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8 avril 2026L’intensification des frappes ukrainiennes sur des sites pétroliers russes porte-t-elle ses fruits?
Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « L’intensification des frappes ukrainiennes sur des sites pétroliers russes porte-t-elle ses fruits? ».
Points importants
Depuis le mois de mars, l’Ukraine a intensifié sa stratégie consistant à cibler des installations pétrolières en Russie pour empêcher Moscou de profiter pleinement de la flambée des cours du pétrole. À force de frappes toujours plus en profondeur sur le sol russe, l’Ukraine endommage des raffineries mais aussi des terminaux pétroliers centraux dans le dispositif d’exportation de pétrole du Kremlin.
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La loi du talion s’étend à l’énergie. « Si la Russie est prête à arrêter de frapper notre secteur énergétique, nous serons prêts à faire de même », assurait Volodymyr Zelensky dans une allocution lundi 6 avril, après avoir formellement proposé à Moscou une trêve énergétique. Le Kremlin n’a pas encore répondu à Kiev, malgré l’intensification des frappes ukrainiennes sur les sites pétroliers russes depuis le mois de mars. Dès le lendemain matin, une nuée de 22 drones s’est abattue sur le terminal pétrolier d’Oust-Louga, à près d’un millier de kilomètres au nord de Kiev.
Ces attaques de sites russes reflètent la capacité et la volonté grandissantes de l’Ukraine à élargir le nombre de cibles potentielles dans son entreprise de déstabilisation de l’effort de guerre de son adversaire. Usines métallurgiques, producteurs d’engrais ou de micropuces… Kiev a dressé une large liste de secteurs directement liés à l’industrie de guerre russe. L’énergie reste pourtant le nerf de la guerre.
Le ministère de la Défense considère les sites pétroliers comme des atouts militaires russes à part entière et rapporte en avoir frappé plus d’une dizaine au cours du dernier mois. Les raffineries sont les principales cibles, mais plusieurs terminaux pétroliers ont également été bombardés, parfois de manière répétée, par des salves de drones bardés d’explosifs.
Guerre d’usure
Cette stratégie n’est, en elle-même, pas nouvelle. Les Ukrainiens cherchent depuis 2024 à enrayer la machine pétrolière russe grâce à des attaques de drones sur des sites en Russie, mais aussi en frappant des navires de la flotte fantôme du Kremlin. Par la même occasion, Kiev répond aux nombreux bombardements russes sur ses propres infrastructures énergétiques.
Plusieurs raffineries, parfois très loin de la frontière, ont été touchées. Le ciblage de ces infrastructures lors des campagnes de bombardements ukrainiens précédentes, avait démontré la capacité de la Russie à déplacer rapidement la production vers des sites moins utilisés pour réparer dans des délais courts les unités endommagées. « Les Russes maîtrisent ces technologies, donc ils savent les réparer mais ça les oblige à faire beaucoup de maintenance, et les gens qui en ont la charge ne sont pas au front », souligne Thierry Bros, spécialiste des questions d’énergie, professeur à Sciences Po Paris.
Au-delà des raffineries, l’intensification des attaques depuis un mois permet à l’armée ukrainienne de faire étalage de son habileté à toucher les points centraux du système d’exportation russe simultanément. Les principaux terminaux pétroliers sur la Baltique comme en mer Noire ont été touchés dans des intervalles de temps très proches.
« La Russie exporte beaucoup de son pétrole, mais elle ne peut pas le faire dans beaucoup d’endroits. Sur la façade occidentale, elle peut le faire depuis trois ports principaux : Primorsk et Oust-Louga qui se trouvent dans la Baltique et le port de Novorossiisk, qui se trouve en mer Noire. On constate ces trois dernières semaines que des frappes se systématisent sur ces trois ports qui visent les zones de stockage de pétrole mais aussi les terminaux d’exportation de pétrole », explique Ulrich Bounat, analyste géopolitique, spécialiste de l’Europe centrale et de l’Est.
Conséquences économiques
Cette stratégie permet avant tout de « désorganiser la société russe et de montrer à la population que l’opération spéciale en Ukraine ne se déroule pas si simplement que prévu », détaille Thierry Bros. S’attaquer aux capacités d’exportation de la Russie c’est aussi « limiter son trésor de guerre », ajoute-t-il. Sans paralyser totalement les capacités pétrolières russes, les frappes frénétiques ukrainiennes cherchent effectivement à empêcher Moscou de profiter pleinement de l’envolée des prix du baril depuis le début de la guerre en Iran.
Pour rappel, les États-Unis ont unilatéralement allégé leurs sanctions sur le pétrole russe le 12 mars, permettant à Moscou de reprendre son souffle. L’économie du pays pâtissait jusqu’alors des sanctions imposées à deux de ses plus importants producteurs de pétrole russe, couplées à un durcissement occidental général vis-à-vis des navires de sa flotte fantôme. L’Ukraine cherche depuis à limiter les gains du Kremlin.
En somme, chaque baril perdu est un boulon de moins dans l’appareil militaire russe. Les attaques répétées sur les terminaux de Primosrk et Oust-Louga fin mars auraient engendré, à elles seules, près d’un milliard de dollars de pertes selon des informations rapportées par le Financial Times. Et pour cause, ces deux ports sont en charge d’environ 40% des exportations de pétrole du pays. Les explosions détruisent d’importants stocks de pétrole, partis en flammes, mais endommagent aussi les infrastructures. De nouvelles opérations ukrainiennes le 5 avril auraient aussi touché un oléoduc proche du port de Primorsk.
Pari risqué ?
Déstabiliser la production russe perturbe plus largement le marché global des hydrocarbures, déjà fortement engourdi par le blocage du détroit d’Ormuz. Aussi, les Ukrainiens rappellent ainsi au reste du monde « qu’ils sont une variable dans ce système global et que si on veut trouver une solution, il va falloir discuter avec eux », pose Thierry Bros. « Donald Trump ne leur donne pas d’armes, l’Europe réfléchit indéfiniment pour savoir quoi faire. Les Ukrainiens utilisent leurs armes. »
Une manière de se rappeler aux bonnes grâces de ses alliés, comme les États-Unis qui délaissent l’Ukraine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Mais la stratégie ukrainienne n’est pas aux goûts de tous. Certains partenaires de Kiev auraient récemment appelé Volodymyr Zelensky à réduire les bombardements sur les infrastructures pétrolières russes.
Qui plus est, l’État russe ne s’enrichit pas uniquement sur les seules exportations de pétrole mais perçoit aussi des revenus grâce aux taxes mises en place sur l’extraction de l’or noir. S’attaquer au bout de la chaîne de production ne suffit alors pas à durablement affecter les finances du Kremlin. D’autant que la réduction du nombre de barils participe mécaniquement à augmenter les prix de ceux qui arrivent jusque sur les marchés.
L’Ukraine manie ainsi une lame à double tranchant, vraisemblablement efficace, mais dont seul un ancrage dans la durée semble pouvoir assurer de réels résultats. Malgré les « signaux » de certains de ses alliés sur la question, le président ukrainien se montre déterminé à continuer sur cette voie, faute de concessions russes.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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