Ukraine : les drones contre les drones
31 mars 2026"Un ligne rouge de plus a cédé en Israël"
31 mars 2026Détroit d’Ormuz: «C’est l’Asie qui souffrira le plus» d’un éventuel péage imposé par l’Iran
Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Un regard éditorial sur « Détroit d’Ormuz: «C’est l’Asie qui souffrira le plus» d’un éventuel péage imposé par l’Iran » pour mieux comprendre l'article.
Analyse rapide
En Iran, un projet visant à imposer un droit de passage aux navires transitant par le détroit d’Ormuz a été approuvé par une commission parlementaire iranienne. Le projet prévoit des dispositions financières et des systèmes de péage en rials, la monnaie nationale. Comment Téhéran pourrait s’y prendre pour imposer ce péage ? Entretien avec Djamchid Assadi, professeur-chercheur au sein du Burgundy School of Business.
Publié le : Modifié le :
3 min Temps de lecture
RFI : Comment la République islamique pourrait-elle imposer ce type de péage ?
Djamchid Assadi : Tout dépendra d’un synthèse de force entre la République islamique d’Iran et la communauté internationale. Téhéran pourra dire que si un navire souhaite passer, il devra déposer une somme d’argent sur un compte bancaire. Le ministre des Affaires étrangères iranien avait comparé les éventuels droits de passage avec ceux pratiqués par le canal de Suez. Officiellement, le paiement du droit de passage pourrait passer par les douanes. Mais, bien évidemment, les « Pasdarans », c’est-à-dire les Gardiens de la Révolution, auront la main basse sur ces revenus.
Par rapport au droit international, surtout concernant le commerce, vous ne pouvez pas imposer d’un coup une telle loi. Il faudrait prévenir les acteurs économiques pour savoir s’ils vont trouver d’autres alternatives ou pas, il faudrait négocier. Je pense que dans l’état actuel des choses, la République islamique d’Iran ne va pas respecter la procédure officielle pour imposer ses droits de passage.
Pourquoi y a-t-il ce projet d’imposer ce passage payant maintenant ?
L’économie de la République islamique d’Iran est une économie en faillite. Et ce ne sont pas ces quelques sous provenant du droit de passage qui vont arranger la situation. Certes, dans l’état actuel des choses, le régime a besoin de beaucoup de fonds. Par exemple, pour financer ses proxys dans la région, ces milices chiites largement aux ordres de Téhéran. Le régime des mollahs a besoin de payer ces forces pour pouvoir faire appel à elles au Liban, au Yémen, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, etc.
Ce projet inclut en outre l’interdiction de passage pour les navires américains et israéliens, ainsi qu’une interdiction pour d’autres pays imposant des sanctions à l’encontre de l’Iran. Au regard du droit international, la République islamique d’Iran peut-elle autoriser un État plutôt qu’un autre ?
Non, selon le droit international du commerce, vous ne pouvez pas faire une discrimination entre les pays. Mais lorsque vous êtes en état de guerre, c’est autre chose. La République islamique ne peut pas légalement interdire le passage aux navires d’Israël et aux navires américains, sauf si elle dit, par exemple, que ces navires transportent de la drogue ou d’autres marchandises illicites, et qu’elle puisse le prouver devant un tribunal.
Quels pays pourraient être les plus touchés par un éventuel péage imposé par l’Iran ?
Dans un premier temps, c’est l’Asie qui en souffrira le plus dans la région. En temps de paix, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par ce passage. La majeure partie étant destinée à la Chine et à d’autres marchés asiatiques. Mais si la tension autour du détroit d’Ormuz se poursuit, cela contribuera à la flambée des prix du brut. Avec des effets catastrophiques pour le marché mondial. Même si ces conséquences ne seront pas comparables au choc pétrolier qui a suivi les guerres entre Israël et les pays arabes dans les années 1970. Pourquoi ? Parce que le monde dispose aujourd’hui d’autres sources d’énergie que les énergies fossiles et que les pays consommateurs ont appris à gérer une pénurie éventuelle comme celle à laquelle on assiste actuellement.
Ce qui est très probable aussi, ce sont les mesures de rétorsion de la part des pays consommateurs. Pour le moment, les Européens ne voulaient pas soutenir les Américains face au blocage du détroit d’Ormuz. Il se pourrait qu’ils changent d’avis pour trouver une solution.
À lire aussiLes détroits : nouveaux centres de gravité de la guerre ?
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

9999999
