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8 avril 2026Les conseils « alarmistes » de la « Glucose Goddess » Jessie Inchauspé aux femmes enceintes crispent les experts
Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Les conseils « alarmistes » de la « Glucose Goddess » Jessie Inchauspé aux femmes enceintes crispent les experts ».
Points clés à connaître
SanyaSM / Getty Images
Dans son nouveau livre, Jessie Inchauspé explique que ce qu’une femme mange pendant sa grossesse influence le situation et la santé du bébé, à court et long terme.
Manger quatre œufs par jour, augmenter son apport en protéines, éviter les pics de glucose… Voici quelques-uns des conseils que Jessie Inchauspé prodigue dans 9 mois qui comptent pour la vie : Comment votre alimentation pendant la grossesse joue sur le futur de votre enfant.
Dans ce nouveau livre publié aux éditions Robert Laffont, l’influenceuse aux six millions d’abonnés sur Instagram livre des recommandations aux femmes enceintes censées améliorer la santé de leur bébé. Mais des professionnels de santé mettent en garde contre un discours qu’ils jugent « inexact » et « alarmiste ».
Autoproclamée « déesse du glucose » – d’où son pseudonyme sur les réseaux sociaux -, Jessie Inchauspé doit sa popularité à sa « glucose révolution », titre de son premier livre paru en 2022.
Pour contrôler les « pics de glycémie », néfastes selon elle, cette biochimiste de formation y recommandait de boire du vinaigre de cidre à jeun ou d’utiliser un capteur de glycémie. Des personnes diabétiques, qui ont besoin de ce dispositif médical pour mesurer le taux de sucre dans le sang, et des médecins, selon lesquels le lien entre pics glycémiques et maladies n’est pas démontré, s’en étaient alors indignés.
Des affirmations sans preuve scientifique
Dans les médias où elle fait la promotion de son livre, Jessie Inchauspé explique désormais avoir « créé (elle)-même un programme » au vu d’« un gouffre entre ce que la science savait et ce qu’on (lui) disait » pendant sa grossesse. Sa théorie : ce qu’une femme mange pendant sa grossesse influence le situation et la santé du bébé, à court et long terme.
Ainsi, selon elle, l’alimentation de la femme enceinte « programme » le bébé au niveau épigénétique et affecte durablement ses risques de multiples problèmes de santé : diabète de type 2, « dépendance au sucre », santé mentale, allergies…
Or, pour Marion Lecorguillé, chercheuse en épidémiologie sur l’alimentation, la santé périnatale et celle de l’enfant (Inserm), ce discours manque de « nuances ». Si « les associations sont plutôt bien établies » pour le risque de maladies métaboliques ou de surpoids chez l’enfant, « l’impact de l’alimentation pendant la grossesse reste à approfondir scientifiquement » pour la santé mentale, respiratoire ou le risque d’allergie, explique cette sage-femme de formation.
Concernant les modifications épigénétiques, « on ne sait pas encore concrètement quel est l’impact clinique, c’est-à-dire chez l’enfant », précise Marion Lecorguillé, alertant sur les « raccourcis ».
L’alimentation pendant la grossesse « joue un rôle majeur que l’on observe au niveau des populations, mais n’est pas synonyme de déterminisme au niveau individuel », insiste-t-elle, soulignant l’impact plus important du tabac ou de l’alcool par exemple.
Un discours qui peut encourager des comportements alimentaires délétères
Les conseils de « Glucose Goddess » s’articulent autour de quatre nutriments : la choline, le DHA (un type spécifique d’oméga-3), les protéines et le glucose. Elle conseille ainsi aux femmes enceintes de manger quatre œufs par jour, d’augmenter leur apport quotidien en protéines et en oméga-3, et d’éviter le sucre. Sans être dangereuses, ces préconisations ne correspondent pas exactement aux recommandations sanitaires.
Manger quatre œufs par jour « est un message qui n’a pas été évalué ; on ne connaît pas l’effet de cette recommandation », pointe ainsi Marion Lecorguillé, invitant plutôt à se référer aux repères alimentaires de l’Anses.
Le Pr Olivier Morel, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), et le Pr Delphine Mitanchez, présidente de la Société française de médecine périnatale (SFMP), se montrent également sceptiques. « Sauf pour ne pas abuser des produits sucrés », il n’y a « pas de preuve » appuyant ces préconisations, déclarent-ils, et une « alimentation équilibrée apporte ces éléments en quantité suffisante ».
Jessie Inchauspé écrit d’ailleurs au début de son livre que « si vous ne mettez en pratique aucune des recommandations de ce livre, votre enfant ira probablement très bien ».
Interrogée par l’AFP sur ces critiques, l’influenceuse a affirmé ne pas dire « que l’on peut contrôler l’apparition d’allergies ou d’autres maladies. Je parle toujours de probabilités, car c’est ce que la science nous montre ». Elle défend aussi une approche « cohérente avec de nombreuses recommandations internationales » et juge que « certaines recommandations françaises restent moins explicites ou opérationnelles, notamment sur la choline ou les apports optimaux en DHA ».
Mais ce discours « assez alarmiste » peut aussi être « très culpabilisateur » pour les femmes enceintes, risquant d’encourager des comportements alimentaires néfastes, regrette la diététicienne nutritionniste Anne-Laure Laratte. Et l’important demeure la « prise en compte de la qualité globale de l’alimentation de la femme enceinte », souligne Marion Lecorguillé.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Une information à suivre dans les jours à venir.

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