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Voici ce que notre équipe pense de l'article « Morts au travail en France : les victimes invisibles – C’est en France ».
Résumé synthétique
Chaque jour en France, deux à trois personnes meurent au travail. Pourquoi meurt-on encore au travail aujourd’hui en France ? Quels métiers sont les plus touchés ? Que faire pour que ce chiffre diminue ? Nous sommes allés à la rencontre de familles de victimes, mais aussi d’inspecteurs du travail. Malgré le manque de moyens, ils tentent de faire de la prévention.
Le 15 juillet 2025, Matis Dugast, un jeune intérimaire de 19 ans, est mort, enseveli sous trente tonnes de bitume brûlant sur un chantier de réfection de route en Vendée.
« Il est resté pendant quinze à vingt minutes sous l’enrobé à 180 degrés. Les secours n’ont pas pu le sauver », raconte sa mère, Murielle Dugast.
L’enquête sur les causes de l’accident est toujours en cours, mais le temps judiciaire est long. Sa mère témoigne pour briser le silence. « On ne parle pas assez des accidents de travail », regrette-t-elle, « pourtant travailler tue. »
Des victimes souvent jeunes et précaires
Professeur d’histoire-géographie, Matthieu Lépine connaît bien le sujet. Depuis dix ans, il recense les accidents mortels au travail grâce aux articles de la presse locale. Auteur de « L’Hécatombe invisible : enquête sur les morts au travail », il explique que les victimes des accidents mortels au travail sont majoritairement des hommes, souvent jeunes et précaires. « Quand on est jeune ou précaire, on est plus susceptible d’accepter des conditions de travail dangereuses, car on se trouve dans une situation d’infériorité », précise-t-il.
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Les secteurs les plus touchés par les accidents mortels sont le bâtiment, l’industrie, et les transports. En 2024, l’Assurance Maladie a recensé 764 décès dus à des accidents de travail, un chiffre qui ne prend pas en compte les fonctionnaires, les agriculteurs ou encore les travailleurs indépendants, ce qui suggère que le nombre réel pourrait être bien plus élevé.
Une culture de la sécurité insuffisante en France
En France, ce sont les inspecteurs du travail qui sont responsables de vérifier le respect des normes de sécurité. Yoann Journaux, inspecteur du travail en région parisienne, constate régulièrement des manquements. « La sécurité n’est pas une priorité, ce qui explique pourquoi la France enregistre de si mauvais résultats en termes d’accidents mortels », déclare-t-il.
En raison de la diminution du nombre d’inspecteurs du travail ces dernières années, le contrôle des chantiers et le travail de prévention deviennent de plus en plus difficiles. Actuellement, près de 300 postes d’inspecteurs du travail sont vacants en France.
Les familles de victimes : un combat pour la justice
Sylvie et Fabrice Pertet ont perdu leur fils le 26 juillet 2023. Il avait 21 ans. Jules Pertet travaillait pour l’entreprise de recyclage Paprec à Nîmes.
Ce jour-là, il était en train de nettoyer une machine dite « aspire sacs » quand elle a été relancée par un autre salarié. Jules a été aspiré, il est mort sur le coup. « Trois jours avant son accident, il m’a dit qu’il allait démissionner, car il ne se sentait pas en sécurité », raconte sa mère.
Selon l’inspectrice du travail intervenue sur les lieux, « l’accident n’aurait pas dû avoir lieu ». La loi interdit à un employeur d’utiliser une machine non conforme. Celle qui a tué Jules présentait 79 non-conformités, dont au moins deux ont été déterminantes dans l’accident.
Le groupe Paprec, lui, rejette toute responsabilité. « Effectivement certaines de ces non-conformités existent, mais elles ne sont pas en lien avec l’accident. L’accident tient à un manquement par d’autres salariés à des règles de sécurité », défend Me Fanny Colin, l’avocate de la société Paprec.
Des sanctions insuffisantes ?
Faire reposer la faute sur d’autres employés est une ligne de défense inacceptable pour les parents de Jules. Comme d’autres familles, ils réclament des sanctions plus sévères pour les entreprises ne mettant pas en place des conditions de sécurité suffisantes pour protéger leurs salariés.
Véronique Millot, vice-présidente du collectif Familles – Stop à la Mort au Travail, estime que les amendes devraient être proportionnelles au chiffre d’affaires des entreprises. « En 2021, l’amende moyenne s’élevait à 30 000 euros. 30 000 euros, c’est quand même extrêmement léger pour être responsable de la mort de quelqu’un », affirme-t-elle.
Le 26 mars, le groupe Paprec a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à 225 000 euros d’amende. Le directeur de l’usine de Nîmes, lui, a été condamné à trois ans de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Ils ont fait appel.
Deux autres procès pour des accidents du travail grave ou mortel attendent le mastodonte du recyclage français d’ici le mois de mai. Le 8 avril, au tribunal de Montpellier pour l’affaire Paul Masselin. Le jeune homme, âgé de 23 ans au moment des faits, a été happé par une machine similaire à celle dans laquelle Jules Pertet a été tué. Il s’en est sorti miraculeusement, mais avec de lourdes séquelles. L’assurance-maladie lui a reconnu une invalidité permanente de 45 %.
Et le 12 mai, la groupe Paprec sera de nouveau devant le tribunal de Nîmes pour une nouvelle audience pour « homicide involontaire » consécutive à la mort d’Andres Cotonda, un responsable logistique de 61 ans écrasé par un ballot de déchets, le 23 mai 2025, dans l’usine Paprec de Nîmes où Jules Pertet a perdu la vie.
Source : www.france24.com
Conclusion : Nous restons attentifs à cette actualité et à son évolution.

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