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Selon notre équipe, l'article intitulé « cinq sons iconiques à découvrir dans une foisonnante exposition événement – franceinfo » mérite un regard attentif.
Ce qu'il faut connaître
« La musique de Super Mario a l’avantage de parler à ma grand-mère« , rit le éditeur spécialiste des jeux vidéo Jean Zied, commissaire de l’exposition Video Games & Music, qui ouvre ce jeudi 2 avril à la Philharmonie de Paris. Même sans y avoir passé des heures de jeunesse, la musique qui accompagne le plombier rouge moustachu créé en 1981 par le japonais Nintendo est culte, reconnaissable parmi toutes.
C’est donc ce défi que s’est lancé la Philharmonie de Paris pour cette nouvelle exposition, à voir jusqu’au mois de novembre : raconter aux grands gamers comme aux néophytes la longue et passionnante histoire de la musique au sein du jeu vidéo. Comment l’une et l’autre co-construisent un univers, tout en jouant des contraintes techniques des deux médiums.
Dans un intense malstrom de sons et de couleurs donnant l’impression d’une immersion en salle d’arcade, Video Games & Music offre un joli voyage dans le temps, pour remonter jusqu’aux prémices des jeux vidéo, où la musique était déjà là, même rudimentaire. Parmi l’impressionnante galerie de consoles, de jeux et d’archives proposées par l’exposition, en voici cinq qui ont attiré notre oreille et éveillé notre curiosité. Et, point non négligeable, (presque) tous ces jeux peuvent être joués lors de l’exposition, qui en propose au total 29, à la libre disposition des visiteurs.
1 L’agaçant « biiip » de « Pong »
Une table de ping-pong vue de dessus : deux barres blanches à contrôler et un pixel blanc qui fait office de balle de tennis de table. Pong, sorti en 1972 est l’un des tout premiers jeux d’arcade, commercialisé par la société Atari.
Ce qui deviendra très vite l’un des premiers grands succès commerciaux du jeu vidéo se démarque par sa simplicité enfantine (dans la pratique beaucoup plus complexe) et ses trois « bips » rudimentaires. On les doit aux tâtonnements technologiques de l’ingénieur du jeu, Allan Alcorn qui parvient à créer trois sonorités distinctes qui viennent colorer le jeu. Un « tut » très satisfaisant lorsque la balle parvient à être rattrapée par l’un des deux joueurs, un « bip » léger lorsque le pixel rebondit sur les parois et un horrible « biiip » qui se crashe lorsque la balle n’est pas rattrapée.
Ici, pas de musique pré-enregistrée – la technologie de l’époque ne le permet pas encore – mais trois notes très simples, générées en direct par une puce sonore intégrée à la borne d’arcade. Le son donne ici une dimension fondamentale au jeu : il indique au joueur où il en est dans la partie : perdu, gagné, toujours en cours. Leur répétition, l’aspect crispant du « biiiip » du point perdu et très satisfaisant du « tut » d’une balle rattrapée fait du son une partie intégrante de l’aspect addictif de ce jeu.
Aux côtés de Pong, on retrouve d’autres bornes d’arcades : Space Invaders, Lunar Lander, Frogger…Toutes émettent ces « bip bip » dissonants dans une cacophonie joyeuse qui rappelle celle des salles d’arcades, très populaires au Japon et aux Etats-Unis dans les années 1970 et 1980.
2 Les quartes justes, arpèges de quintes et autres glissandos de « Super Mario Bros »
Sans doute le plus identifiable parmi tous, le thème du jeu vidéo Mario Bros continue de traverser les décennies, une quarantaine d’années après sa création par Nintendo en 1981. Imaginé par le compositeur japonais Koji Kondo (également derrière l’univers musical de La légende de Zelda), le thème principal de Super Mario Bros ouvre le jeu avec des notes solaires, simples et enfantines.
« Le mouvement des ennemis changeait à chaque jeu, bien sûr, ce qui entraînait une modification du rythme général. Pour chaque jeu, je jouais moi-même encore et encore, je trouvais le bon rythme à partir de là et je commençais à composer. » racontait Koji Kondo en 2023 au média japonais NHK.
Ce thème se déroule donc de manière linéaire et suit le petit plombier rouge qui avance en ligne droite. Mais il n’est jamais joué seul, et ce dès son premier succès commercial sur la NES (Nintendo Entertainment System) en 1985. Se superposent à chaque thème musical d’autres éléments ponctuels.
Trois notes graves marquent une entrée dans un tuyau vert. Un arpège se déclenche lorsqu’il mange un champignon et grandit, un thème joué prestissimo lorsqu’il devient invincible, des glissandos ascendants lorsqu’il rebondit sur des ennemis, des blocs de briques brisés sont des bruits blancs, et une cadence se déclenche lorsqu’on atteint la fin du niveau. Bref, une véritable partition extrêmement riche, interprétée par le joueur lui-même à chaque fois qu’il appuie sur sa manette.
3 La musique pop de « Just Dance »
Aya Nakamura, Lady Gaga, Harry Styles, en passant par des titres comme 99 Luftballons, Rasputin ou Born To Be Alive… Depuis 2009, la série de jeu Just Dance (Ubisoft) promet à ses joueurs de danser sur leurs titres favoris. La musique n’est plus un simple accompagnateur du jeu mais son objet. Interactif et joué sur la Wii de Nintendo, le but est de reproduire des chorégraphies créées par de véritables danseurs, seul où à plusieurs.
Ce jeu incarne par excellence la promesse de la Wii : un jeu vidéo permettant de mobiliser tout le corps par la captation des mouvements de la manette. Intergénérationnel par les musiques qu’il propose, ce jeu connaît un immense succès et devient sans doute l’un des jeux musicaux les plus connus d’une longue tradition.
Parmi ses ancêtres, on peut par exemple citer la star des années 2000 Dance Dance Révolution. Ou dans une certaine mesure Simon, jeu électronique vert, rouge, bleu et jaune de la fin des années 1970, sur lequel le joueur devait reproduire un rythme musical.
Dans cette même lignée, Guitar Hero, sorti aux Etats-Unis sur Playstation en 2005, fait de son joueur un guitariste interprétant des classiques de la musique rock. Profondément immersifs – ici le joueur est la star de la musique -, ces jeux vidéo sont de véritables portes d’entrée dans le monde de la musique, et d’excellentes extensions de ceux-ci pour les fans.
4 Les bizarreries électroniques de Toshio Iwai et « Electroplankton » sur Nintendo DS
En dédiant une petite salle cachée de son exposition au drôle de jeu musical Electroplankton, l’exposition s’attache à rappeler qu’en plus d’être du divertissement, le jeu vidéo est aussi une œuvre d’art, profondément créative, esthétique, et poétique comme on tend à l’oublier. Créé en 2005 par l’artiste japonais Toshio Iwai, ce petit jeu curieux n’a pas de but précis si ce n’est d’interagir avec des « planktons » colorés afin de créer une musique électronique psychédélique.
Chaque plankton génère une sonorité différente, et peut être combiné avec d’autres. Les possibilités sont infinies et poussent le joueur à développer sa créativité, tout en étant profondément zen. Electroplankton est une commande à l’artiste, reconnu alors comme majeur dans l’art interactif japonais, par Nintendo qui s’apprête à sortir sa toute nouvelle console : la maintenant très célèbre DS.
Tactile, dotée d’un microphone, d’un double écran couleur et surtout compacte donc transportable partout, elle donne un second souffle à la console portable, dont elle est aujourd’hui la plus vendue.
Electroplankton s’amuse de ces fonctionnalités toutes nouvelles pour l’époque : le côté tactile offre une grande liberté de création et permet de modifier les sons, leur tempo, leur volume. L’exposition rend possible de se faire soi-même joueur de planktons grâce aux premières générations de Nintendo DS Lite mises à disposition.
5 La force de la musique classique de « Clair Obscur »
Difficile de ne pas clore ce tour d’horizons sans aborder celui a emporté le prix de la meilleure musique originale lors des Game Awards de 2025 (où il a aussi été désigné Meilleur jeu de l’année) : Clair Obscur : Edition 33. Issu d’un petit studio montpelliérain, ce jeu s’est vendu à cinq millions d’exemplaires dans le monde et a raflé tous les prix possibles de la saison. Sa bande-son y est pour quelque chose : elle-même s’est hissée à la tête du Billboard des « albums classiques » le mois de sa sortie. Créée par le jeune Lorien Testard, cette bande originale de 154 pistes allie violon, piano, chant lyrique et même accordéon. En passant du mélancolique à l’épique, les thèmes du jeu sont devenus extrêmement populaires chez ses joueurs.
Parmi ces thèmes, Lumière, 17 millions de vues sur YouTube, que vous entendrez sans doute lors de votre visite, vous restera en tête par sa douce mélancolie. Une bande originale construite donc pour immerger le joueur dans un univers, mais qui ne sera jamais jouée seule. Clair-Obscur est un « RPG », un jeu vidéo de rôle où l’on incarne un ou plusieurs personnages dont on contrôle les mouvements et actions. L’intrigue est souvent dense et l’univers très étendu, souvent à explorer.
Conçus pour être immersifs, ces jeux s’accompagnent donc d’une bande sonore très complexe : il y a la musique qui change lorsque le personnage se déplace, mais aussi les voix, les bruitages, les sons d’ambiances… Devenu très populaire avec des sagas comme Final Fantasy ou Assassin’s Creed, ce format de jeu demande des créations musicales très exigeantes car elles font partie intégrante de l’expérience de jeu. Elles guident, informent et transportent dans un univers.
« Video Games and Music », du 2 avril au 1er novembre 2026 à Philharmonie de Paris.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques éléments à garder en tête pour suivre cette actualité.

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