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7 avril 2026Peut-on dire non à Donald Trump? Le pari risqué de Pedro Sánchez et de l’Espagne face à la guerre en Iran
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels de cette information.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Peut-on dire non à Donald Trump? Le pari risqué de Pedro Sánchez et de l’Espagne face à la guerre en Iran ».
Les faits essentiels
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’impose comme l’un des principaux opposants européens à la politique de Donald Trump. Une position qui a déclenché la colère de Washington. Arantxa González, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, en parle dans un épisode du « Titre à la une ».
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’impose comme l’un des principaux opposants européens à la politique de Donald Trump. Depuis le 28 février 2026, il condamne fermement la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qu’il qualifie d’ »illégale » et d’ »erreur extraordinaire ».
Une position qui lui a valu de vives critiques du président américain, allant jusqu’à menacer de « cesser » tout commerce bilatéral après le refus de Madrid d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires. Le 30 mars, l’Espagne a également fermé son espace aérien aux avions américains engagés dans l’opération.
Comment l’Espagne est devenue l’opposant le plus ferme à Donald Trump en Europe? L’invitée du Titre à la Une, Arantxa González, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, nous explique cette ligne diplomatique assumée de la part de Madrid.
L’Espagne et les États-Unis sont-ils toujours des alliés?
La relation est difficile aujourd’hui entre l’Europe et les États-Unis, mais nous sommes lucides. Nous savons que gérer notre relation en tant qu’alliés en matière économique, de défense, de sécurité et de politique est plus important pour nos entreprises, nos sociétés et nos économies que d’en faire un adversaire. Nous essayons, même si la manière dont les présidents des États-Unis traitent les Européens, et les Espagnols en tant que tels, pousse parfois à se poser la question. Nous devons traverser cette situation du mieux possible.
Est-ce une situation passagère selon vous?
Non, je crois qu’il y a une cassure au sein de la société américaine. L’élection de ce président n’est pas un accident. Cela aurait pu l’être une fois, mais quand cela arrive deux fois, cela signifie qu’une partie de la société américaine adhère à ces postures. Nous verrons, notamment lors des élections de la fin de cette année, si cet appui persiste. Toutefois, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre la décision des électeurs américains; nous devons nous préparer de notre côté.
L’Espagne est le pays qui s’oppose le plus frontalement à Donald Trump, tant sur la remilitarisation au sein de l’OTAN que sur la guerre en Iran. Pourquoi l’Espagne a-t-elle cette position si singulière?
Non, je ne crois pas que la position espagnole soit si singulière. Pedro Sánchez reprend un slogan ancré dans l’histoire de l’Espagne depuis la guerre en Irak, car chaque État membre de l’Union européenne a sa propre histoire. L’Espagne reste très marquée par cet épisode.
Pouvez-vous nous raconter cet épisode de 2003 dans lequel s’inscrit la position espagnole d’aujourd’hui?
En 2003, la société espagnole, issue de la transition démocratique de 1975, privilégiait la puissance du dialogue. N’oublions pas que Madrid avait abrité les négociations entre Palestiniens et Israéliens. Pourtant, le gouvernement conservateur de l’époque, sous la direction de José María Aznar, a voulu aligner l’Espagne sur les États-Unis pour la guerre en Irak, contre l’avis de la communauté internationale.
La société espagnole s’est alors opposée à son propre gouvernement et les rues étaient pleines de citoyens réclamant la paix, ce qui a créé une cassure. Aujourd’hui, l’Espagne revit cette histoire: une guerre de volonté plutôt que de nécessité, dans laquelle les États-Unis et Israël se sont lancés sans informer leurs alliés de l’Otan, ce que les citoyens espagnols refusent.
Les socialistes actuellement au pouvoir veulent donc éviter de répéter l’erreur des conservateurs?
Absolument. Cela ne signifie pas pour autant que l’Espagne n’investit pas dans la sécurité et la défense de l’Europe. Alors que ses dépenses étaient inférieures à ses obligations, l’Espagne a atteint cette année l’objectif de 2% du PIB au sein de l’OTAN.
Les militaires espagnols sont présents dans les missions de l’OTAN, notamment sur le flanc est de l’Union européenne, ainsi qu’au Liban pour les Nations unies. L’Espagne a également envoyé sa propre frégate lorsque Chypre était attaquée. Il faut distinguer l’opposition à un conflit spécifique de l’engagement envers la défense globale.
Certains disent que ce « non » à la guerre de Pedro Sánchez s’apparente à de l’opportunisme politique en raison de mauvais scores électoraux récents et d’affaires de corruption. Cette position est-elle payante d’un aspect clé de vue de politique intérieure?
Je ne sais pas si j’appellerais cela de l’opportunisme. Quand 75% de votre population ne veut pas de cette guerre, il serait suicidaire d’adopter la position inverse. C’est une prise de position normale. On a vu d’autres pays européens, initialement moins critiques envers la posture américaine, moduler progressivement leur position, car leurs citoyens n’en voulaient pas, comme en Italie. Les politiques sont attentifs aux souhaits du peuple.
Donald Trump a menacé de cesser le commerce avec l’Espagne ou de l’exclure de l’OTAN. Madrid paie-t-elle concrètement ses positions face à Washington?
Donald Trump utilise la menace contre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, que ce soit pour les négociations commerciales ou la régulation technologique en Europe. On le voit aujourd’hui avec la guerre en Iran, où il agit sans informer ses alliés avant de leur demander d’ouvrir le détroit d’Ormuz quand les Iraniens le ferment.
Sa méthode de négociation repose sur la contrainte. Cependant, nous avons compris que lorsqu’une situation peut lui coûter cher, il ne va pas au-delà. Pour préserver sa propre position, il faut rester ferme, et c’est ce que l’Espagne a décidé de faire.
Cette fermeté espagnole peut-elle devenir un modèle pour d’autres pays européens plus frileux?
On observe, dans cet épisode des tensions avec l’Iran, que la posture des États membres de l’Union européenne reste très prudente, malgré les menaces proférées par Trump vis-à-vis des dirigeants français ou britanniques. Je crois que l’Union européenne évolue vers une certaine fermeté. La manière de l’exprimer varie selon les États membres, les circonstances nationales et les intérêts.
Il suffit d’écouter les uns et les autres. Je n’ai pas constaté de grand enthousiasme en Europe pour une mission militaire dans le détroit d’Ormuz, simplement parce que le président des États-Unis estime que c’est aux Européens d’y faire le « sale boulot ». Les Européens restent prudents, car ils savent que leurs opinions publiques ne les suivraient pas sur cette voie.
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Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation fera l’objet d’une observation continue de notre rédaction.

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