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Notre équipe propose une synthèse des informations de « comment des groupuscules terroristes recrutent des mineurs sur les réseaux sociaux ».
Ce qu'il faut connaître
Dans la nuit du 27 au 28 mars 2026, une tentative d’attentat à Paris a été déjouée: parmi les suspects, un mineur de 17 ans recruté via Snapchat. Une affaire qui soulève une tendance inquiétante, où des adolescents, parfois non radicalisés, sont ciblés en ligne comme exécutants pour quelques centaines d’euros.
Dans la nuit du 27 au 28 mars 2026, une tentative d’attentat visant un site de Bank of America à Paris a été déjouée. Parmi les suspects, un mineur de 17 ans, qui aurait été recruté via Snapchat pour mener l’attaque. Une affaire qui soulève une tendance inquiétante: des adolescents, parfois sans aucun passé de radicalisation, sont désormais approchés en ligne et utilisés comme exécutants.
Un mode opératoire qui complique le travail des services de renseignement et démontre une mutation des mécanismes de radicalisation à l’ère des réseaux sociaux. Pour en expliquer les ressorts, Le Titre à la Une reçoit Anne-Clémentine Larroque, historienne, enseignante à Sciences Po, spécialiste des islamismes et auteure de l’ouvrage Le trou identitaire paru aux presses universitaires de France en 2021.
Le mode opératoire et le recrutement de l’un des suspects est assez particulier: un mineur de 17 ans recruté via Snapchat contre 600 euros. Est-ce que cela est surprenant?
Il est toujours surprenant de voir qu’on puisse tenter quelque chose qui va coûter une partie de sa vie pour une somme aussi modique. D’un autre côté, au regard de la viralité en ligne et des menaces qui pèsent sur les mineurs, ce n’est pas totalement inattendu, et c’est bien là le problème.
Qui utilise les réseaux sociaux pour recruter de tels mineurs?
Tous les acteurs de la criminalité utilisent les réseaux sociaux, car ils y trouvent des effectifs nombreux aux vulnérabilités variées. Dans ce cas précis, on parle d’un groupuscule, Ashab al-Yamin, mais nous ne savons pas encore exactement à quoi cela correspond. Dans mon domaine de spécialité, l’islamisme radical et le djihadisme, on observe depuis cinq ou six ans une prolifération de recruteurs en ligne cherchant à radicaliser des mineurs. Ce phénomène existe depuis longtemps, mais la tendance s’est accrue avec l’importance croissante des réseaux sociaux dans la vie des jeunes, offrant un vivier inépuisable de recrues potentielles vers toutes les formes de radicalité.
L’intérêt pour les recruteurs de terroristes réside donc dans ce vivier massif qu’offrent les réseaux sociaux?
C’est une modalité facile d’accès et très peu coûteuse. Il suffit de se connecter et d’observer ce qui fonctionne ou non. Des techniques existent pour hameçonner les mineurs sur des groupes de gaming ou des réseaux ciblés avec des contenus dits « débrandés ».
TikTok, Fortnite ou Roblox sont des lieux fréquentés par énormément de jeunes, attirés par une forme d’ultra-violence qui peut véhiculer des idées vers lesquelles ils sont acheminés progressivement selon les groupes qu’ils fréquentent.
On parle de plateformes ultra-populaires et grand public. Quels sont les profils recherchés par les recruteurs? Est-ce qu’ils ciblent des candidats précis?
Le candidat idéal est celui qui présente le plus de vulnérabilités, qui cherche un sens immédiat et qui est assoiffé d’ultra-violence. Pas nécessairement, quelqu’un déjà séduit par les idées, l’idée peut arriver après. Laurence Bindner, spécialiste des réseaux sociaux avec son projet JOS Project, l’explique très bien: on peut être attiré par l’ultra-violence par d’autres modalités, puis l’idéologie est instillée par la suite dans l’esprit du mineur. C’est une nouvelle spécificité. Auparavant, comme le disait Ayman al-Zawahiri d’Al-Qaïda en 2005, le jihad médiatique représentait la moitié du combat.
Mais depuis 2015, la situation a évolué avec une surenchère de réseaux sociaux et la performance des algorithmes. Beaucoup de gens sont désormais attirés initialement par l’ultra-violence plutôt que par le terrorisme, et entrent dans l’idéologie par ce biais. C’est ainsi que des victimes peuvent devenir des coupables.
Est-ce plus complexe pour les services de renseignement de déceler ces personnes vulnérables et de prévenir les attentats?
C’est plus difficile, mais il faut saluer l’efficacité des services de renseignement. On observe un rajeunissement des personnes radicalisées en ligne, mais tous les projets d’attentats récents ont été déjoués. Depuis 2022-2023, de nombreux mineurs ont été interpellés et mis en examen pour terrorisme islamiste, mais aucun n’est passé à l’acte, contrairement à la période 2015-2017.
La lutte contre le terrorisme a tout de même évolué face à ces nouvelles modalités de recrutement?
Tout à fait. Concernant le suspect de 17 ans d’origine sénégalaise résidant à Montreuil, bien que je n’aie pas accès au dossier, il semblerait qu’il ne soit pas radicalisé. Cela illustre un autre type de profil: quelqu’un recruté pour commettre un acte terroriste sans pour autant adhérer à une cause.
Quel est le moteur dans ce cas: l’argent ou la violence?
Les deux, mais l’argent est souvent le moteur principal. Dans l’affaire Samuel Paty, des collégiens non radicalisés avaient désigné le professeur pour quelques centaines d’euros. L’argent reste le nerf de la guerre, cumulé à un attrait pour l’ultra-violence et la criminalité. Ce phénomène rejoint celui de la délinquance et des « DZ Mafia » où de très jeunes protagonistes sont entraînés dans une criminalité de haute intensité pour gagner de l’argent, quitte à commettre des crimes.
Quel est le rôle des plateformes? Sont-elles coopératives pour déceler et prévenir ces projets?
Les plateformes ne s’opposent pas aux signalements, mais leur discours consiste souvent à renvoyer la responsabilité vers les parents. La prévention systématique n’est pas encore une réalité, même si les choses évoluent à l’échelle européenne. Il reste beaucoup à faire pour que ces entreprises admettent leur rôle dans la prévention. Il est crucial d’instaurer une forme d’éthique au sein de ces plateformes, car c’est là que les drames se nouent.
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Source : www.bfmtv.com
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