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3 avril 2026Attentat déjoué contre la Bank of America à Paris : « La situation en Iran ne peut que réactiver le terrorisme d’État », alerte François Molins, procureur de Paris pendant les attentats du Bataclan et de Charlie Hebdo
Analyse : Voici ce que notre équipe retient de cette information.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « Attentat déjoué contre la Bank of America à Paris : « La situation en Iran ne peut que réactiver le terrorisme d’État », alerte François Molins, procureur de Paris pendant les attentats du Bataclan et de Charlie Hebdo ».
Les éléments principaux
François Molins, catalan d’origine, était l’invité du Club de l’Eco de L’Indépendant ce jeudi 2 avril 2026. Au 7e étage panoramique du palais des congrès de Perpignan, les membres du Club ont pu rencontrer l’ancien procureur de Paris qui était en poste lors des attentats funestes de 2015. Interrogé par le rédacteur en chef de L’Indépendant, Pierre Mathis, celui qui a occupé la plus haute fonction du parquet – soit procureur général près la cour de cassation – a livré son expérience d’une gestion de crise hors normes. Il livre également son analyse sur les conflits actuels et la recrudescence de la menace terroriste.
Un attentat devant la Bank of America a été déjoué à Paris dans la nuit du 27 au 28 mars. Le climat actuel est rythmé par les conflits internationaux. Faut-il s’inquiéter ?
En tout cas, je ne suis pas surpris. La menace terroriste a un carburant, certaines choses l’alimentent et le réactivent. Le terrorisme djihadiste, par exemple, a toujours eu un marqueur palestinien. Donc ce qui se passe depuis le 7 octobre, entre Israël et la Palestine, et plus récemment entre Israël et le Liban, ne peut que réactiver la menace terroriste. La situation en Iran ne peut que réactiver le terrorisme d’État.
Plus la situation en Iran s’enlisera, plus la menace terroriste sera élevée ?
Bien sûr. Regardez la tentative d’attentat à la Bank of America à Paris. Le propre de cette forme de terrorisme, c’est d’activer des équipes qui peuvent se trouver n’importe où dans le monde et qui vont être amenées à frapper des intérêts américains où qu’ils soient. Donc ça peut être l’Irak, le Liban, la Norvège, les Pays-Bas, la France… Les Américains s’attaquent peut-être au cadre, mais le carburant du terrorisme continue. J’ai peur que cela ne serve qu’à attiser la haine et intensifier la violence.
Que peut faire la France pour se prévenir des attentats ?
Ce sont les compétences du ministère de l’Intérieur qui peut prendre toutes les mesures de sécurité propres à prévenir au maximum ce genre d’attentats avec de la vigilance des policiers, des gendarmes… Mais, à long terme, il faudrait surtout arriver à trouver des solutions politiques et diplomatiques à ces conflits.
« Je n’ai pas voulu infantiliser mes collègues, j’ai préféré respecter les compétences de chacun »
Cela ne semble pourtant pas en prendre le chemin…
Il faut espérer que la sagesse reviendra à la tête des gens, des gouvernants, quels qu’ils soient.
Votre sagesse justement, c’est l’une des raisons pour lesquelles vous avez été invité à vous livrer devant des chefs d’entreprise catalans. Vous qui avez vécu une expérience hors normes en étant procureur de Paris au moment de la série des attentats en France en 2015. Comment gérer une telle situation de crise ?
Déjà, tous les renseignements nous avaient indiqué qu’une menace d’attentat était très haute. Mais nous ne savions pas quand, ni où cela aller se produire. Le soir du 13 novembre, ma prise de décision consistait en plusieurs points précis, soit garantir et mettre en œuvre les compétences que l’État nous donne. C’est-à-dire, qualifier l’acte de terrorisme, saisir une enquête – le soir du 13 novembre, 1 000 enquêteurs ont travaillé ensemble, il a donc fallu trouver un coordinateur –, activer une cellule de crise, prendre des décisions concernant la médecine légiste, l’identification des victimes et leur prise en charge, lancer une coopération internationale et communiquer.
Face à l’ampleur de l’horreur, avez-vous été tenté de tout gérer vous-même ?
La section anti terroriste était dotée d’un chef avec des compétences. La question était de savoir si je bousculais tout un orchestrant ou si je m’inscrivais dans la continuité d’ordre. Je n’ai pas voulu infantiliser mes collègues, j’ai préféré respecter les compétences de chacun. J’étais dans ma cellule de crise tout le temps pour m’assurer que les choses fonctionnent. Mais j’avais la chance d’avoir des gens en qui j’avais une confiance absolue, cela relevait de l’évidence. Il y avait une sorte de prise de conscience collective des enjeux. Nous n’avions pas le droit d’échouer. Ce genre de moment amorce le courage collectif. Je suis persuadé que nous sommes meilleurs à plusieurs.
Vous souvenez-vous d’un moment où la prise de décision a été particulièrement difficile ?
Lors de l’attentat de Nice. Pour qualifier un attentat de terroriste, il faut des éléments qui actent cette définition. Un attentat terroriste est une entreprise individuelle ou collective qui a pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. À 1 heure du matin, après que le camion a foncé dans la foule, nous n’avions pas encore d’éléments qui correspondent clairement à cette situation. Il a tout de même fallu prendre une décision très vite pour le qualifier, ou non, d’attentat terroriste. Nous avons eu de la chance de ne pas nous tromper.
« Il faut faire aimer l’Etat de droit »
Résolument tourné vers la jeunesse, François Molins est devenu professeur à Science Po et à l’université. En parallèle, il est membre bénévole de l’association Parlons Démocratie qui lui permet d’aller à la rencontre de lycéens pour développer leur sens civique. Car François Molins en est sûr, aujourd’hui fragilisé, il faut sauver le soldat démocratie. Mais comment faire ? « Il faut éveiller les consciences des gens. Mais aussi, et surtout, il faut leur faire aimer l’Etat de droit. C’est-à-dire faire comprendre aux gens tous les avantages qu’il existe à vivre dans une démocratie. L’Etat de droit ça vous garantit un cadre avec l’exercice de tout un tas de droits et de libertés. Si un jour il disparaît, vos droits et libertés diminueront. L’Etat de droit, c’est quand même un système de limitation des pouvoirs de l’État par le droit. Donc il vaut mieux qu’il soit là. C’est une vraie nécessité« .
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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