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2 avril 2026« La température est tellement haute dans la profession que si ça s’envenime, on peut avoir un drame » : comment le nouveau bureau des Jeunes Agriculteurs de l’Aude veut garder la « foi », pour une profession qui paye cher la crise
Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Un regard éditorial sur « « La température est tellement haute dans la profession que si ça s’envenime, on peut avoir un drame » : comment le nouveau bureau des Jeunes Agriculteurs de l’Aude veut garder la « foi », pour une profession qui paye cher la crise » pour mieux comprendre l'article.
Points clés à connaître
Hausse des coûts de production, aléas climatiques, prix d’achat trop bas. Autant de motifs qui expliquent les énormes difficultés dans laquelle se trouve la profession agricole. Un contexte que décrit le nouveau bureau des Jeunes agriculteurs de l’Aude, installé depuis deux semaines.
Depuis le 12 mars 2026, les Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Aude ont un nouveau président. Un engagement syndical aux frontières de l’atavisme pour Alexandre Garcia, viticulteur à Argeliers : « Mon arrière-grand-père faisait partie des « 87 d’Argeliers » de 1907. » « 87 » : le nombre de viticulteurs qui, dans le sillage de Marcelin Albert, allaient défiler le 11 mars 1907 à Narbonne. le élément de départ de la révolte des vignerons qui allait embraser le Languedoc, rassemblant jusqu’à 250 000 personnes à Carcassonne, 160 000 à Béziers, 180 000 à Perpignan. Des mobilisations d’un niveau aujourd’hui impossible à envisager. Mais la crise, elle, parle forcément, à ces JA et ce nouveau bureau qui a déjà défini plusieurs priorités : « Gel des prix du GNR (gazole non routier, Ndlr), baisse du coût des engrais, accès à l’eau, accompagnement à l’installation ou encore report des autorisations de plantation : les dossiers sont nombreux et structurants pour la profession. »
Quand une baisse s’annonce, rien de réjouissant
Et le fil rouge défini par le président est limpide : « Ne laisser personne au bord du chemin sera notre priorité », en soulignant « qu’au-delà des crises, c’est bien l’avenir de l’agriculture audoise qui se construit dès aujourd’hui ». L’avenir, cette perspective délicate à envisager pour ces JA qui se sont installés entre 2020 et 2022, en viticulture de Limoux à Azille en passant par Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, en grandes cultures à Belpech. Des agriculteurs qui rivalisent d’exemples pour dire les charges qui pèsent sur leurs exploitations. Un GNR passé en un mois de 0,75 € le litre à 1,35 €. Un pulvérisateur qui, « avant le Covid », était chiffré à 15 000 €, et qui coûte aujourd’hui « entre 23 000 et 25 000 €, mais sans évolution technique majeure ». Ou cette « machine à vendanger à 80 000 € en 2016 », qui nécessite aujourd’hui de sortir « 146 000 € : et encore, c’est une machine de démo », soupire Julien Fabre. La liste est sans fin : « La tonne d’engrais était à 450 € l’an dernier. Aujourd’hui, on est à 700 € », constate Grégory Baboulène. Et les jours ou mois à venir n’incitent pas à l’optimisme : « La semaine prochaine, on attend un doublement des huiles de vidange », prévient Jérémy Fabre. Et quand une baisse s’annonce, rien de réjouissant : « Le prix du lait est passé de 500 € la tonne à 350 €. »
On a des jeunes qui avaient fait des investissements et se retrouvent la corde au cou
Triste paysage pour de jeunes exploitants qui, double peine, n’ont pas été épargnés par les aléas climatiques : « J’ai commencé par trois années très dures pour la ressource en eau, détaille Grégory Baboulène. On a dû accepter des abandons de culture pour s’adapter aux restrictions. » Comment faire, alors, quand s’additionnent les charges ? « C’est compliqué », évidemment, répondent ces JA : « Beaucoup n’arrivent pas à se sortir un revenu. On a des jeunes qui avaient fait des investissements et se retrouvent la corde au cou. » Alors certains jettent l’éponge. Et font partie déjà, des 947 dossiers qui ont été déposés dans l’Aude pour bénéficier d’une aide à l’arrachage en 2026 : « Je connais des jeunes installés depuis moins de cinq ans qui vont arracher 80 % de leur superficie, détaille Julien Fabre. L’un d’eux va garder trois à quatre hectares, des terres familiales, qui ont une valeur sentimentale, et il fera ça en complément, à côté d’un autre boulot. » De quoi expliquer qu’aujourd’hui, constatent ces exploitants, « il est très rare qu’il y ait une reprise ou une création hors cadre familial ».
Je ne connais pas grand-monde qui fait 90 heures par semaine pour 600 €
Triste constat. Mais les JA ne veulent pas baisser les bras. En avançant d’abord « leur foi et une envie énorme ». Aux limites du sacerdoce. Pourtant, Jean-Raymond Maurette veut croire que « des leviers existent. Mais il faut trouver le bon. Parce que dans une crise, il faut bouger très vite, mais c’est très risqué ». Un principe qui s’adapte à la diversification, cette voie que tous seraient prêts à emprunter. Grégory Baboulène a lui commencé, « doucement », en faisant du gavage. Mais Jérémy Faure le rappelle : « On ne peut pas se retrouver avec des produits sur les bras si les filières qui doivent permettre leur commercialisation n’existent pas. » Le président Alexandre Garcia sait en tout cas tout ce qui doit changer : « Que l’on soit payé à la juste valeur. Je ne connais pas grand monde qui fait 90 heures par semaine pour 600 €. Il faut que certaines structures arrêtent de nous prendre pour des cons sur les prix, que l’on n’ait plus honte de sortir le pulvé, que l’on ne soit pas sans cesse contrôlé. »
Un appel déjà maintes fois entendu. Mais écouté, c’est une autre question : « On a manifesté, on a passé des jours et des jours dehors, mais ça ne sert à rien. » Un constat dépité que ces JA déclinent aussi au fameux statut de « territoire d’exception » octroyé à l’Aude après le mégafeu des Corbières, en flirtant avec le haiku et la maxime : « Ça rend les enfants joyeux, mais pas les agriculteurs heureux. » Une douce ironie qui ne cache pas la colère, rappelle le président : « La température est tellement haute dans la profession, que si ça s’envenime, on peut avoir un drame. Un 2e Montredon. »
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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