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2 avril 2026Aides ciblées, financements, secteurs concernés… Comment le gouvernement veut accélérer l’électrification de la France pour répondre à la guerre au Moyen-Orient – franceinfo
Analyse : L'équipe examine les points essentiels pour vous informer rapidement.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Aides ciblées, financements, secteurs concernés… Comment le gouvernement veut accélérer l’électrification de la France pour répondre à la guerre au Moyen-Orient – franceinfo ».
À retenir absolument
C’est un virage « absolument nécessaire », fait valoir Frédéric Wurtz, directeur de recherche au CNRS. Le gouvernement doit présenter, dans la semaine du 6 au 10 avril, son « grand plan d’électrification » des usages, pour répondre à la hausse des prix du pétrole et du gaz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Ces annonces arrivent quelques semaines après la édition très attendue de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route énergétique qui fixe les objectifs du secteur pour les dix ans à venir, avec, justement, une priorité donnée à l’électricité.
« L’objectif est de passer d’un mix énergétique constitué d’environ 60% d’énergies fossiles importées en 2023, à un mix énergétique constitué d’environ 60% d’énergies bas-carbone en 2030 », expose la PPE. Mais ce document déplore un « retard » pris dans l’électrification des usages depuis une dizaine d’années. Le plan électrification pourrait être un sursaut, en pleine crise. Voici ce que l’on en sait.
Répondre à des impératifs climatiques et de souveraineté
Ce plan d’électrification doit « être accéléré », car « la question n’est plus que climatique, elle touche désormais à l’intérêt national », a fait valoir le Premier ministre dans une lettre adressée à ses ministres, dont il attend une réponse d’ici au mercredi 8 avril. Climatique, car il s’agit de s’émanciper des énergies fossiles que sont le pétrole, le gaz et le charbon, dont la combustion est largement responsable du réchauffement climatique.
« A l’échelle mondiale, 76% des émissions de gaz à effet de serre sont issues de la production, la consommation et la distribution des fossiles », expose à franceinfo Frédéric Wurtz, codirecteur de l’Observatoire sur la transition énergétique (OTE). Or, aujourd’hui encore, le pétrole et le gaz représentent à eux seuls près de 60% de la consommation d’énergie en France, rappelle le Service des données et études statistiques (Sdes). « Il y a un consensus scientifique pour dire que l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 n’est possible qu’avec l’électrification », souligne Frédéric Wurtz.
C’est aussi un enjeu de souveraineté. Les importations d’énergies fossiles ont coûté à la France plus de 60 milliards d’euros en 2024, toujours selon le Sdes. « Cette dépendance est non seulement coûteuse, mais elle expose également le pays, ses industries et ses ménages aux chocs géopolitiques internationaux », alerte Patrice Geoffron, professeur d’économie à l’université Paris Dauphine-PSL et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières.
« Les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi que l’instabilité au Venezuela, nous rappellent cruellement cette vulnérabilité. »
Patrice Geoffron, professeur à l’université Paris Dauphine-PSLà plusieurs médias
Autant de crises pendant lesquelles « nous payons le prix de nos dépendances », selon les mots de la ministre déléguée à l’Energie, Maud Bregeon. « Qui peut encore accepter que les décisions des puissances étrangères fixent le niveau des factures d’énergie des Français ? Cela implique naturellement de déployer les moyens de production nécessaires, et d’organiser cette transition en accompagnant les entreprises et les ménages », défend-elle dans Les Echos. L’électrification serait ainsi un levier pour protéger les consommateurs des variations brutales des prix, en pleines tensions géopolitiques.
Le logement, les transports et l’industrie en première ligne
Dans la lettre qu’il a adressée à son gouvernement, le Premier ministre a cité plusieurs secteurs concernés par le plan d’électrification, qui devront planifier la sortie de leur dépendance aux fossiles « avec un élément de passage en 2030 et une cible en 2035 ». Les logements, d’abord. Sébastien Lecornu a demandé au ministre Vincent Jeanbrun « de préciser les modalités opérationnelles de la sortie du gaz » dans les logements neufs et ceux du parc social, pour que « les aides à la rénovation » permettent d’électrifier « les modes de chauffage et de production d’eau chaude ».
Le ministre du Logement a d’ailleurs d’ores et déjà annoncé, mercredi sur RMC, qu’il souhaitait inciter les ménages à installer un chauffage électrique ou une pompe à chaleur en « ciblant » les aides à la rénovation. Concernant l’habitat social, où le gaz chauffe encore 55% des logements, un plan est prévu avec les bailleurs pour, d’ici « quelques années », avoir « remplacé tous les systèmes de chauffage soit par des chauffages urbains, soit par du chauffage électrique », a ajouté Vincent Jeanbrun. « Moins un logement est isolé, plus il faut installer une pompe à chaleur puissante, et donc chère. Une électrification rapide et accessible des logements, ne laissant personne sur le côté, ne doit pas faire l’économie de l’isolation des bâtiments », met toutefois en garde le Réseau action climat.
Les transports doivent, sans surprise, largement contribuer, alors que le secteur est le premier consommateur d’énergie dans le pays. Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, doit ainsi « mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques dédiée à certaines professions » qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants, a réclamé Sébastien Lecornu. Les ministres de l’Aménagement du Territoire, Françoise Gatel, et des Transports, Philippe Tabarot, sont eux chargés de proposer « la décarbonation complète des mobilités routières » dans certains territoires « pilotes ». La ministre déléguée chargée de la Mer, Catherine Chabaud, devra, elle aussi, mettre sur la table des « options technologiques » pour sortir la flotte de pêche des énergies fossiles.
Pour l’industrie enfin, le ministre Sébastien Martin est chargé « d’identifier les procédés industriels » pouvant être intégralement décarbonés d’ici 2030 ou 2035 et « identifier les capacités industrielles nationales relatives aux pompes à chaleur, aux véhicules électriques et aux équipements électriques professionnels », selon la lettre de Sébastien Lecornu. « Avec un soutien politique clair, les usines de batteries et de pompes à chaleur situées dans le nord et l’est du pays sont prêtes à se développer rapidement, accélérant ainsi la réindustrialisation de la France », prévoit Neil Makaroff, directeur du groupe de réflexion Strategic Perspectives.
Tous ces changements sont « un effort colossal », estime le chercheur Frédéric Wurtz. « L’électrification a commencé au début du XXe siècle. On a 130 ans d’électrification derrière nous et environ 25% de nos usages sont électrifiés. Il faut faire le même chemin, d’ici 2050. »
Un « plan d’incitation à la sobriété » en parallèle
« Il faut prévoir un plan d’incitation à la sobriété », a ajouté Maud Bregeon dans Les Echos, évoquant l’importance de réduire la demande et donc la consommation d’énergie. « Sans faire de leçon de morale. Nos concitoyens ont du bon sens : ils savent que réduire sa vitesse, par exemple, permet de réaliser des économies de carburant », s’est-elle empressée d’ajouter. Le travail serait « en cours », selon la ministre.
« Electrifier ne suffira pas. Il faut en plus mobiliser de la sobriété, questionner nos usages, nos pratiques, nos infrastructures et nos politiques publiques pour réduire la consommation d’énergie de manière générale », acquiesce Frédéric Wurtz, qui cite l’exemple des transports. « L’électrification ne se fera pas massivement en roulant tous dans de grosses voitures, il va falloir conduire des véhicules de plus petite taille et mobiliser d’autres éléments comme les transports en commun. »
Un financement par les recettes fiscales sur les carburants
Comment régler la facture pour opérer ces changements ? Dans ses instructions, Sébastien Lecornu demande au ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, « de travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse du prix des carburants pour financer les mesures prioritaires du plan d’électrification ». Le chef du gouvernement souhaite aussi mobiliser des « financements alternatifs », notamment en lien avec des acteurs institutionnels, tels que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou le monde bancaire pour aider certains secteurs, comme les boulangers, quand ils doivent électrifier leurs fours.
En parallèle, plusieurs experts pointent une fiscalité de l’énergie encore favorable aux fossiles. « Les subventions aux énergies fossiles ne constituent pas une solution pour un continent pauvre en ressources », déplore Joseph Dellatte, en charge des enjeux climat et énergie à l’Institut Montaigne. « Taxer l’électricité deux fois plus que le gaz ou le fioul est totalement incohérent par rapport aux objectifs de décarbonation et d’électrification, dénonce à son tour l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). L’électrification ne pourra avoir lieu sans une amélioration structurelle de la compétitivité de l’électricité vis-à-vis des alternatives fossiles. »
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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