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5 avril 2026L’exigence nihiliste, du désarroi existentiel au sacrifice de Mishima : épisode du podcast La tradition japonaise et la mort volontaire
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
L'équipe éditoriale a étudié « L’exigence nihiliste, du désarroi existentiel au sacrifice de Mishima : épisode du podcast La tradition japonaise et la mort volontaire » et partage son avis.
Les éléments principaux
L’exigence nihiliste est le cinquième et dernier épisode de la série Les Chemins de la connaissance : La tradition japonaise et la mort volontaire, diffusée sur France Culture le 30 novembre 1984. Claude Mettra y reçoit une dernière fois Maurice Pinguet, anthropologue et écrivain spécialiste du Japon, pour clore cette exploration par un chapitre inattendu : la rencontre du Japon avec le nihilisme occidental, et la figure de Yukio Mishima comme point d’aboutissement tragique de cette crise.
Un nihilisme importé d’Occident
La civilisation japonaise, fondée sur l’immanence et le polythéisme, n’avait jamais eu à affronter la question du nihilisme , concept apparu avec acuité en Occident, que Dostoïevski aborde d’une façon romanesque et que Nietzsche formule au 19e siècle avec l’expression : « Dieu est mort. » On pourrait dire, note Maurice Pinguet, que Dieu au Japon était mort depuis toujours, puisqu’il n’avait jamais vraiment existé sous la forme du dieu unique et souverain du christianisme. Pourtant, en s’ouvrant à l’Occident à partir du milieu du 19e siècle (ère Meiji ), le Japon affronte une crise de civilisation avec la disparition de la culture d’Edo , la naissance du Japon moderne, l’arrivée simultanée du christianisme et sa remise en cause avec le vertige nihiliste. Les intellectuels et étudiants japonais de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle se retrouvent ainsi à porter une question qui n’est pas la leur, face à un dieu à la fois présent et absent.
De l’angoisse à l’impérialisme
Le symbole de ce désarroi est un lycéen de 18 ans qui, en 1903, se jette dans une cascade près de Tokyo en gravant sur un tronc d’arbre ses derniers mots : « Je ne peux pas comprendre le sens de cette vie ». Cette angoisse diffuse qui va jusqu’au désespoir, Pinguet l’analyse comme le terreau sur lequel prospère l’impérialisme militaire japonais : incapable de résoudre ses tourments par la pensée, une société trouve dans l’expansion conquérante une raison d’être.
La catastrophe de 1945 révèle l’impasse, et plonge le Japon dans ce que Maurice Pinguet appelle « la nuit du nihilisme absolu » : « On s’est rendu compte que la solution apportée par l’impérialisme était une fausse solution et qu’on ne pouvait pas donner un sens à la vie dans la recherche de l’expansion militaire, dans la recherche d’une société conquérante. »
Mishima, ou le sacrifice contre le néant
C’est dans ce contexte que prend tout son sens le suicide de Yukio Mishima en novembre 1970. Marqué dès sa jeunesse par les valeurs martiales, l’impérialisme et la défaite, le romancier tente de répondre au nihilisme par l’exemple du sacrifice personnel, geste à la fois philosophique, politique et intime.
« Ce que Mishima a apporté au fond, C’est une sorte de psychodrame qui a profondément ému le Japon et qui a été une espèce de répétition abrégée de la catastrophe impérialiste. »
Maurice Pinguet y voit cependant, au-delà du geste, une forme de catharsis pour la conscience japonaise : en rejouant de façon ultra-tragique la problématique impérialiste, Mishima aurait peut-être ouvert la voie, paradoxalement, à un Japon réconcilié avec l’amour de la vie et des formes de non-violence.
- Production : Claude Mettra
- Avec Maurice Pinguet (écrivain, chercheur, anthropologue)
- Les chemins de la connaissance – La tradition japonaise et la mort volontaire 5/5 : L’exigence nihiliste (30/11/1984)
- Edition web : Caroline Chaussé-Domergue, Documentation de Radio France
- Archive Ina-Radio France
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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