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1 avril 2026Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Selon nos experts, « Pedro Sanchez tient tête à Donald Trump mais laisse les Espagnols mitigés » mérite une attention particulière.
Les points essentiels à retenir
DIEGO RADAMES / Anadolu via AFP
Le Premier Ministre Pedro Sanchez se démarque de ses homologues européens en tenant tête à Donald Trump depuis le début de la guerre en Iran.
Seul contre tous ? C’est la phrase qui vient en tête quand est évoqué le nom du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. Depuis l’offensive israélo-américaine en Iran, il ne cache pas son opposition et va même jusqu’à prendre des mesures concrètes. Ce lundi 30 mars, l’Espagne a annoncé interdire l’utilisation de son espace aérien aux Américains pour toutes actions qui seraient liées à cette guerre. Une interdiction qui s’ajoute à celle de l’utilisation des bases militaires américaines dans le pays, dans le cadre du conflit.
Dès le départ, Pedro Sanchez juge « illégale » cette guerre qu’il qualifie d’« erreur extraordinaire ». Après avoir mis en rogne le président américain qui avait immédiatement annoncé suspendre les échanges commerciaux entre les deux pays (ndlr : une menace toujours pas mise à exécution à ce jour), le chef du Parti socialiste et ouvrier espagnol (PSOE) avait réitéré dans un discours à l’écho mondial : « La guerre doit cesser ! Nous sommes opposés à ce désastre (…) Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par peur des représailles. »
L’homme qui savait dire non à Donald Trump
L’homme de 54 ans est bien seul dans son combat. Ces homologues européens, eux, adoptent des postures bien plus mesurées envers les États-Unis. Mais dans ce domaine, il n’en est pas à son coup d’essai. Durant la guerre à Gaza, il avait accusé Israël d’avoir commis un « génocide » contre les Palestiniens, alors que beaucoup s’y refusaient. Des propos qui lui avaient valu de vives critiques américaines et israéliennes.
Ces positions lui donnent une certaine popularité à l’international. Il apparaît comme l’homme qui dénonce alors que personne ne le élément, et surtout comme celui qui ose tenir tête à Donald Trump. Et dans l’opinion publique, ce n’est pas rien, alors que le président américain semble prendre des décisions selon le gré de ses envies et comme s’il pouvait décider seul d’un nouvel ordre mondial. Il apparaît également comme une figure clé de la gauche européenne, et froisse l’extrême droite qui gagne du terrain dans de nombreux pays.
Cette position n’a toutefois rien d’étonnant puisque traditionnellement, le socialisme espagnol se veut pacifique et anti-impérialiste. De plus, le pays garde les cicatrices de ses implications passées dans les combats américains. L’engagement de l’Espagne en Irak en 2003 s’était suivi des attentats de Madrid, en 2004.
« Opportuniste » et « fin calculateur » ?
Mais de l’autre côté des Pyrénées, cet économiste de formation est loin de faire l’unanimité. Certains accusent même l’homme qui est à la tête du gouvernement depuis 2018 d’être un « opposant opportuniste ». El Periodico de Catalunya, pourtant de centre gauche, dénonce une « gauche caviar » et un « anti-trumpisme rampant ». Il faut dire que Pedro Sanchez a particulièrement fâché les Catalans. Réélu en 2023, notamment grâce à son alliance avec les indépendantistes catalans et basques en promettant l’amnistie aux artisans du référendum illégal d’autodétermination de 2017 en Catalogne, il n’a jamais tenu sa promesse. Ce qui avait précipité le départ des Catalans de son gouvernement.
Si certains le taxent donc d’« opportuniste », c’est parce qu’ils l’accusent de vouloir détourner le regard de ses propres casseroles. Son épouse est accusée de corruption et de trafic d’influence, son frère de malversation et également de trafic d’influence, et deux de ses adjoints de corruption. D’autres dirigeants du parti sont accusés de harcèlement sexuel.
Alors qu’il avait assis sa légitimité politique grâce à la lutte contre la corruption et pour le féminisme, ces scandales ont poussé de nombreuses personnes à réclamer sa démission. Une possibilité battue d’un revers de manche par le Premier ministre. Avec la prochaine échéance électorale fixée à août 2027, Pedro Sanchez tenterait-il de se racheter une image ? Une éventualité pour celui qui est souvent décrit comme un « fin calculateur » ou encore un « animal politique ».
Entre absence de majorité et mesures impopulaires
Même lorsqu’on le croit à terre, Pedro Sanchez est, jusqu’à présent, toujours parvenu à se relever. RFI le qualifie même de « survivant politique ». Conseiller municipal à Madrid, puis député, il prend finalement la tête du Parti socialiste en 2014. À cette époque, même en le qualifiant de « beau gosse de la politique espagnole », les médias relèvent un manque de talent oratoire. Deux ans plus tard seulement et après plusieurs revers électoraux pour le parti, il est évincé. Mais c’était sans compter sur sa résilience.
En 2017, il remporte à nouveau la tête du PSOE et accède à la présidence du gouvernement d’Espagne un an plus tard. Depuis, il gouverne sans majorité absolue, au gré des alliances ici et là, qu’il fait et défait selon les opportunités. Plusieurs remaniements, qui ont permis la féminisation et le rajeunissement de ses gouvernements, ont su séduire.
Cette absence de majorité ne rend pas la tâche facile à Pedro Sanchez qui fait face à de vives critiques sur son bilan. Si l’économie se porte bien, ce n’est pas grâce aux budgets successifs du Premier ministre. L’Espagne fonctionne toujours avec sa loi de finance de 2023, puisqu’aucun budget n’a pu être adopté depuis. Pour la croissance, le socialiste peut remercier le plan de relance de l’Union européenne après la crise du Covid-19. Ces 163 milliards d’euros de subventions et prêts lui ont permis de relever le salaire minimum et de distribuer de nouvelles aides aux chômeurs et aux jeunes, note L’Express. Autre mesure impopulaire auprès de la droite qui monte en Espagne : la régularisation de 500 000 sans-papiers. Pourtant, cette décision contribue également à la bonne croissance espagnole.
Mais les récents scrutins régionaux montrent que les Espagnols ne lui tiennent pas top rigueur de ces ratés. Si le PSOE n’arrive pas en tête – ce qui n’est généralement pas le cas de toute façon – on observe un regain inattendu, et surtout une croissance plus limitée que prévu de l’extrême droite.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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