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Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « ils ont renoncé à payer une mutuelle et expliquent pourquoi – franceinfo ».
À savoir
En France, 3,4% de la population ne dispose pas d’une complémentaire santé, selon les données du ministère de la Santé publiées mercredi. Si certains invoquent des raisons financières, d’autres préfèrent se passer de ces services pour des motivations plus politiques.
Cela fait maintenant quelques semaines que Félix tergiverse. Va-t-il prendre ce rendez-vous chez un spécialiste, comme le lui a recommandé son médecin généraliste ? « Je ne me sens pas à l’aise, j’y vais à reculons car je sais que les tarifs peuvent très vite monter, explique cet éditeur de 39 ans, qui vit en région parisienne. Avec 2 000 euros par mois, je travaille les week-ends au noir sur les marchés pour pouvoir tout payer. » Cela fait maintenant deux ans que ce père de trois enfants vit sans complémentaire santé, prenant ainsi à sa charge tout ce que ne rembourse pas l’Assurance-maladie.
Comme Félix, 3,4% de la population française n’est pas couverte par une complémentaire santé (mutuelle, assurance ou prévoyance), selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiées mercredi 1er avril. Cette absence de couverture « s’explique d’abord par des raisons financières » puisqu’« une personne non couverte sur trois déclare ne pas avoir les moyens de souscrire à une complémentaire santé », explique cet organisme qui dépend du ministère de la Santé.
L’enjeu est de taille, puisque la couverture d’une complémentaire santé « préserve du renoncement aux soins », selon la Drees. Elle observe que « les bénéficiaires de la CMU-C », cette couverture maladie universelle complémentaire devenue complémentaire santé solidaire (C2S) entièrement financée par l’Etat et dédiée aux personnes aux ressources modestes, « renoncent cinq fois moins » aux soins que ceux qui n’en ont pas. En particulier pour les soins dentaires et optiques, pour lesquels les restes à charge pour les assurés sont les plus élevés.
Surtout, renoncer aux soins peut avoir des conséquences délétères sur la santé publique ainsi que sur celle des patients : une pathologie non prise en charge peut s’aggraver ou devenir chronique, alors que les soins sont souvent plus efficaces lorsqu’ils sont précoces.
C’est le cas de Félix, qui, avec ses revenus, un loyer à 800 euros et une pension alimentaire fixée à 600 euros mensuels, ne parvient plus à payer de mutuelle, qui s’établirait à 100 euros par mois au vu de ses besoins. « Lunettes, dentiste, spécialistes… Sans mutuelle, il y a des rendez-vous que je ne prends pas, reconnaît-il. La dernière fois que j’ai vu un spécialiste, c’était cet été pour consulter un ORL. J’ai demandé à ce qu’on me prête de l’argent pour y aller. » Quand il était au chômage, cet éditeur était couvert par la CMU. « A cette époque-là, je ne me posais aucune question », se rappelle-t-il.
Selon les données de la Drees, la part des personnes sans complémentaire santé demeure « relativement stable, voire en légère baisse depuis 2010 ». En revanche, elle reste « toujours plus élevée chez les plus modestes », avec 7% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté (qui correspond à 1 288 euros par mois pour une personne seule, selon l’Insee, et 2 705 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans) sans aucune complémentaire. Et ce, malgré la mise en place de la C2S.
En Corse, Emilie et son mari ont bénéficié de cette complémentaire solidaire jusqu’en juin 2025. Mais depuis qu’il a retrouvé un travail, la famille dépasse « de pas beaucoup » le plafond lui permettant d’en bénéficier. « Du coup, le budget est plus serré. On étudie chaque frais et on préfère ne pas payer », explique cette infirmière de formation, désormais mère au foyer.
Son mari, lui, dispose bien d’une mutuelle avec son entreprise, mais y ajouter Emilie et leur fille de 3 ans serait trop onéreux pour le foyer, qui dispose de 25 000 euros de revenus annuels. « On a mis notre fils de 12 ans sur la mutuelle de mon mari car il porte des lunettes, a un suivi en pédopsychiatrie et va devoir porter un appareil dentaire. Mais c’est le seul de la famille pour qui la mutuelle est rentable, estime-t-elle. Pour notre fille, tous les rendez-vous sont entièrement pris en charge. »
Emilie a fait le calcul : depuis le mois de juillet, si elle avait souscrit à une complémentaire santé, celle-ci ne l’aurait remboursée que de 106 euros, soit quasiment 12 euros par mois. « Quelle que soit ma mutuelle, j’aurais payé plus, donc je serais perdante, décrypte la quadragénaire. Je me prive un peu sur les lunettes, je les fais changer moins souvent. Et de toute façon, il faudrait que je cotise beaucoup pour qu’elles soient bien remboursées. »
Toutefois, elle sait que ce calcul a une limite. En cas d’hospitalisation, le forfait hospitalier (de 23 euros par jour à l’hôpital ou en clinique et 17 euros par jour dans un service psychiatrique) n’est pas pris en charge par l’Assurance-maladie. « On préfèrera payer. Cela fait à peu près seize ans qu’on fonctionne sans et ça ne nous a jamais manqué. On a toujours été gagnants », assure-t-elle.
Cette mère de famille n’est pas la seule à avoir sorti sa calculatrice. En France, la mutuelle est obligatoire depuis 2016 pour les salariés d’entreprise et depuis 2025 pour les fonctionnaires. Mais ce n’est pas le cas pour les retraités et les travailleurs indépendants, créant ainsi un système « très inégalitaire », selon France assos santé.
L’association pointe « une fracture (…) entre les contrats collectifs, réservés aux salariés, et les contrats individuels, plus onéreux et moins protecteurs ». En effet, « les contrats collectifs bénéficient d’un tarif négocié, avec une obligation légale pour l’employeur de financer au moins 50% de la cotisation », détaille l’organisme. Mais pour les personnes qui en sont exclues, elles « doivent assumer l’intégralité du coût, souvent majoré par leur âge ou leur état de santé ».
A la suite de notre appel à témoignages, nombre d’entre eux nous ont confié avoir renoncé à une complémentaire santé à cause de prix trop élevés au vu des remboursements proposés. C’est par exemple le cas de Dominique, 70 ans, ex-cadre de santé dans la fonction publique. « Quand je suis partie à la retraite, je payais environ 70 euros par mois, avec des remboursements corrects. Mais avec les augmentations de ces dernières années, j’étais arrivée à 110 euros par mois. Et ce, avec des remboursements toujours plus faibles et des plafonds toujours plus réduits », tance-t-elle.
« Je me suis rendu compte que je payais environ 1 320 euros par an, pour 200 euros de remboursements. »
Dominique, retraitée de la fonction publique hospitalièreà franceinfo
Idem pour Quentin. Cet entrepreneur de 41 ans et père de trois enfants a constaté qu’il dépensait entre 1 000 et 1 500 euros chaque année, « surtout pour les enfants », alors qu’une mutuelle aurait coûté entre 2 000 et 4 000 euros. Dans les Bouches-du-Rhône, Christian et sa femme sont parvenus à la même conclusion. Ces deux anciens exploitants agricoles, qui cumulent 2 000 euros de retraite, ont décidé d’en finir avec les 200 euros de complémentaire santé qu’il payaient tous les mois.
« J’ai calculé cela longuement, car cela peut être angoissant de se couper d’une mutuelle, reconnaît Christian. En ayant connu quelques soucis de santé, dont un cancer de la peau, j’ai constaté qu’à l’hôpital, je ne payais quasiment rien. Idem pour mes examens médicaux, que je fais à l’hôpital tous les quinze jours. » Et lorsqu’il réalise « régulièrement » des endoscopies et des coloscopies, en clinique, il s’acquitte des dépassements d’honoraires. « De toute façon, avec la mutuelle que nous avions, je les payais quand même. En faisant les calculs, même à mon âge, ce n’est pas rentable d’en avoir une. »
A Toulouse, Guy, 73 ans, se passe de mutuelle depuis une dizaine d’années. « Quand j’ai quitté l’entreprise dans laquelle j’étais salarié pour devenir indépendant, puis à mon départ à la retraite, ce sont les deux moments où la question s’est posée », explique cet ancien ingénieur. Après ses calculs, il a décidé de s’« auto-assurer » en mettant 60 euros de côté tous les mois, auxquels il ajoute une mutuelle « basique », à 30 euros, ne prenant en charge que les frais d’hospitalisation, si cela devait se présenter.
Ainsi, il peut changer de lunettes tous les trois ans, consulter son médecin pour l’hypertension tous les mois et refaire ses appareils auditifs, qui nécessitent à eux seuls 5 000 euros tous les trois ans. « A mon âge, une mutuelle me coûterait entre 120 et 150 euros par mois, mais je ne les dépense pas, tranche-t-il. Cela a a été le fruit d’un long cheminement. Avec 2 000 euros par mois de retraite, je pourrais tout à fait payer une complémentaire. Je suis fédéraliste, mutualiste, mais les prix sont devenus exorbitants pour des remboursements toujours moins importants ! C’est un choix politique. »
Comme pour Guy, la question a pris un tour politique pour Adrien Garon. Quand il est devenu auto-entrepreneur en 2022, après des années de salariat, ce manager dans la musique de 39 ans a calculé ce qu’il dépensait pour sa santé et ce que lui avait remboursé sa complémentaire. Sa conclusion : « J’ai vite compris que dans le meilleur des cas, si je dépensais beaucoup, je récupérais le montant de mes cotisations. En fait, s’il m’arrive quelque chose de grave, ce sera pris en charge par la Sécu. »
Depuis, il verse 80 euros tous les mois sur un compte à part, dans lequel il puise pour payer ses frais de santé. « A la fin de l’année, je regarde ce qu’il me reste. Pour l’instant, j’ai environ 200 à 500 euros, sans faire spécialement attention. En 2025, il me restait même 700 euros que je n’avais pas dépensés. »
Fort de ces économies, il a convaincu sa compagne d’en faire de même. Mais il peine encore à embarquer sa mère dans cette voie. « Elle est assez inquiète à cette idée alors que ses cotisations dépassent largement ses remboursements. Malgré les chiffres, elle a peur de résilier sa mutuelle, regrette-t-il. C’est dommage. Les gens s’appauvrissent alors qu’ils pourraient donner cet argent à un système plus redistributif. »
Reste que ce choix doit être « mûrement réfléchi », rappelle l’UFC-Que Choisir, car renoncer à une mutuelle revient à assumer « environ un quart des dépenses » liées à la santé. C’est pour cela que l’association plaide plutôt pour l’instauration d’une « grande Sécu », où « les dépenses allouées aux complémentaires santé via les cotisations seraient réorientées vers l’Assurance-maladie », qui prendrait ainsi en charge à 100% les soins essentiels. « Cela suppose de repenser largement le système actuel de santé, son financement et même sa gouvernance, reconnait Marie-Amandine Stévenin, sa présidente. Mais nous devons reprendre la main sur notre santé et en faire, collectivement, un bien commun. »
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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