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1 avril 2026« Ce qui a tout déclenché, c’est l’élection de Barthès, et les premières mesures qu’il a prises » : de Sabatier à Jules-Fil jusqu’à la mairie, comment les lycéens carcassonnais ont manifesté contre le RN… et rencontré le maire
Analyse : L’équipe éditoriale a repéré les points les plus pertinents.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « « Ce qui a tout déclenché, c’est l’élection de Barthès, et les premières mesures qu’il a prises » : de Sabatier à Jules-Fil jusqu’à la mairie, comment les lycéens carcassonnais ont manifesté contre le RN… et rencontré le maire ».
Ce qu’il est utile de savoir
Ce mercredi 1er avril, une centaine de lycéens ont répondu à l’appel d’une mobilisation contre « la montée de l’extrême-droite ». Un rendez-vous qui a mené les jeunes Carcassonnais de lycée en lycée, jusqu’à la mairie du chef-lieu de l’Aude, où le maire élu le 22 mars a reçu une délégation.
Huit ans que le FN a cédé la place au RN. Mais le « must have » des manifs contre l’extrême-droite, né une nuit de novembre 1989, lorsque les Bérurier Noir ajoutent un entêtant refrain « live » à leur titre « Porcherie », n’a pas changé. Rythmique oblige, le Rassemblement n’a pas remplacé le Front. « La jeunesse emmerde le Front National » : ce sont bien ces paroles qu’une centaine de lycéens carcassonnais ont chantées jusqu’à s’égosiller ce mercredi 1er avril, sous les balcons de l’Hôtel de Rolland, et de son locataire depuis le dimanche 29 mars, Christophe Barthès.
Anecdotique ou majeure, cette mobilisation ? Anecdotique par le nombre, diront ceux qui ont obtenu satisfaction dans les urnes le 22 mars. Comme cet automobiliste, passant devant les lycéens : « Il n’y a qu’à leur supprimer les bourses. » Ou ceux qui, dans la rue, ont peut-être oublié un peu de leur jeunesse : « Ils ne savent même pas pourquoi ils manifestent. » On peut en douter, en prenant le temps de discuter avec ceux qui, trop jeunes, n’ont pu s’exprimer dans les urnes en 2026. Manifestation majeure, aussi. Puisqu’il s’agit bien là du premier geste revendicatif anti-RN, au-delà de vaines gesticulations virtuelles sur les réseaux, depuis le succès sans discussion du RN.
Pas de pancarte à caractère injurieux, antisioniste, antisémite, visant une personne ou un groupe de personnes ou une minorité
C’est au petit matin, devant le lycée Sabatier que la journée a commencé. À 7 h 30, à l’invitation du MLC, le mouvement lycéen carcassonne, pour un « blocus ». Redite de l’invitation de la veille, pour « soutenir » les enseignants d’un lycée confronté à la baisse de sa dotation globale horaire. Mais pour ce 2e tour revendicatif, le post, avec « Ma France à moi », de Diam’s, en bande-son, comporte une précision : invitant, « pour éviter tout incident », à ne « pas ramener de pancarte à caractère injurieux, antisioniste, antisémite, visant une personne ou un groupe de personnes ou une minorité ». Précaution motivée par le désagréable souvenir du 10 septembre 2025. Ce jour-là, à « Sab », une pancarte évoquant les « sionistes » avait suscité la opinion outrée du préfet et la saisine du procureur de la République.
Un drapeau européen XXL en vedette
Rien de tout ça ce 1er avril 2026. Mais une mobilisation timide. Très timide. Au point que, à 8 h 10, ils sont une petite trentaine à quitter les lieux. Direction Jules-Fil. Où un parvis désert les attend. Moment de flottement. « C’est un peu bancal », concède un lycéen. Au point qu’un seul policier est sur les lieux. 30 minutes plus tard, un 2e équipage de la nationale le rejoint. Juste à temps pour « cueillir » et sermonner quelques lycéens, invités à ramener à la case départ des chariots de supermarché empruntés.
Mais à 10 h, la mobilisation prend forme. L’attente a permis de confectionner quelques pancartes : « Soyons fashion pas facho », « Miskine la démocratie », ou, emprunt à l’histoire des luttes, « Siamo tutti antifascisti ». Sans oublier cette reproduction de la photo des trois députés RN de l’Aude, dont le maire, posant devant le slogan tristement célèbre : « Va faire la soupe salope ». Mais c’est bien un étendard taille XXL qui se taille la vedette. Fond bleu, 12 étoiles dorées : le drapeau européen, celui-là même que le maire a ôté du fronton de l’hôtel de ville dimanche 29 mars. La petite trentaine de lycéens matinaux va se retrouver centaine. Et reprendre, déjà, le refrain des « Bérus » ; ou, diffuser, nouvel emprunt à l’histoire italienne, « Bella ciao ». Il est alors temps de partir.
Direction la mairie, escortés par des policiers, une dizaine. Qui auront, pour certains, droit à quelques noms d’oiseaux, heureusement très minoritaires, le long du cortège. Minoritaire, comme, on l’espère, est la position d’un des agents qui susurrait sa solution pour écourter la mobilisation : « Un bon coup de lance à eau, et avec le froid qu’il fait… » La mairie, destination logique, expliquaient Simon (*) et Elsa, lycéens : « Ce qui a déclenché cette mobilisation, c’est l’élection de Barthès, et les premières mesures qu’il a prises, comme l’arrêté anti-mendicité. Il a quand même dit qu’il voulait nettoyer les quartiers, au propre comme au figuré. » Des mots qui prennent tout leur sens devant un lycée indissociable de La Conte, un des cinq quartiers prioritaires de la ville. Ces QPV qui rassemblent près de 25 % de la population du chef-lieu de l’Aude. Là où, en 2021, 35 % des 16-25 ans étaient non-scolarisés ou sans emploi.
On était venus pour lui dire qu’on était là, et qu’on allait surveiller ce qu’il fait
Une jeunesse qui, en tout cas celle mobilisée ce 1er avril, a peu goûté le message posté par le maire sur un autre groupe Insta qui appelait à la mobilisation « contre la montée de l’extrême-droite » : « Il a quand même menacé des mineurs en disant qu’il avait relevé tous leurs pseudos. Mais le droit de manifester, c’est une liberté. » Une liberté exercée pendant 30 bonnes minutes devant la mairie. Avec des chants. Des slogans, aussi. L’un, guère inspiré, en mode parcages de foot. L’autre ramenant aux souvenirs de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, la « Marche des beurs » de 1983 : « 1re, 2e, 3e génération, Nous sommes tous, des enfants d’immigrés. » Le temps qu’une délégation de trois lycéens soit prise en charge par Maxime Bot, responsable du cabinet du maire, pour les emmener à la rencontre de Christophe Barthès (**) et de son 2e adjoint, Florent Ghisi, délégué à la jeunesse.
Une rencontre relayée par l’élu sur ses réseaux : « Ils ont le droit de manifester mais en respectant la loi et en ne commettant aucune dégradation. » Chose faite. 20 minutes après leur entrée, les élèves sont reconduits à la sortie par Florent Ghisi – « à votre disposition pour discuter, on peut venir au lycée » –, les trois lycéens tiraient un bilan sans illusion de la rencontre : « On savait bien qu’on n’allait pas le convaincre. Mais on était venus pour lui dire qu’on était là, et qu’on allait surveiller ce qu’il fait. »
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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