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31 mars 2026
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31 mars 2026Comment l’épisode des drapeaux européens réveille les Frexiters du RN (et présente un risque pour 2027)
Analyse : Notre rédaction partage quelques éléments clés à retenir.
Selon nos experts, « Comment l’épisode des drapeaux européens réveille les Frexiters du RN (et présente un risque pour 2027) » mérite une attention particulière.
Points clés à connaître
ARTHUR N. ORCHARD / Hans Lucas via AFP
Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy photographiés à l’Assemblée nationale lors de l’examen du budget 2026 (illustration)
Les enseignements des élections municipales ne sont peut-être pas ceux que l’on attendait. Après les succès en trompe-l’œil du Rassemblement national lors de ce scrutin, une réalité s’est imposée aux observateurs. Au regard de l’étude des scores dans plusieurs villes, il existe désormais une porosité marquée entre l’électorat de droite et celui du RN. Jordan Bardella ne s’y est pas trompé, en s’adressant directement aux électeurs LR et en tendant la main aux responsables « sincères » du parti de Bruno Retailleau.
Une attitude qui rompt avec le « ni-droite ni gauche » longtemps en vogue au sein du parti lepéniste, et qui consiste à aller chercher le chaînon électoral manquant en vue de la présidentielle 2027. Or, l’installation de plusieurs maires RN vient brouiller le message. Et surtout ceux qui, comme Christophe Barthès à Carcassonne, profitent de leur entrée en fonction pour faire un geste aussi symbolique qu’idéologique : le retrait du drapeau européen du fronton de la mairie.
Une initiative qui s’est rapidement retournée contre l’élu lepéniste, puisqu’elle a réveillé les procès en europhobie souvent instruits à l’encontre du parti de Jordan Bardella, rappelé les condamnations en première instance de Marine Le Pen et d’autres cadres dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen, mais aussi attiré l’attention sur les centaines de milliers d’euros d’aides européennes perçues par sa propre société au titre de la PAC.
Le retour de l’aile souverainiste
Au-delà de l’anecdote, l’épisode a aussi fait ressurgir les partisans d’une sortie de l’UE qui demeurent au sein du RN, en dépit d’une mise en sourdine sur ce sujet ces dernières années. Une discrétion qui s’expliquait par le crash de Marine Le Pen lors du débat présidentiel de 2017, et le traumatisme causé par son incapacité à expliquer son projet de sortie de l’euro. Sur les réseaux sociaux, l’aile dite « souverainiste » du RN, incarné notamment par Jean-Philippe Tanguy, a ainsi volé au secours du maire de Carcassonne. À ceux qui soulignent que la cité médiévale bénéficie du soutien financier de l’UE sur de nombreux projets, le député de la Somme et d’autres cadres RN ont riposté en expliquant que la France était contributrice nette au budget de l’UE, ce qui contredirait toutes les accusations en hypocrisie portée à Christophe Barthès.
Soit l’argument préféré des Frexiters, qui agitent cette donnée comme la preuve irréfutable que la France se ferait voler par l’UE et que l’argent versé à la ville au titre des aides européennes appartient en réalité aux Français. Or cet élément est parcellaire, puisqu’il ne prend pas en compte les bénéfices indirects liés à l’adhésion à l’Europe. En outre, l’argument revient à admettre que les détournements de fonds européens pour lesquels Marine Le Pen et d’autres sont poursuivis ont été commis au détriment des citoyens français. Qu’importent ces impasses, cet élément de langage est martelé par toute une partie des cadres du Rassemblement national sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Charles-Henri Gallois. Fondateur du microparti « Génération Frexit » il a depuis rejoint le premier cercle de Jordan Bardella, dont il est devenu conseiller économique.
De quoi mesurer la persistance du courant pro-Frexit au sein du RN, ce qui n’a pas manqué d’embarrasser Marine Le Pen. Interrogée ce mardi 31 mars sur le sujet à l’Assemblée, la députée du Pas-de-Calais a préféré botter en touche, en expliquant que rien n’obligeait les mairies à pavoiser le drapeau européen. Certes, mais pas plus que les drapeaux régionaux qui demeurent pourtant sur les frontons des mairies acquises par le parti lepéniste. Ce qui signifie que cet acte est bien un geste politique véhiculant un message d’hostilité à l’égard de l’Union européenne. Or, dans la perspective de la conquête du pouvoir en 2027, qui nécessitera une percée au sein de l’électorat de la droite classique, voire du centre droit selon les configurations de second tour, ce souvenir de la ligne Philippot peut s’ériger en obstacle.
Une décision « contre-productive »
C’est en tout cas ce que certains déplorent à l’extrême droite. Ancien compagnon de route du Front national, l’essayiste identitaire Julien Rochedy dénonce sur son compte X la « décision contre-productive » du maire de Carcassonne. « L’électorat dans lequel [le RN] progresse le plus depuis cinq ans est l’électorat catholique (pratiquant ou simplement culturel) dont l’un des marqueurs les plus constants demeure un tropisme fondamentalement pro-européen », estime-t-il, jugeant que « les gains potentiels d’un tel geste, à tonalité populo-souverainiste, sont dérisoires ». Allié du Rassemblement national venu des Républicains, Éric Ciotti ne manque d’ailleurs jamais l’occasion d’installer le drapeau européen pour ses prises de parole officielles, comme lors de l’inauguration de son QG (en présence de Marine Le Pen).
Ce mardi, Marion Maréchal a aussi appelé le RN à ne « pas se tromper de levier de contestation ». Selon elle, « le drapeau européen est l’une des rares références à notre civilisation au sein de l’institution européenne ». La nièce de Marine Le Pen en veut pour preuve que la bannière étoilée, crée par le Français Arsène Heitz, compte parmi ses inspirations « la médaille miraculeuse et des 12 étoiles de la couronne de la Vierge Marie ». Raison pour laquelle, alors député, Jean-Luc Mélenchon voulait bannir le drapeau de l’hémicycle au nom de la laïcité et… Avec le soutien du Front national de l’époque. Manifestement, certains au RN sont nostalgiques de cette période. Au risque d’entraver la manœuvre électorale opérée, sur son flanc droit, par Jordan Bardella.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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