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8 avril 2026Cinéma: avec «Romeria», la réalisatrice Carla Simon ferme un chapitre de sa quête familiale
Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Selon nos experts, « Cinéma: avec «Romeria», la réalisatrice Carla Simon ferme un chapitre de sa quête familiale » mérite une attention particulière.
Faits marquants
Avec son film « Romeria », découvert l’an dernier au festival de San Sebastián, la réalisatrice catalane Carla Simon clôt un cycle, celui de la quête de ses origines, de sa filiation perdue. Sa caméra nous emmène en Galice, dans le grand port de Vigo, d’où était originaire son père, décédé, comme sa mère, prématurément du sida. Une maladie encore taboue dans ce milieu bourgeois qu’elle décrit. Une maladie aussi intimement liée à l’histoire politique de l’Espagne et à celle d’une génération qui a embrassé la liberté après la mort du dictateur Francisco Franco. Un film à découvrir sur les écrans en France à partir de ce mercredi 8 avril.
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On découvre le grand port galicien de Vigo par sa rade. Une approche de la mer que Marina (Llúcia Garcia, dont c’est la première apparition à l’écran) filme avec sa petite caméra. « J’aime cette mer », confie Marina à la fin du film… Dans le milieu familial corseté qu’elle décrit, la mer apporte un souffle de liberté, l’évasion vers d’autres horizons. Nous sommes en juillet 2004 et c’est l’été, comme dans les deux précédents films de la réalisatrice. La jeune fille vient à la rencontre de sa famille paternelle, qu’elle ne connaît pas, en quête d’un bulletin administratif pour pouvoir s’inscrire dans une école de cinéma. Elle filme ses nouveaux oncles et cousins, comme pour les mieux intégrer à son panthéon personnel.
Le film se nourrit de deux récits, de deux époques, de deux personnages qui deviennent interchangeables, Marina et sa mère. Il entrecroise le début des années 1980 et l’histoire du couple formé par ses parents, racontée en catalan par la mère de Marina dans son journal intime (en réalité des lettres échangées avec des amies), et l’été 2004 des retrouvailles familiales. Marina tente de reconstituer l’histoire de ses parents à partir de fragments épars d’une mémoire familiale troublée par le temps, les tabous et la mauvaise conscience. La réalisatrice dresse le portrait aussi de trois générations : celle des grands-parents argentés à la morale étriquée, celle des parents – les rescapés des années 1980 et de la fameuse Movida (dont le cinéaste Pedro Almodovar s’est fait le peintre) dont certains se sont depuis rangés dans l’ordre bourgeois – et celle des petits-enfants qui tentent de construire leur propre récit.
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Bailaré sobre tu tumba
Dans les années 1980, les jeunes dansaient sur le groupe Siniestro total, originaire de Vigo, un des ports d’entrée de la drogue en Espagne. Une scène du film reprend leur célèbre tube « Bailaré sobre tu tumba » et les corps des danseurs sont recouverts de draps blancs pour symboliser l’hécatombe que fut aussi l’explosion libératrice qui suivit la mort du dictateur. « Cependant, cette période de liberté tant attendue, connue sous le nom de La Movida, a également entraîné une crise de l’héroïne, faisant de l’Espagne le pays au plus haut taux de mortalité lié au sida en Europe », explique la réalisatrice. Des histoires le plus souvent cachées dans les familles. D’ailleurs, le grand-père de Marina tentera, lui encore, trente ans plus tard, d’acheter le silence de sa petite-fille.
Carla Simon avait dans les deux premiers volets de son exploration familiale (Estiu 93 couronné à Berlin et Malaga, et Nos soleils, Ours d’or à Berlin en 2022), utilisé un ton très naturaliste pour nous raconter son histoire. Dans ce dernier film, elle varie les registres. Marina, pour combler les trous du récit familial et la frustration qu’ils génèrent, se fait littéralement un film de l’histoire de ses parents dans un flash-back au milieu du récit. Elle devient le personnage de sa mère et son jeune cousin et complice Nuno (interprété par Mitch Robles), prend le rôle de Fon, son père. Une séquence onirique qui rappelle certaines scènes du film More de Barbet Schroeder (1969). Autre époque, autres musiques, mais au final le même enfer.
« Jusqu’à présent, j’ai raconté ce que je connaissais, car cela me procurait une forme de sécurité quant au résultat. Mais je me trouve désormais dans une phase où j’aspire à aborder des sujets plus éloignés de moi », confie la réalisatrice, qui tourne avec Romeria une page, mais ne ferme sans doute pas le livre de son histoire.
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Source : www.rfi.fr
Conclusion : L'équipe continuera de suivre cette situation et partagera les développements.

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