.
En réalité, les deux hommes font bien partie de la DGSE, mais au simple poste de gardiens à la base de Cercottes, dans le Loiret. Et leur cible n’a rien d’une espionne : à la tête d’un syndicat des métiers du coaching, elle milite pour une meilleure réglementation du milieu. Ce qui ne plaît pas à l’un de ses concurrents, Jean-Luc Bagur.
• Le collectionneur d’armes
Ce dernier dirige la loge maçonnique Athanor — du nom d’un fourneau à combustion lente symbolisant la transformation intérieure — en sa qualité de « vénérable maître ». Installée à Puteaux dans les Hauts-de-Seine, la loge désormais dissoute comptait une vingtaine de membres, dont au moins cinq sont impliqués dans les activités criminelles de l’officine, selon l’AFP.
Pour « 70 000 euros hors taxes », selon l’enquête, contrat à l’appui, Jean-Luc Bagur, aujourd’hui âgé de 69 ans, délègue la mission de neutraliser Marie-Hélène Dini à un autre « frère » franc-maçon, Frédéric Vaglio. Ce dernier, entrepreneur dans la sécurité, est soupçonné d’avoir joué les intermédiaires entre commanditaires et exécutants dans plusieurs crimes et délits mis en œuvre par un troisième membre d’Athanor : Daniel Beaulieu.
• L’ancien policier du renseignement intérieur
Ce retraité de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, depuis devenue DGSI), aujourd’hui âgé de 72 ans, agit comme un donneur d’ordre intermédiaire au sein d’Athanor. Daniel Beaulieu reçoit toutes sortes de « missions » de barbouzerie : agression et vol d’un ordinateur par un faux livreur de pizzas, incendie d’une voiture, rats morts déposés dans un jardin, agression d’un élu… Jusqu’à l’assassinat, en novembre 2018, du pilote automobile Laurent Pasquali pour un recouvrement de dettes.
Lui qui menait depuis 20 ans, avant son arrestation, une double vie parfaitement orchestrée entre ses deux compagnes qui n’en savaient rien, a tenté de se suicider dans sa cellule en janvier 2021. Désormais en fauteuil roulant, il est handicapé par « une capacité de concentration atteinte », selon son avocat Me Marc Pantaloni.
• L’agent de sécurité passionné d’espionnage et le pilote automobile
Pour exécuter ces missions, Daniel Beaulieu peut compter sur son bras armé : Sébastien Leroy. L’homme a reconnu avoir réalisé plusieurs agressions, vols, assassinats et tentatives de meurtres. Il admet notamment avoir recruté les deux militaires qui attendaient Marie-Hélène Dini devant chez elle. C’est lui, aussi, qui envoie à Daniel Beaulieu une photographie du corps du pilote Laurent Pasquali, déposé dans un trou creusé dans une forêt de Haute-Loire.
En garde à vue, il indique qu’il pourrait y avoir entre 10 et 20 assassinats au total et mentionne, d’après les informations de l’AFP, la mort d’un ambassadeur chinois en Israël. Persuadé de servir l’État, il explique avoir été « progressivement manipulé » par Daniel Beaulieu, qui lui avait proposé de devenir « informateur pour le renseignement intérieur ».
Dans cette affaire, « chacun joue le jeu de l’emprise de l’autre », regrette Me Jean-William Vezinet, l’avocat de Marie-Hélène Dini, interrogé par l’AFP. « On veut avoir toutes les responsabilités de chaque personne impliquée dans ce dossier », a de son côté demandé Me Sandrine Pégand, avocate de la famille du pilote Laurent Pasquali, au premier jour du procès lundi.
• Le syndicaliste « gilet jaune »
Dans la liste des « missions » de cette cellule, l’une n’a pas eu le temps d’être mise à exécution. Celle visant Hassan Touzani, un syndicaliste CGT et « gilet jaune » jugé gênant par ses employeurs. Ces derniers, à la tête d’une usine de plastique de l’Ain, sont aussi renvoyés devant la cour d’assises. D’après Sept à Huit, ils ont reconnu avoir payé 80 000 euros pour faire assassiner leur employé.
« J’ai été surveillé pendant un moment sans que je m’en rende compte ni personne », témoigne-t-il auprès de l’émission de TF1. « Il était marqué une phrase : “tant pis s’il y a des dommages collatéraux” […] Ils avaient planifié où ils allaient jeter mon corps, dans la rivière d’Ain ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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