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6 avril 2026Reuters.com
6 avril 2026Mali: face à la dégradation des services essentiels, la coalition d’opposition CFR appelle à la mobilisation
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Points importants
Au Mali, la Coalition des forces pour la République (CFR) estime que « la situation du pays n’est plus tolérable ». Portée par l’imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique du Mali devenu opposant en exil, cette coalition réagit, dans un communiqué diffusé pendant le week-end du 4-5 avril, à la dégradation des conditions de vie des Maliens : pénurie de carburant, coupures d’électricité de plus en plus longues… La CFR appelle à la mobilisation, pacifique, pour exiger la démission des autorités de transition.
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« Le constat, c’est que les problèmes d’électricité, de carburant, d’accès à l’eau, à la sécurité, deviennent monnaie courante à travers tout le pays, déplore Etienne Fakaba Sissoko, porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR). Ils traduisent très clairement une difficulté profonde : celle des autorités, incapables de trouver la moindre solution aux préoccupations des populations. Face à ce constat, nous disons qu’il est temps que des voix se lèvent pour mettre fin à tout cela et permettre au pays de repartir sur de nouvelles bases. »
« La résilience ne saurait être un programme »
Face au contexte international de guerre au Moyen-Orient et, à l’intérieur du pays, à la menace terroriste, les appels à la résilience des autorités de transition ne devraient-ils pas plutôt être écoutés ? « La résilience ne saurait être un programme de développement ou une déclaration de politique générale, déclare l’universitaire malien. Cela fait six ans maintenant que les populations ont tout accepté, y compris l’insécurité, y compris l’augmentation vertigineuse du coût de la vie. Mais aujourd’hui, c’est le minimum vital qui manque. »
Le Mali est confronté, comme tous les pays du monde, à l’augmentation des prix du carburant et des coûts de transport, conséquences de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz. Outre ces difficultés, le pays est confronté depuis le mois de septembre 2025 à l’embargo décrété par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, sur les importations de carburant. Les convois de camions citernes en provenance du Sénégal et de Côte d’Ivoire ne circulent plus que sous escorte militaire. Depuis sept mois, l’approvisionnement en carburant est erratique et largement insuffisant, avec des conséquences importantes sur la fourniture d’électricité et, dans une moindre mesure, d’eau.
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Services publics intermittents
« L’État est en train de se fragiliser », affirme Etienne Fakaba Sissoko. On ne parle pas d’effondrement total mais on parle d’une désorganisation progressive, qui a commencé depuis six ans maintenant. Les services sociaux, les services publics deviennent des choses que l’on ne voit que par intermittence. Et aujourd’hui, l’anticipation, qui doit être le socle de toute gouvernance, a totalement disparu. »
« Le contexte international ne saurait être un alibi ! Les difficultés que les Maliens vivent au quotidien datent d’il y a six ans », rappelle encore le porte-parole de la CFR. Les autorités de transition se maintiennent au pouvoir, sans élections, depuis le coup d’État militaire d’août 2020. « Les questions liées à la démocratie, aux libertés individuelles et collectives, et les conditions d’insécurité permanente que vivent les populations ne datent pas d’il y a quelques jours ! C’est quelque chose qui est vécu par les populations dans leur chair et dans leur âme », avance encore Etienne Fakaba Sissoko.
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Désobéissance civile
La CFR, par la voix de son porte-parole, appelle donc à la résistance pacifique pour exiger le départ des militaires au pouvoir : « Pour nous, aujourd’hui, il est question de rassembler toutes les forces sociales et politiques, l’armée nationale, conscients que la situation actuelle est intenable. »
Etienne Fakaba Sissoko a lui-même été emprisonné par les autorités de transition avant de fuir le pays, en raison de ses prises de position trop critiques. S’il vit désormais en exil, il sait mieux que quiconque la difficulté de se mobiliser dans le Mali de transition, où toute velléité de contestation est étouffée par la Sécurité d’État – enlèvements et détentions au secret – ou par la Justice – procédures instrumentalisées –. « Cela passera par la désobéissance civile, espère le porte-parole de la CFR. Le départ de la junte doit être le aspect de départ de la reconstruction de notre pays. »
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Source : www.rfi.fr
Conclusion : Nous restons attentifs à cette actualité et à son évolution.

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