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5 avril 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Notre équipe analyse l'article « comment l’Ukraine lutte pour ne pas se faire oublier » pour en tirer les points essentiels.
Les éléments principaux
Les bombes qui pleuvent sur le Moyen-Orient éclipsent les milliers de drones russes qui continuent de s’abattre sur l’Ukraine. Tandis que Moscou profite du nouveau conflit, Kiev bataille pour ne pas se faire oublier.
« Elle nous fait passer au second plan des priorités ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est lucide. Les regards de la communauté internationale et des médias sont tournés depuis le 28 février vers le Moyen-Orient, date à laquelle les États-Unis et Israël ont lancé une « opération » contre l’Iran qui a depuis éclaté en une guerre régionale. Même si l’Ukraine pendant ce temps continue de faire face au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. En mars, la Russie a visé l’Ukraine avec un nombre record de drones longue portée depuis le début de la guerre, selon une évaluation de données ukrainiennes, réalisée par l’AFP.
« La guerre au Moyen-Orient détourne l’attention, c’est absolument évident », a déploré le dirigeant ukrainien dans un entretien au Monde le 24 mars.
« Les Ukrainiens sont complètement mis de côté diplomatiquement, médiatiquement, militairement par la guerre en Iran », résume l’analyste géopolitique et spécialiste de la guerre en Ukraine, Ulrich Bounat.
Négociations à l’arrêt, incertitudes sur les livraisons d’armes…
Donald Trump, qui avait fait de la résolution du conflit en Ukraine l’un de ses objectifs de mandat, n’a d’yeux que pour Téhéran. Le processus de négociation directe entre Kiev et Moscou entamé ces derniers mois, sous médiation américaine, est au point mort. Une rencontre prévue à Abou Dhabi a été annulée sine die en raison de la guerre au Moyen-Orient.
« Il était clair que la négociation avait atteint une impasse, dans le sens où il y avait trop de divergences, les Ukrainiens ne lâcheront pas le Donbass et les Russes ne lâcheront pas leurs revendications sur le Donbass. Mais le donnée d’avoir mis en pause ces négociations, et donc d’avoir suspendu la pression sur les Russes, est du temps gagné pour Moscou », analyse Ulrich Bounat, chercheur associé à Euro Créative.
Volodymyr Zelensky réclame un calendrier clair à Washington sur des prochains pourparlers trilatéraux avec la Russie. Deux jours après un appel jugé « positif » avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le président ukrainien a indiqué ce vendredi 3 avril les avoir invités à Kiev pour relancer les négociations.
L’Ukraine s’inquiète de voir l’aide militaire américaine se réduire à cause de la guerre meurtrière au Moyen-Orient. En ce qui concerne notamment les missiles antimissiles, essentiels à Kiev pour faire face aux assauts russes mais déployés en nombre pour contrer les attaques iraniennes en Israël et dans le Golfe. Début mars, Volodymyr Zelensky a assuré qu’en trois jours de conflit au Moyen-Orient, plus de 800 missiles Patriot ont été utilisés, soit plus que ce que son pays a reçu depuis 2022.
« Personne ne nous a annoncé un arrêt (des aides), mais nous en sommes déjà à la deuxième vague de combats au Moyen-Orient depuis le début de notre guerre, et nous savons que dans de telles situations, les livraisons d’armes à l’Ukraine ralentissent », a assuré le président ukrainien au Monde. « C’est pourquoi nous devons nous préparer à de tels risques ».
Du côté de Washington, rien ne semble en effet avoir été acté, mais la menace plane. « Rien n’a encore été dérouté mais cela pourrait arriver », a lancé le secrétaire d’État américain Marco Rubio le 27 mars. « Si nous avons besoin de quelque chose pour l’Amérique et que c’est américain, nous allons le garder d’abord pour l’Amérique ». Du chantage a même été fait par Donald Trump à propos des livraisons d’armes, selon le Financial Times. D’après des sources proches des discussions, le milliardaire républicain a menacé des alliés de l’OTAN, comme la France et le Royaume-Uni, de suspendre l’aide militaire à l’Ukraine pour les contraindre à participer à la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué par les Gardiens de la révolution iraniens.
Si les Européens ne perçoivent pas le conflit au Moyen-Orient comme le leur, ils en sont néanmoins tout autant absorbés, occupés à maintenir leur posture défensive, à gérer leurs différends avec les États-Unis et à faire face aux répercussions de la crise sur leur propre sol. Le président ukrainien a certes à la mi-mars été reçu par des pays européens dont la France, mais « il n’y a pas eu d’annonces tonitruantes d’aides militaires à l’Ukraine ou d’enveloppes volumineuses », constate l’analyste géopolitique Ulrich Bounat.
Kiev attend par ailleurs désésperement de l’Union européenne un prêt de 90 milliards d’euros nécessaire au financement de son effort de guerre, bloqué depuis plusieurs mois par le Premier ministre hongrois, proche du Kremlin, Viktor Orban. Selon l’agence de presse Bloomberg, en l’état actuel, l’Ukraine ne dispose de fonds suffisants que pour couvrir ses dépenses militaires jusqu’en juin.
Un rapprochement avec les pays du Golfe
Mis à l’écart de l’agenda international, les Ukrainiens tentent tout de même de faire entendre leur voix dans le vacarme moyen-oriental. Volodymyr Zelensky s’est rendu au cœur même de la région du globe qui monopolise aujourd’hui l’attention. Du 27 au 29 mars, il a effectué une tournée dans les pays du Golfe, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Jordanie, entraînés malgré eux dans le conflit. « L’Ukraine qui a un besoin réel de financement cherche d’autres partenaires », affirme le chercheur Ulrich Bounat.
Le chef d’État ukrainien est venu avec un atout dans sa manche: l’expertise de son pays en matière de défense anti-drones, notamment contre les drones iraniens Shahed utilisés par Moscou et auxquels sont confrontées les monarchies du Golfe visées par Téhéran. « Il a été assez clair qu’il n’était pas possible pour les États du Golfe de contrer la menace des drones. Volodymyr Zelensky a senti l’opportunité », relate le chercheur Ulrich Bounat.
« Ce que l’Ukraine offre aux États du Golfe est quelque chose de rare: un savoir-faire opérationnel forgé sur le champ de bataille le plus saturé de drones de l’histoire moderne », abonde auprès d’Euractiv, Chris Kremidas-Courtney, chercheur invité au European Policy Centre.
La tournée de Volodymyr Zelensky a permis de déboucher sur des accords « historiques », selon ses mots, de coopération dans le domaine de la défense, notamment avec le Qatar et l’Arabie Saoudite. En échange de l’expertise ukrainienne, Kiev souhaite recevoir des moyens de destruction de missiles « balistiques », très difficiles à abattre, et un soutien dans le secteur « énergétique ».
L’Ukraine a également proposé aux monarchies du Golfe de l’aide pour débloquer le détroit d’Ormuz, dont la paralysie par l’Iran a provoqué une crise énergétique mondiale. « Personne ne nous a spécifiquement associés à la question du détroit d’Ormuz. Aux représentants du Moyen-Orient et du Golfe avec lesquels j’ai parlé durant ma visite j’ai dit: l’Ukraine est prête à aider pour tout ce qui concerne la défense' », a déclaré Volodymyr Zelensky ce jeudi 2 avril. « Je pense que nous avons changé l’attitude du Moyen-Orient et de la région du Golfe à l’égard de l’Ukraine pour les années à venir », a-t-il estimé.
Outre les besoins militaires, le chercheur Ulrich Bounat voit en ce rapprochement un « aspect davantage diplomatique et géopolitique ». « Les États du Golfe ont jusqu’ici servi d’intermédiaire de bons offices entre les Russes et les Ukrainiens, notamment en ce qui concerne les échanges de prisonniers. Donc il y a sans doute une tentative de la part des Ukrainiens d’essayer de faire sortir ces pays de leur neutralité », étaye-t-il.
Une guerre favorable à la Russie
L’Ukraine essaye ainsi de tirer son épingle du jeu dans cette guerre qui lui fait de l’ombre, au même titre que son adversaire. Pour Vladimir Poutine, le conflit au Moyen-Orient est une bouffée d’air frais. Le Kremlin profite de la hausse du prix du pétrole couplée à une hausse des exportations pétrolières pour redorer son économie, affaiblie par le poids de la guerre et les sanctions occidentales. Moscou bénéficie également de la levée partielle, par Donald Trump, des sanctions américaines sur son pétrole. Ce dernier étant davantage préoccupé par les conséquences de la crise énergétique que par l’objectif initial de ces sanctions, à savoir faire pression sur le Kremlin dans le cadre des négociations.
« La Russie vend son pétrole plus cher, mais elle en vend surtout plus, car il y a une certaine pénurie, son pétrole est très recherché », explique l’analyste Ulrich Bounat qui relève aussi des marges sur les fertilisants. Pour empêcher pleinement la Russie de profiter de la flambée des prix du pétrole, Kiev multiplie les frappes sur ses infrastructures clés comme les ports ou les tankers.
Outre la manne financière que représente pour Moscou la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le Kremlin y voit l’occasion de poursuivre son dessein à l’abri des regards. « La Russie a les mains beaucoup plus libres pour bombarder allégrement les villes ukrainiennes, c’est du temps gagné pour les Russes », avance Ulrich Bounat.
Comme évoqué précédemment, en mars, la Russie a visé l’Ukraine avec un nombre record de drones longue portée depuis février 2022: 6.462 de ces drones ont été envoyés, avec une attaque sans précédent le 24 mars de près de 1.000 drones tirés en 24 heures. Si ces raids meurtriers ont fait de nombreuses victimes civiles, ils n’ont pas permis à la Russie de gagner du terrain.
Selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), l’armée russe – épuisée par les années de guerre comme l’armée ukrainienne – n’a enregistré aucun gain territorial en mars, une première depuis septembre 2023. « Mais il faudra voir les conséquences concrètes ces prochaines semaines, car les Russes, c’est une évidence, vont lancer une offensive massive pour le printemps », prévient le spécialiste Ulrich Bounat.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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