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8 avril 2026
les gagnants de la trêve
8 avril 2026Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Ce collège public de Bordeaux cumule 1700 heures de cours non assurées ».
Résumé à retenir
Faute de professeurs, les élèves du collège Aliénor d’Aquitaine ont été privés de cours de français, d’anglais ou encore d’Histoire-géographie pendant plusieurs mois.
«On n’a plus aucune motivation» : dans un collège bordelais, les élèves ont perdu près de 1700 heures de cours depuis septembre en raison du non-remplacement d’enseignants absents, une situation «ubuesque» que dénoncent les parents dans un contexte national de suppressions de postes. «On n’a pas eu de cours d’anglais pendant trois mois. Histoire-géo, pendant un mois. Français, pareil. Avec quelques rares remplacements ponctuels, un jour par-ci, un jour par-là», témoigne Gabin*, 14 ans, en classe de 4e au collège Aliénor d’Aquitaine.
Mobilisé depuis novembre, le collectif de parents «On veut des profs» n’a cessé d’alerter le rectorat, qui reconnaît lui-même une situation «anormale». Ces 1700 heures représentent 13% du temps d’enseignement non assuré et jusqu’à 20% du temps scolaire passé en permanence pour certains élèves, selon un décompte du collectif. Ces chiffres dépassent la moyenne nationale équivalente à 9% en 2023-2024 – 10,3 millions d’heures perdues dans les collèges publics -, selon un note de la Cour des comptes, réalisé après une saisine de la Défenseur des droits, Claire Hédon, qui dénonce un «préjudice direct» pour les enfants.
Comment le collège bordelais en est-il arrivé là ? «Un concours de circonstances», répond l’académie de Gironde, sans plus de précisions. Certaines sources interrogées évoquent un «problème de management au niveau de la direction» mais pour David Pijoan, professeur de mathématiques dans l’établissement et responsable Snes-Fsu en Gironde, «le rectorat et les services académiques ont manqué à leurs obligations».
Problème «chronique»
«Il y a eu des absences longues, pas du tout remplacées au début, puis très mal remplacées» par des contractuels et des vacataires «travaillant dans des conditions précaires», souligne ce responsable syndical, qui pointe un problème «chronique» de remplaçants «dû à des choix opérés au niveau national ces dernières années». Durant l’année scolaire, le rectorat a réussi à «pallier quelques problèmes, mais les chiffres prouvent que ça n’a pas du tout arrangé la chose», juge Jean-Raoul Évrard, membre du collectif et père d’un élève de 6e.
«Très inquiet» pour la rentrée 2026, le collectif a manifesté fin mars devant les services départementaux de l’Éducation nationale, déplorant des promesses «reposant sur des moyens provisoires et non sécurisés». «Une enveloppe horaire ne vaut que si les ressources humaines existent réellement», souligne-t-il dans une lettre ouverte au recteur et au ministre de l’Éducation, réclamant «un financement exceptionnel des remplacements dès la première heure» d’absence. Marc Baudemoulin, représentant de la FCPE pour le collège, craint que des parents se tournent vers le privé, en l’absence de «garantie réelle d’avoir plus de moyens pour la rentrée 2026».
«Incompréhensible»
Mettant en avant une «chute démographique comme jamais notre pays n’en a connu», le ministère a annoncé 4000 suppressions de postes d’enseignants, public et privé confondus, pour la rentrée 2026, dont 1891 dans le premier degré public et 1365 dans le second degré – 40 et 28 respectivement en Gironde. Les syndicats d’enseignants contestent cette logique et appellent au maintien des effectifs pour avoir des classes moins chargées et moins d’heures de cours non remplacées. «Avec toutes ces absences, on passe souvent plus de temps en permanence qu’en classe. Plus de la moitié de la classe ne fait plus ses devoirs, on est tous démotivés et en même temps hyperstressés pour la 3e», ajoute Gabin.
«Malgré tout cela, on apprend que le nombre d’heures allouées à l’établissement à la rentrée va baisser de sept. C’est assez incompréhensible. Sans rajouter des moyens, le minimum du minimum aurait été de ne pas nous en enlever», abonde David Pijoan. Interrogée par l’AFP, la DSDEN répond avoir pris des «mesures immédiates», notamment la mise en place d’un «coupe-file» pour traiter les demandes de remplacements du collège, dont la direction a changé. Et selon l’administration, la rentrée 2026 est «sécurisée». «Si vous me demandez si cela veut dire que la situation est en train de s’améliorer et va continuer à s’améliorer, la réponse est oui», a déclaré à l’AFP le directeur académique pour la Gironde, François-Xavier Pestel, lors d’une conférence de presse. Mais n’y aura-t-il plus d’heure de cours de perdue ? «Je ne peux pas vous répondre», conclut le fonctionnaire.
*Ces prénoms ont été modifiés.
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : Un regard constant de notre équipe permettra d’éclairer cette situation.

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