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5 avril 2026de l’Apple I au Macintosh en passant par l’iPod, 50 ans de révolution, d’évolution et de création en 15 produits qui ont marqué l’histoire de la tech
Analyse : Une équipe d'experts a étudié cette information et partage son avis général.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « de l’Apple I au Macintosh en passant par l’iPod, 50 ans de révolution, d’évolution et de création en 15 produits qui ont marqué l’histoire de la tech ».
Points clés à connaître
Comment clore cette semaine d’anniversaire d’Apple par autre chose que des produits. Si le géant de Cupertino s’est diversifié, s’est lancé dans les services avec un certain bonheur, prend à bras le corps l’IA, son coeur de métier, son identité au cours de ses 50 ans premières années a été façonnée par des produits. Des ordinateurs, surtout mais pas seulement, des appareils, au croisement de la tech et du design, habiles mélanges d’une identité marketing et d’une certaine vision du monde…
50 ans. Un bref instant au regard de l’histoire et, pourtant, le concentré d’une révolution, d’une accélération. Alors qu’Apple fête ses 50 ans, on pourrait presque dire que c’est aussi l’âge de la révolution numérique grand public. Microsoft a soufflé son demi-siècle l’an dernier, pionnier d’un logiciel destiné aux entreprises mais aussi au grand public.
50 ans et juste assez de recul pour laisser du temps à l’histoire de s’écrire et au mythe de se réinventer sans cesse. Ainsi, le 1er avril 2026, Apple, une des plus importantes sociétés de la tech au monde, a soufflé ses 50 bougies, et célébrer des réussites, des échecs et des inventions. Apple n’est pas né dans un garage. En revanche, la société s’est construite au fil du temps, un produit à la fois. Ce sont ces produits qui racontent le mieux, par certains aspects, son histoire, nous en avons dressé une sélection. Ils ne sont pas tous là bien sûr, nous avons retenu les plus illustres, les plus révélateurs, qu’ils soient les premiers d’une gamme ou ceux qui ont marqué un tournant.
Apple I/II (1976-1977): la naissance d’une idée et une première révolution
Lancé en 1976, l’Apple I est le tout premier ordinateur développé par Apple – c’est même pour permettre sa commercialisation que la société a été créée. En guide d’ordinateur, il faut plutôt imaginer une carte mère sur laquelle étaient pré-assemblés les composants, ce qui à l’époque était déjà un grand pas en avant vers le “grand public” d’alors. Les premiers modèles ont été vendus sans clavier, ni alimentation électrique et sans boîtier, avant d’avoir droit à une caisse en bois sur mesure. Il fallait le brancher à un téléviseur et il n’embarquait pas de stockage… Steve Wozniak devait passer 40 minutes à saisir sa version du BASIC, un langage de programmation très simple, avant chaque démonstration…
C’est lui qui a été assemblé dans la maison des parents de Steve Jobs, où il a rapidement colonisé une bonne partie de la cuisine, du salon… et du garage, où le père de Steve Jobs avait mis à disposition un établi et des caisses pour classer les composants. Le téléviseur familial était aussi réquisitionné, quand il ne servait pas à suivre les matchs du moment, pour réaliser les tests de chaque unité. L’Apple I est l’étincelle originelle, mais il n’a été vendu qu’à environ 175 exemplaires. Ce qui explique d’ailleurs sa rareté et donc son prix quand un modèle est mis aux enchères.
La vraie révolution vient de l’itération, déjà. Elle s’appellera l’Apple II et sortira en 1977. Elle est d’une certaine manière la somme de tous les apprentissages de deux Steve. Steve Wozniak voit grand et corrige les manques de son premier PC, alors que le marché progresse vite. Ainsi, l’Apple II embarquait une carte audio, un haut-parleur, de la mémoire vive plus performante, une version de Basic intégrée et même huit emplacements pour des extensions – ils furent d’ailleurs à l’origine d’une querelle entre les deux Steve, Steve Jobs voulant de la simplicité et deux slots seulement, quand Steve Wozniak voulait offrir le choix et l’évolutivité à son bébé. La victoire remportée par Steve Wozniak est sans doute à l’origine de son succès au long cours, décliné en de nombreuses versions, l’Apple II sera produit jusqu’en 1993…
Obsédé par l’optimisation, Steve Wozniak a réussi à produire un Apple II plus puissant avec moitié moins de composants – et un rendu en couleur, grâce à une astuce géniale! Une machine qui va durablement marquer les esprits, au point d’accompagner la naissance du jeu vidéo sur ordinateur. De son côté, Steve Jobs ne chômait pas plus. C’est lui qui va décider que l’ordinateur conçu par son associé et ami doit être intégré dans un boîtier. Alors que les PC se tournaient vers des boîtiers métalliques très industriels, lui va s’inspirer de l’électroménager et opter pour le plastique moulé, plus propre, plus moderne… Deux Steve, et un Apple II.
Macintosh (1984): une révolution en forme de coup interne
Si le Lisa est historiquement le premier ordinateur d’Apple à proposer aux utilisateurs ce qu’on connaît sous le nom de bureau, avec des fenêtres, des icônes, des menus, une souris et tout ce qui nous permet d’interagir aujourd’hui encore avec un ordinateur, il a été un échec de fait.
C’est le Macintosh qui a eu la charge et l’honneur de porter toutes ces nouveautés, glanées par Apple lors d’une visite du Xerox Palo Alto Research Center en 1979, et de les faire connaître au grand public « pour que 1984 ne soit pas comme 1984 ».
le tendance du Macintosh débute, à tout petits pas et avec une rédaction de quatre personnes, en 1979 sous le nom de code « Annie », sous la houlette de Jef Raskin, qui rebaptisera le projet du nom de ses pommes préférées, les McIntosh. Il modifiera la graphie du nom pour éviter « un procès avec le fabricant de matériel audio, McIntosh Laboratoy », nous explique Walter Isaacson dans sa biographie autorisée de Steve Jobs. 1982 et son lancement intervient donc en 1984.
Mais avant cela, Steve jobs qui aura lancé sans succès le Lisa va peu à peu prendre la main sur le projet, en transformant l’esprit initial: Jef Raskin voulait en faire un ordinateur pour le très grand public et donc très abordable, tandis que Steve Jobs voulait en faire une sorte de « machine idéale ». Mais c’est aussi cette vision qui va pousser le cofondateur d’Apple a opté pour un processeur plus puissant, le même que le Lisa, un Motorola 68000, qui seul permettait de faire tourner l’interface graphique voulue.
Steve Jobs eut l’occasion de faire usage de son champ de distorsion de la réalité, et constitua autour de lui une nos rédacteurs galvanisée, mue par un credo: « Mieux être un pirate que de rejoindre la marine ». Un drapeau pirate fut d’ailleurs hissé en haut du bâtiment Bandley 3 qui hébergeait l’équipe…
Il est intéressant de noter que cette culture de « l’insurrection » ou en tout cas de la désobéissance était également tolérée par Steve Jobs lui-même quand il en était la victime, mais mieux valait ne pas se planter… « Si l’avenir vous donnait raison, JObs appréciait cette attitude renégat, et ce refus de l’autorité. », écrit Walter Isaacson dans sa biographie. « Après tout, c’était ce qu’il avait toujours fait. »
Le Macintosh entrera dans l’histoire grâce à la géniale publicité de Ridley Scott, validée par Steve Jobs, contre l’avis du conseil d’aministration (qui le débarquera l’année suivante).
Newton (1993): le flop qui fera de grands hits
C’est l’histoire du produit qui avait tout compris avant tout le monde, mais a (presque) tout raté. Le Newton reste dans les annales d’Apple comme l’un de ses échecs les plus retentissants. Moqué, critiqué, loin des standards maison, il est, plus de 30 ans après, à l’origine de certaines de ses plus grandes réussites.
Le Newton naît dans l’esprit de John Sculley, alors patron d’Apple après avoir poussé Steve Jobs vers la sortie quelques années plus tôt. Sculley veut imposer sa vision d’un nouvel objet informatique: un assistant numérique personnel, ultra-portable, capable de gérer les contacts, l’agenda, les notes et les communications. Ancêtre de l’iPhone, vous avez dit? Il y a bien de ça dans le projet. Car Sculley veut un produit centré sur l’utilisateur, avec une interface tactile, une synchronisation de données, la possibilité d’envoyer des fax et mails, une reconnaissance de l’écriture manuscrite.
Le MessagePad, premier de la série Apple Newton, voit le jour en 1993. Il va populariser le terme PDA (Personal Digital Assistant) alors en vogue et ouvrir une nouvelle ère tech, mais sans en être le grand bénéficiaire. C’est un allié du quotidien, un mini-ordi en poche. Apple le présente comme « le futur de l’informatique ». Cependant, le futur n’est pas encore prêt.
La reconnaissance d’écriture déçoit, les performances sont limitées, l’autonomie insuffisante et il manque de logiciels pour l’accompagner. L’expérience devient frustrante pour un appareil vendu près de 700 dollars, une fortune à l’époque. Le Newton essuie les plâtres d’une vision trop ambitieuse pour les capacités tech d’alors.
Pourtant, l’idée est juste. L’aspect mobile et personnel séduit, l’interface tactile aussi. Il est perçu comme un prometteur assistant alors que le réseau mobile est encore balbutiant, la miniaturisation difficile et le cloud inexistant. De retour aux commandes, Steve Jobs y met fin en 1997, jugeant le produit trop complexe et pas en adéquation avec la vision qu’il veut impulser.
Ironie de l’histoire, 10 ans plus tard, l’iPhone reprendra une grande partie de l’héritage du Newton, exception faite du stylet que Jobs a toujours eu en horreur. Le Newton a inspiré la vision d’Apple, de ses smartphones et tablettes tactiles, sa notion d’assistant intelligent. Le Newton reste un véritable échec commercial, mais avec tous les éléments pour être visionnaire et redéfinir l’informatique. Sculley, le vendeur « d’eau sucrée » avait vu juste, simplement trop tôt.
iMac (1998 ): Apple est de retour
Alors que Steve Jobs mène son nouveau navire pirate, NeXT, Apple se fourvoit en attendant le renouveau, qui prendra forme avec le retour de Steve Jobs en 1997. Une renaissance marquée par la campagne Think Different (à voir si dessous dans une version, qui n’a finalement pas été retenue, où Steve Jobs lisait le fameux texte). Néanmoins, la première étincelle date de 1992, lorsqu’un jeune designer britannique, rejoint Apple. Un certain Jonathan Ive.
De leur rencontre va naître une amitié au long cours, mais aussi, plus immédiatement, le symbole de la renaissance des Mac: l’iMac. Rond, coloré, transparent, comme pour désacraliser la machine, il rompt avec les boîtiers en plastique beige, qu’un certain Steve Jobs a contribué à instaurer en standard en 1977 avec l’Apple II.
C’est une réinvention, et un pas vers un nouvel âge. L’iMac devait être le Mac du réseau, le Mac pour Internet, adaptation du concept d' »ordinateur de réseau », inventé par Larry Ellison. Autrement dit, il devait être peu coûteux et ne même pas avoir de disque dur.
Il en embarquera un finalement, ainsi qu’un lecteur de CD. En revanche, Steve Jobs et Jonathan Rubinstein, un ancien de chez NeXT qui l’a suivi lors de son retour chez Apple, décide de ne pas inclure de lecteur de disquette. Le futur est à ce prix et Steve Jobs justifie ce choix par une citation d’une star du hockey, devenue célèbre grâce à lui: « Je patine à l’endroit où le palet va être, et non là où il a été ». Jonathan Rubinstein va également adopter la plateforme qui donne vie au Power Mac G3 – le Mac de bureau le plus puissant du moment.
Le nom iMac fut proposer par Ken Segal, un des publicitaires de la célèbre agence TBWAChiatDay, en charge de la promotion du nouvel ordinateur au design radical. Si radical d’ailleurs, que l’équipe de communicants était « consternée » la première fois qu’elle vit ce qui deviendrait l’iMac.
L’iMac est aussi la renaissance du tout-en-un, une reformulation du Macintosh, et la première pierre d’une gamme qui va continuer d’évoluer et de se réinventer. Avec l’iMac tournesol, pour lequel les équipes d’Apple ont réussi à suffisamment miniaturiser les composants pour les contenir dans une base demi-sphérique, laissant un écran ajustable « flotter » au niveau des yeux au bout d’un bras articulé. Puis les composants se glissèrent derrière l’écran et l’iMac s’affina, encore et encore, jusqu’aux modèles en aluminium et à nouveau colorés qui tournent désormais sur des puces M4.
Mais avant que cette longue lignée n’existe, vint l’heure du lancement du premier iMac, le 6 mai 1998. Après quelques colères mémorables, notamment liées à la trappe à CD qui n’était pas conforme à ce que Steve Jobs voulait – une version mange-disque, la keynote eut lieu, avec, en ouverture, des remerciements de Steve Jobs: une reconnaissance du rôle historique de Steve Wozniak et Mike Markkula, un sourire aux équipes d’Andy Hertzfeld, et à l’ancienne équipe des « pirates ». Puis l’iMac prit la lumière, s’activa lorsque la souris fut bougée du bout de la main par Steve Jobs, et un message apparut à l’écran: « Hello », avec la même police de caractère que sur le Macintosh de 1984, puis un autre mot « again ». Le Mac était de retour.
Powerbook (2001) : la révolution silencieuse et sinueuse
L’histoire du Powerbook et des prémices de l’ordinateur portable chez Apple n’a rien de la success story immédiate. Pas même après quelques années. Ce fut un chemin de croix par moments. A la fin des années 1980, alors que le Macintosh est en bonne voie, l’idée de pouvoir emporter son ordinateur en mobilité tient du fantasme. Apple veut embarquer l’informatique n’importe où.
Naît ainsi l’idée du Macintosh Portable. Un nom qui sonne comme une évidence, un projet ambitieux, mais au final, un énorme raté. En 1989, la miniaturisation n’est pas véritablement de mise. L’appareil pèse plus de 7 kg. On peut le prendre, mais la discrétion et la portabilité ne sont pas son fort. Trop cher et encombrant, il ne trouve pas son public. Pourtant, l’intuition est la bonne. Bientôt, on ne voudra plus vivre l’informatique à son seul bureau, mais partout. Il a déjà des atouts clés: sa batterie longue durée pour l’époque et un écran plutôt de bonne facture.
Il faudra attendre 1991 et le lancement du Powerbook pour voir le véritable premier envol de l’ordinateur portable, avec ses seulement 2,3 kg. Ce n’est plus un mini-ordinateur dans l’esprit, mais un produit à part, avec un clavier plus reculé qui laisse de l’espace aux poignets et un trackball au centre. Mais surtout, il est pensé pour être utilisé sur ses genoux. Et l’histoire veut que tout cela ne soit qu’un accident: les ingénieurs ont simplement reculé le clavier pour gagner de la place avant de découvrir que c’était plus ergonomique. L’idée perdurera et le Powerbook devient une référence pour l’industrie. Il a posé les bases du design du PC portable, peaufiné sa copie au fil du temps, remplaçant le trackball par le pavé tactile.
L’heure de gloire du Powerbook arrive en 2001 avec la version G4 Ttitanium. Son design a été repensé, il est plus fin, plus léger, son châssis métallisé. Enfin, l’ordinateur portable est un bel objet que l’on veut aussi pour son look. Apple lui a également décalé les ports sur les tranches latérales pour faciliter l’usage. Pari gagnant. Du Macintosh au Powerbook G4, Apple a fait l’ébauche de son futur Macbook, instaurant des principes de design, d’usages et d’ergonomie qui sont devenus les standards désormais des ordinateurs portables. Si Apple n’a pas inventé l’ordinateur portable, il a quelque part inventé la façon de l’utiliser.
Mac mini (2005): champion de la miniaturisation, du petit prix et la guerre contre le PC
En 2002, l’iMac tournesol a marqué un grand pas en avant dans la miniaturisation et l’optimisation de la disposition des composants dans les Mac de bureau. Mais, trois ans plus tard, en 2005, Apple fait encore mieux et introduit son Mac mini. Le minimalisme fait ordinateur! Un parallélépipède de 16,51 cm de côté et de 5,1 cm de haut, livré sans écran, clavier ou souris. Apple détourne un acronyme pour lui, il est l’incarnation du BYODKM, pour Bring Your Own Display, Keyboard and Mouse (Apportez votre propre écran, clavier et souris), détournement du classique BYOD (Apportez votre propre appareil). Le Mac mini va connaître une longue existence, toujours d’actualité, faite de haut et de bas.
Quand Steve Jobs le présente lors de la Macworld de janvier 2005, l’idée est simple, c’est le Mac le moins cher jamais vendu, à un peu moins de 500 dollars. Il est censé porter le fer dans le monde des PC et séduire les utilisateurs de Windows, qui pourront s’en servir avec leur clavier et leur souris. Il sera d’ailleurs une des matéralisations réussies de la campagne « Get a mac », qui a si joliment opposé, avec humour, PC et Mac de 2006 à 2009.
Sa compacité lui permettra d’être toujours à la pointe des grands bouleversements dans le monde du Mac, que ce soit pour le passage aux processeurs Intel ou l’adoption des puces Apple Silicon. Le Mac mini est un véritable terrain d’expérimentation. Il a ainsi été un des pionniers dans le passage au tout numérique, quand il s’est vu retirer son lecteur de DVD. De même, il a également permis aux ingénieurs d’Apple de travailler à l’intégration de l’alimentation à l’intérieur d’un boîtier compact. Un savoir-faire qui s’avérera précieux pour les iMac notamment.
Il est aussi assez évident que sans le Mac mini, le Mac Studio, héritier et remplaçant des Mac Pro ne serait pas là aujourd’hui. Rendu possible par le passage aux puces Apple Silicon, le Mac Studio n’est rien d’autre qu’une réinterprétation de ce que nombre d’utilisateurs faisaient avec le Mac mini quand ils les empilaient pour constituer des mini fermes de calcul ou de rendu. En effet, certains développeurs, monteurs de vidéos, ou scientifiques ont empilé les unités pour obtenir une alternative aux serveurs Apple disparus.
Bref, on aurait tort de sous-estimer le Mac mini. Mini, peut-être, mais effet maxi, c’est certain, même plus de 20 ans après son introduction.
iPod (2001): et Apple cessa de n’être qu’une entreprise d’ordinateurs
“Ceci n’est pas un Mac ». Lorsque, ce 23 octobre 2001, Steve Jobs sort de sa poche un mini-appareil, personne ne sait encore à quel point celui-ci va bouleverser son secteur. Quand l’iPod arrive, le MP3 existe déjà, les lecteurs aussi. Sony et d’autres ont amorcé la révolution dans la façon d’écouter de la musique. Apple va saisir “le petit truc” qui change tout.
Son lecteur musical peut embarquer 1.000 chansons. Il s’inscrit dans un écosystème pensé de bout en bout par Steve Jobs qui veut contrôler toute la chaîne, du logiciel au matériel: un logiciel iTunes, une expérience simplifiée pour importer, organiser et transférer sa musique depuis un Mac vers un lecteur de la taille d’un paquet de cartes à jouer. Apple encadre les usages avec des protections (ou verrous) numériques, tout en simplifiant l’achat à l’unité, plus seulement en album entier. Un modèle est d’ores et déjà bouleversé.
Entre fin 2000 et mi-2001, en moins de 10 mois, l’iPod – nom rendant hommage à la capsule Pod de 2001, l’Odyssée de l’espace – voit le jour. Il naît de la compilation de plusieurs idées: Apple obtient les droits exclusifs d’un disque dur de 1,8 pouce développé par Toshiba, fait venir Tony Fadell, programmeur un peu décalé qui a déjà tenté de vendre en vain une idée de lecteur à Sony ou encore Philips, et suit l’intuition de Phil Schiller avec sa molette pour naviguer dans les menus. Jonny Ive intervient pour définir le design iconique de l’iPod. Les débuts de l’iPod sont compliqués. Il ne fonctionne qu’avec un Mac à une époque dominée par les PC Windows. Apple finit par céder en 2003 et l’iPod s’ouvre aux PC. Le succès est immédiat.
Les maisons de disques se laissent, elles, séduire par le chant des sirènes de l’iTunes Store et la simplicité de ce petit appareil qui promet de protéger les titres du piratage. U2 aura droit à sa version spéciale de l’iPod, qui représente désormais 40% des bénéfices d’Apple et fait entrer l’entreprise dans une autre dimension.
Plus petit, plus fin, plus grand, tactile, avec de la vidéo: l’iPod va en voir de toutes les formes et toutes les couleurs durant 20 ans. Le 10 mai 2022, Apple met fin à sa production. Il aura inspiré, par son design et son approche, l’iPhone, par sa molette la couronne de l’Apple Watch, du Vision Pro ou encore des AirPods Max. Mais l’iPod a aussi repensé l’industrie musicale et la façon d’écouter de la musique. Il a aussi changé à tout jamais Apple en en faisant une entreprise grand public et plus un simple fabricant d’ordinateurs. De solides bases pour un futur radieux.
iPhone (2007): une nouvelle ère pour Apple
Il fut un temps où tout était « révolutionnaire » ou « amazing » (incroyable) pour Apple. Cela n’a sans doute jamais été aussi vrai qu’avec cet étrange appareil sorti de la poche (lui aussi) de Steve Jobs, en ce mois de janvier 2007. Ce jour-là, il n’annonce pas une, mais trois révolutions en un seul produit: « un iPod, un téléphone et un appareil internet ». Une présentation aussi brillante que chaotique, mais qui va changer la trajectoire d’Apple. Et celle de l’industrie de la téléphonie. Dire qu’Apple n’était même pas propriétaire du nom « iPhone », détenu par Cisco qui avait déjà lancé des téléphones Internet (VoIP) sous ce nom… Mais l’affaire sera rapidement réglée entre les deux parties sans que l’on en ait les détails financiers.
Une fois encore, la marque californienne n’est pas pionnière en son domaine. Le smartphone existe déjà, mais il n’est pas encore suffisamment sexy et vendeur pour faire recette. Blackberry domine le marché pro avec son téléphone à clavier, Nokia est leader sur le grand public. Mais aucun n’a trouvé la formule parfaite entre le clavier, la navigation dans un menu, les multiples usages, l’écran tactile… Apple voit le potentiel et va repenser l’idée du téléphone. Le clavier physique disparaît, l’écran devient central, tactile et multipoint. Ce sera l’élément qui change tout. Du bout du doigt, tout devient naturel.
L’iPhone se distingue par sa capacité à tout réunir: logiciel, matériel et services. En 2008, le lancement de l’App Store le rend encore plus personnel, adapté aux usages et besoins de chacun. Pourtant, à son démarrage, il n’est pas compatible 3G, l’appareil photo est ultra limité et de nombreuses fonctions lui manquent. Mais il a déjà l’essentiel: une expérience fluide, cohérente et unifiée. Il va révolutionner un secteur de marché, tout redéfinir et entraîner à sa suite toute une industrie, faisant d’un produit préexistant un incontournable. S’il a depuis été souvent dépassé par la concurrence en matière d’innovations, l’iPhone garde la prouesse d’être toujours celui qui est scruté de près, celui auquel ils veulent tous ressembler et duquel on en attend toujours plus que de la concurrence.
MacBook Air (2008): quand les Macbook entrent dans l’ère de l’ultraportabilité
Alors que le monde des PC sombre dans la folie des netbooks, des PC très petits formats et légers, mais peu puissants et généralement dotés d’écrans de piètre qualité, le petit monde de l’informatique s’attendait à ce qu’Apple suive cette tendance. Au lieu de ça, Steve Jobs introduit le « portable le plus fin au monde » et puisqu’une image vaut mille mots, il sort l’ordinateur nonchalamment d’une enveloppe.
Le premier Macbook Air ne pèse que 1,36 kg et est assurément un PC portable et pas un ersatz, comme les netbooks. Il embarque un module de stockage SSD et non pas un disque dur, technologie largement plus répandue à l’époque. Certes, la connectique est très réduite, trop réduite, certes le lecteur de DVD disparaît, mais l’ultraportabilité vient d’être définie et on sait désormais que le marché va devoir s’aligner.
La petite histoire dit que c’est en visant les laboratoires d’Intel que Steve Jobs aurait vu une nouvelle plate-forme encore en cours de développement et aurait négocié d’en avoir l’excluvisité. Il savait déjà que ses équipes développeraient le design qui correspondrait à ce grand changement.
Le Macbook Air évoluera ensuite, porté par la montée en puissance des puces Intel. Il changera de format, à 11 et 13 pouces, puis 13 et 15, pour finir. Il deviendra le best seller des Macbook… et basculera bien évidemment parmi les premiers dans le monde des puces Apple Silicon.
18 ans plus tard, il demeure toujours l’ultraportable à abattre par la concurrence, même si Intel et AMD ont musclé leurs offres récemment, et même si Qualcomm est désormais très sérieusement entré dans la bataille des PC portables…
iPad (2010): l’appareil inutile devenu indispensable
À quoi ça peut bien servir? C’est la intervention en janvier 2010 lorsque Steve Jobs dévoile… « un grand iPhone ». Trop grand pour tenir dans une poche, plus limité qu’un ordinateur avec ses applications et son écran de 9,7 pouces, il intrigue autant qu’il divise. Pourtant, l’iPad est exactement là où son créateur le voit: entre les deux mondes, un monde Post-PC prophétise-t-il. Il doit servir à lire plus confortablement que sur un iPhone, regarder des vidéos, jouer ou naviguer plus tranquillement. Le tout avec une simplicité d’usage supérieure à celle d’un Mac.
Apple n’invente pas les tablettes tactiles. Les premiers modèles ont déjà vu le jour, sans rencontrer un grand succès. C’est le talent de la firme de Cupertino: savoir saisir le moment pour arriver sur un marché, en bouleverser les usages pour en faire une évidence. Le premier iPad est un produit solide: un écran de qualité, une autonomie honnête et un App Store fourni. L’interface, héritée de l’iPhone est déjà parfaitement maîtrisée. La légende raconte qu’un enfant sud-américain qui, s’approchant d’un prototype dans les mains d’un des ingénieurs d’Apple, a donné raison à toute l’équipe en comprenant immédiatement et intuitivement comment s’en servir.
Néanmoins, l’iPad démarre timidement sa vie. Perçu comme un acolyte de canapé un peu gadget quand on a déjà un iPhone, il peine à trouver sa place. Ce sont les secteurs qui vont définir sa mission et sa ligne de conduite: l’éducation, la création, l’entreprise. L’iPad s’adapte aux besoins de chacun pour devenir un outil de travail comme de divertissement.
Il se bonifie avec le temps, s’affine, gagne en puissance et en déclinaisons (Numéroté, Air ou Pro). Il sera même en mini, mais avec plus ou moins de réussite. Compatible avec un Apple Pencil comme un clavier sans fil, il brouille les frontières. Avec l’ajout de la puce M maison, il devient une alternative crédible aux PC Windows moins puissants que lui. L’iPad a réussi à créer une troisième voie entre l’iPhone et l’ordinateur. Un appareil pensé pour consommer du contenu ou le créer, capable de devenir un outil de montage, de tournage comme de créativité artistique. Un objet qui ne devait pas être tant personne ne voyait son utilité et qui a su devenir indispensable à un besoin que personne n’avait vraiment.
Mac Pro (2013): la puissance pro sous l’ère Intel
Apple a connu trois grandes familles de processeurs pour ses machines, les processeurs Powerpc, les puces Intel et désormais les SoC Apple Silicon. Assez rapidement, les Power Mac ont émergé comme les machines les plus puissantes qu’Apple pouvaient destiner aux professionnels. Avec le passage aux puces Intel en 2006, apparaissent les Mac Pro.
Apple va faire évoluer les tours qu’il avait développé précédemment pour les Powerpc. En 2013, après avoir longuement négligé ses machines professionnelles, Apple introduit un design vraiment révolutionnaire, compact, cylindrique, qui fera dire à Phil Schiller, en réponse aux commentaires sur le incident qu’Apple n’innovait plus: « Can’t innovate anymore, my ass » (« Plus capable d’innover? Mon cul… »).
Hélas, pour les ingénieurs d’Apple, ce design a été conçu pour disperser la chaleur de cartes graphiques multiGPU. Or, le marché évolue vers des cartes monoGPU bien plus puissantes et gourmandes en énergie. Le Mac Pro cylindrique de 2013 devient ainsi un échec cuisant et condamne durablement cette gamme. Le tout-design vient clairement de percuter un mur…
Il faudra attendre 2019 pour qu’Apple remette au pot en proposant un design plus traditionnel, pensé pour des configurations puissantes et évolutives. Elles reposent sur des processeurs Xeon, d’Intel, et jusqu’à 1,5 To de mémoire vive. Les professionnels sont de retour et en force…
Problème, Apple bascule dès l’année suivante vers ses propres puces, où la partie processeur central et celle du processeur graphique sont fusionnées, tandis que la mémoire vive est soudée. L’évolutivité n’est donc plus de mise et le Mac Studio, sorte de Mac mini sous stéroïde, offre ce que ces puces ont de meilleur à proposer… Après 20 ans de bons et loyaux services, et de désamour, le Mac Pro tire sa révérence, Apple officialisant son arrêt à la fin du mois de mars dernier.
Apple Watch (2014): l’heure de partir à la conquête du marché de la santé
C’était le premier “one more thing” (“une dernière chose” en français) de Tim Cook depuis qu’il avait pris la succession de Steve Jobs. Nous sommes en septembre 2014 et le patron d’Apple a emprunté cette célèbre phrase à son prédécesseur pour présenter sa première nouveauté depuis son arrivée à la tête de l’entreprise. Une extension de l’iPhone au nom évident de simplicité: l’Apple Watch.
Après les premières images de cette montre connectée, Tim Cook revient avec un modèle au poignet et sous les applaudissements de toute la salle. Si l’entreprise n’a pas créé une nouvelle gamme sur le marché, elle a su s’imposer dans un secteur encore balbutiant. L’Apple Watch n’a pourtant pas connu des débuts faciles: là où les premières montres connectées se destinent aux sportifs, le groupe de Tim Cook a fait le pari de proposer un appareil haut de gamme, pour le grand public et uniquement compatible avec ses iPhone.
Il faut dire que son design carré en a aussi rebuté plus d’un au départ, alors qu’Apple misait dessus pour se démarquer de la concurrence, et pour l’affichage des notifications. Tout comme son prix plus élevé par rapport à ses rivaux, notamment avec des modèles en alliage d’or 18 carats à 18.000 euros.
L’Apple Watch, qui a fêté ses dix ans l’année dernière (elle a été officiellement lancée en avril 2015), a depuis bien évolué, permettant de faire bien plus qu’envoyer et recevoir des messages, suivre ses entraînements et payer depuis son poignet. Une évolution qui a commencé dès l’Apple Watch Series 3, en 2017.
C’était le premier modèle de l’entreprise à disposer de la connectivité cellulaire, permettant de passer des appels et d’envoyer des messages sans avoir son iPhone à proximité. Depuis, Apple a agrandi l’écran de sa montre connectée, qui peut rester allumé, mais surtout mis l’accent sur la santé.
Électrocardiogramme, suivi du cycle menstruel, hypertension… l’entreprise a multiplié les fonctions dédiées à la surveillance de la santé, qui ont permis de sauver des vies dans certains cas. Mais tout en rappelant que son Apple Watch ne remplace pas un médecin.
Le géant américain a également fait évoluer sa gamme de montres connectées afin de séduire un plus grand nombre d’utilisateurs, avec l’Apple Watch SE – modèle d’entrée de gamme – dès 2020, et l’Apple Watch Ultra – modèle premium destiné aux aventuriers – depuis 2022. Deux déclinaisons qui, contrairement aux Series, ne sont pas renouvelées chaque année. Ce qui est peut-être une bonne chose avec la version classique qui change peu d’année en année, voire pas du tout sur certains aspects comme son autonomie. Mais cela n’empêche pas l’Apple Watch d’être la montre connectée la plus vendue au monde.
AirPods (2016): de la moquerie au standard copié
Dans la logique de Steve Jobs, il y avait cette volonté de tout gérer d’un bout à l’autre. En 2016, au lancement des Airpods, l’homme n’est plus là, mais il n’aurait pas renié cette invention des siens. Après iTunes, l’iTunes Store et l’iPod, Apple complète son univers audio avec les Airpods. La musique s’écoute encore majoritairement en filaire à l’époque, certains s’essaient timidement au sans-fil, mais on est loin de la démocratisation. Apple va en faire une évidence. Et pourtant, à leurs débuts, les écouteurs d’Apple sont moqués, raillés.
« Embout de brosse à dents », « coton-tige » dans les oreilles, les Airpods ont un design qui intrigue, détonne avec les habitudes de la marque, déroute… Ce sera d’abord l’incompréhension et la succession de détournements. Pourtant, les Airpods sont un produit abouti. Apple répond à une volonté de simplification: vous ouvrez, ils se connectent instantanément à votre smartphone ou votre Mac et la musique se lance (ou l’appel, ou la visio, ou le visionnage de la vidéo…). Rien de plus compliqué et ce sera la recette du succès. On les met pour écouter de la musique, on les retire et elle s’arrête. Un geste suffit pour prendre un appel ou pour raccrocher.
Les Airpods sont un peu plus chers que les écouteurs traditionnels. Ce ne sera pas longtemps un souci tant la facilité d’usage l’emporte. La révolution des écouteurs sans-fil est en marche et Apple va entraîner dans son sillage toute une industrie. Le design devient un standard copié. Au fil du temps, les Airpods deviennent Pro, s’enrichissent de la réduction de bruit, de l’audio spatial, se muent en casque aussi avec l’arrivée des Airpods Max. En bientôt 10 ans, les Airpods sont devenus le symbole de la vista d’Apple: l’entreprise n’a rien inventé, elle a compris l’évidence de l’existant et l’a peaufiné pour en faire une norme incontournable.
Apple Vision Pro (2023): premier pas vers la réalité mixte
Coûteux et clairement destiné à un marché de niche, l’Apple Vision Pro est porteur de bien des attentes, trop, même, sans doute. En définitive, il incarne tout à la fois la dernière incursion en date du géant de Cupertino dans un nouveau segment de produits et les limites de ce que peut faire un géant, aussi puissant soit-il.
Qu’on l’appelle casque de réalité virtuelle, de réalité augmentée, de réalité mixte ou de spatial computing, le Vision Pro définit la “vision” d’Apple pour un secteur qui n’est pas encore mûr, qui se situe en entre-deux. Le Vision Pro aussi incroyable qu’il soit par la qualité de sa conception, ses brillantes trouvailles ergonomiques, les performances de ses composants ou le génie de son design n’a pas bousculé le marché. Il a en définitive juste prouvé que ce facteur de forme est en devenir, une étape vers des lunettes qui s’intégreront totalement au quotidien un jour ou l’autre.
Pour l’heure Apple semble laisser la place à Meta et une kyrielle d’autres acteurs de toute taille. En attendant qu’il débarque sur le marché et réussisse cette fois-ci, comme si souvent par le passé à définir le cap à suivre?
MacBook Neo (2026): le pari de l’accessibilité
Apple n’innove cette fois pas sur la forme ni le fond, mais sur la philosophie et la stratégie. Pour la première fois, l’entreprise de Cupertino va proposer un ordinateur à prix d’entrée plus bas que ses standards. A 700 euros (hors réduction étudiante), avec un appareil premium et coloré, de la puissance tirée de l’iPhone (puce A18 Pro) plutôt que de ses puissantes puces M, le Macbook Neo vise un nouveau public: les étudiants, jeunes actifs et professionnels qui veulent plus de mobilité que de puissance en tête.
La marque ne joue pas la débauche de puissance ou d’innovations, le Macbook Neo est un concentré du savoir-faire maison pour des usages simples (productivité, navigation, streaming, etc.), sans pour autant tomber dans le recyclage de l’existant à « bas coût ». Sur la feuille, le produit est un quasi-sans-faute pour entrer dans l’écosystème. Apple tente une opération séduction pour élargir sa base par l’accessibilité et non l’innovation sans renier son ADN premium. L’avenir dira si Tim Cook a vu juste avec cette approche loin des habitudes.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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