
Des centaines de femmes cubaines se mobilisent contre le blocus énergétique américain alors que la crise s’aggrave
7 avril 2026
Les attentes d’inflation augmentent avec la guerre en Iran, selon une enquête de la Fed
7 avril 2026à son interrogatoire, Nicolas Sarkozy reproche à Claude Guéant et Brice Hortefeux d’avoir été « coupables d’imprudence »
Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « à son interrogatoire, Nicolas Sarkozy reproche à Claude Guéant et Brice Hortefeux d’avoir été « coupables d’imprudence » ».
À retenir absolument
Lors de son premier jour d’interrogatoire devant la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy a répondu aux témoignages des familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA, mais a aussi jugé que ses collaborateurs de l’époque, Brice Hortefeux et Claude Guéant, avaient été « coupables d’imprudence » lors de leurs visites en Libye.
Un moment clé dans le procès en appel de l’affaire du financement libyen. L’interrogatoire de Nicolas Sarkozy a débuté ce mardi 7 avril. Une prise de parole de l’ancien chef de l’État très attendue. L’ex-président de la République s’est d’abord adressé aux familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA.
« Ce n’est pas possible de laisser ces témoignages sans réponse. J’ai beaucoup réfléchi à ce que je pouvais dire et qui soit le plus juste. En dire trop, c’est de la comédie, pas assez, c’est être insensible », estime l’ancien président, visiblement très conscient de l’enjeu moral.
Pour rappel, Nicolas Sarkozy est notamment soupçonné d’avoir laissé ses plus proches collaborateurs négocier fin 2005 un financement avec un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, pourtant condamné à la perpétuité en 1999 pour avoir commandité cet attentat du DC-10 d’UTA qui avait coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français.
« Il n’y a pas eu un seul centime d’argent libyen dans ma campagne »
« La vérité est la seule façon de répondre à cette souffrance. La vérité, c’est qu’il n’y a pas eu un seul centime d’argent libyen dans ma campagne. La vérité, c’est que je n’ai jamais agi en faveur d’Abdallah Senoussi », énumère l’ex-chef de l’État devant la cour d’appel de Paris.
Peu après sa prise de parole, l’avocat des parties civiles Me Vincent Brengarth, a répondu à Nicolas Sarkozy, en l’appelant à apporter « des explications vraisemblables, plausibles, de ce qui pour l’instant n’en a pas eu ».
Il a notamment rappelé que la décision prise en première instance de condamner Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire ainsi qu’à une amende de 100.000 euros, « est extrêmement convaincante, argumentée, étoffée ».
« Jusqu’à présent, les différents interrogatoires n’ont pas donné lieu à ces explications. Et nous les attendons du principal prévenu qui est Nicolas Sarkozy », explique-t-il.
« Une forme de fébrilité » chez Nicolas Sarkozy
L’avocat des parties civiles a notamment souligné ne pas avoir entièrement vu Nicolas Sarkozy « de la même énergie qu’en première instance ». « On sent, même s’il est peut-être trop tôt pour le dire, une forme de fébrilité », souligne l’avocat.
Nicolas Sarkozy a été interrogé par le président de la cour d’appel sur la façon dont il a connu les deux agents de corruption présumés de ce dossier: les hommes d’affaires Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri. Le premier est mort et le second absent.
L’ex-président de la République s’est montré nerveux et souvent agacé à la barre. Il a très largement mis en cause Dominique de Villepin, ami intime d’Alexandre Djouhri, conviant ses souvenirs de l’affaire Clearstream en 2005.
Il s’en est également pris à Brice Hortefeux, présent dans la salle, et Claude Guéant, absent pour raisons de santé, tançant la légèreté de ses collaborateurs d’avoir fréquenté ces deux personnages sulfureux, sans qu’il ne le sache, dit-il.
En début d’après-midi, Nicolas Sarkozy, toujours à la barre, est revenu sur les rendez-vous entre ses proches collaborateurs, Claude Guéant puis Brice Hortefeux, avec des dignitaires libyens en 2005, dont le terroriste Abdallah Senoussi. Ces rendez-vous ont fondé en première instance la condamnation de Nicolas Sarkozy pour association de malfaiteurs, au titre d’actes préparatoire.
D’abord sur Claude Guéant, dont le voyage préparatoire a précédé de quelques jours celui de Nicolas Sarkozy en octobre 2005, lors duquel il a rencontré le colonel Kadhafi en tant que ministre de l’Intérieur pour parler de flux migratoires.
« Ce voyage préparatoire de mon directeur de cabinet Claude Guéant était indispensable, on ne va pas en Libye comme on va en Espagne ou en Angleterre. Mais Claude Guéant a commis une erreur », affirme-t-il, ajoutant qu’il le représentait sur place, et qu’il a « laissé Ziad Takieddine organiser ce voyage ».
Quant à Brice Hortefeux, qui s’y rend en tant que ministre délégué en décembre 2005, « c’était un non événement », Nicolas Sarkozy ne s’en souvient plus. Et sur son propre séjour en Libye, ce dernier déclare que « c’était sous la tente » avec toute sa délégation. « l’élection (présidentielle, ndlr) à venir en France n’a pas du tout été abordée », assure-t-il.
Contrairement à ce qu’a affirmé Ziad Takieddine ensuite, « il n’y a eu aucun appel entre Abdallah Senoussi et moi, aucune rencontre! », affirme encore l’ancien président.
« Ils ont été coupables d’imprudence »
Devant lui, le président de la cour d’appel Olivier Géron reste dubitatif: « il vous a vraiment fallu six ans et une question d’un juge d’instruction pour découvrir que vos plus proches collaborateurs avaient rencontré Abdallah Senoussi en 2005, alors que ça apparaît noir sur blanc dans le premier papier de Mediapart en 2012? Papier contre lequel vous avez déposé plainte d’ailleurs? », demande-t-il à Nicolas Sarkozy.
« Vous savez, quand le papier est publié, en 2012, on est dans l’entre deux tours, je me focalise sur la victoire, et je me focalise également sur l’incendie à éteindre. Et l’incendie, ce sont ces 50 millions d’euros qui seraient arrivés dans ma campagne! », tente de se défendre l’ex-chef de l’État.
Questionné encore sur Brice Hortefeux, assis juste derrière lui, et Claude Guéant, Nicolas Sarkozy ne mâche pas ses mots. « Ils ont été coupables d’imprudence. Victimes après d’une entourloupe de Ziad Takieddine, certes, mais coupables d’imprudence d’abord, d’avoir laissé Ziad Takieddine les approcher », plaide-t-il.
L’audience s’est terminée aux alentours de 18h40 et reprendra mercredi à 9h du matin.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

9999999