
le chef de la diplomatie américaine questionne la place des États-Unis dans l’alliance transatlantique
1 avril 2026
Entretien avec Ilker Çatak sur «Yellow Letters», le splendide Ours d’or 2026
1 avril 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « Trump veut faire de l’Europe le bouc émissaire de son échec face à l’Iran ».
À savoir
Donald Trump chercherait à désigner un bouc émissaire pour son échec face à l’Iran qu’il ne s’y prendrait pas autrement… Ce bouc émissaire, c’est nous !
Le président américain et son entourage sont lâchés contre ces Français qui ne nous aident pas, contre cette Europe incapable de se battre, contre le Royaume Uni, contre l’OTAN qui ne sert à rien… Ils remettent même en cause la clause de solidarité de l’OTAN puisque les Européens refusent d’intervenir dans le détroit d’Ormuz.
Dans un tweet hier, Donald Trump a même affirmé que la France avait refusé le survol de son territoire à des avions livrant du matériel militaire à Israël. il a écrit en gros caractère, pour montrer sa colère, que la France s’était montrée « très peu coopérative » face à celui qu’il appelle « le boucher d’Iran » : « les États-Unis s’en souviendront », a-t-il ajouté.
L’accusation a surpris à Paris où on affirme que rien n’a changé dans la position française, qui refuse simplement les avions participant au conflit, mais pas tous les vols, contrairement à l’Espagne qui a tout interdit. Trump a-t-il confondu la France et l’Espagne ; ou bien l’Italie qui a empêché une escale américaine hier ? Toujours est-il que c’est l’Europe qui a droit à sa colère, peu importe le détail, le vrai du faux.
Trump est dans l’échec : ses menaces d’apocalypse ne parviennent pas à faire céder les survivants du régime iranien. S’il ne décide pas d’une intervention au sol, une option à haut risque, il pourrait se diriger vers un retrait pur et simple en proclamant que les États-Unis ont fait leur part du boulot, et qu’il appartient aux « autres », les Européens et les pays du Golfe, de rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Cette option est bien commode : il pourra toujours dire que si le prix du pétrole reste élevé, sur le marché international ou à la pompe, c’est la faute de ces bons-à-rien d’Européens. « Allez chercher votre pétrole », a-t-il lancé hier aux Européens. C’est le principe même du bouc émissaire : faire reposer sur d’autres la responsabilité de ses propres erreurs.
Les Européens ont clairement fait savoir que n’ayant été ni prévenus, ni sollicités en amont de cette guerre israélo-américaine, ils n’ont aucune intention de s’en mêler. Certains, dont la France, se sont dit disposés à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais une fois les combats terminés. Et vraisemblablement pas en s’imposant par la force.
Au-delà de l’Iran, cette crise de nerfs transatlantique est révélatrice d’un divorce croissant. Depuis 15 mois qu’il est revenu à la Maison Blanche, Donald Trump se comporte en empereur méprisant vis-à-vis de ceux qu’on n’ose plus appeler ses « alliés ». Ceux-ci l’ont accepté pour ne pas compromettre ce qui reste de soutien américain à l’Ukraine, ou la cohésion de l’OTAN.
L’heure de vérité est-elle venue ? Donald Trump ne laisse désormais aucune ambiguïté sur son refus de l’article 5 de l’OTAN, qui prévoit le soutien à un membre agressé. Signe de la désinvolture américaine, la Pologne a reçu une demande d’envoyer au Moyen Orient une partie des missiles Patriot qu’elle a achetés, alors qu’elle se trouve elle-même dans une zone de guerre. Elle a refusé tout net.
Finalement, Trump aura appris une chose à l’Europe : à dire « non ». La France avait payé cher son « non » à George W. Bush sur l’Irak en 2003 ; mais cette fois, c’est toute l’Europe ou presque qui refuse de suivre l’Amérique dans une aventure militaire inconsidérée. C’est un progrès.
Source : www.radiofrance.fr
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