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3 avril 2026D’anciens esclaves devenus savants, précurseurs d’une modernité africaine : épisode du podcast Nouveaux récits sur l’Afrique
Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « D’anciens esclaves devenus savants, précurseurs d’une modernité africaine : épisode du podcast Nouveaux récits sur l’Afrique ».
Analyse rapide
En 1827 à Freetown, en Sierra Leone, la première université africaine ouvre ses portes : Le Fourah Bay College. Il s’agit plus précisément d’une université sur le mode occidental puisque des universités musulmanes existent déjà depuis plusieurs siècles, notamment à Tunis, à Tombouctou ou au Caire. À l’origine, cette université est ouverte par des missionnaires anglicans.
D’anciens esclaves deviennent étudiants
La plupart des premiers étudiants du Fourah Bay College sont d’anciens esclaves ou leurs enfants libérés par la marine britannique. Ils ne sont plus esclaves mais ils ne sont pas non plus complètement libres. Ils sont obligés de s’installer à Freetown et d’être pris en charge par des missionnaires européens.
Samuel Ajayi Crowter, un yorouba, originaire du Nigéria, est l’un d’eux. Il est le premier étudiant du Fourrah Bay College et devient rapidement lui-même missionnaire.
Il convainc ses collègues européens que l’avenir du continent passe par la formation d’une élite d’africains christianisés et forme ainsi des dizaines de savants africains de haut niveau, parlant grec, latin, arabe, connaissant l’histoire européenne et la géométrie euclidienne.
Leur ambition : former des savants africains
Ces hommes, qui avaient expérimenté l’esclavage dans leur chair ou dans l’histoire de leur famille, sont profondément convaincus que leurs sociétés doivent se moderniser et notamment abolir l’esclavage.
Tout en embrassant le projet missionnaire et en devenant prosélytes auprès de leur propre peuple, ces hommes construisent un autre projet : celui de se faire les premiers savants de leur langue et de leurs cultures.
Pendant près de 30 ans, de 1857 à 1890, ils se saisissent du projet missionnaire pour construire le leur. Ils pensent que la chrétienté va leur permettre d’accéder à la modernité et transformer leur société à travers leur langue, leur histoire et leur culture.
Une modernisation à l’œuvre, avant la colonisation
Mais à la fin du 19è siècle, le contexte change. Les institutions missionnaires anglicanes connaissent un moment de racialisation et considèrent désormais qu’on ne peut pas faire confiance à des Africains, que ceux-ci n’ont pas les capacités de porter le message chrétien. Ces hommes sont exclus des missions anglicanes et remplacés par des Européens. La logique de la colonisation a déjà commencé et l’œuvre de ces hommes est oubliée.
En 2010, le philosophe nigérian, Olufemi Taiwo, développe l’idée que la colonisation s’est appropriée indûment l’idée de modernité, alors que dans plusieurs régions du continent, des processus de modernisation comme le Fourah Bay College étaient déjà à l’œuvre.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

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