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Un résumé rapide de « Valentin Barco, un destin tout tracé » selon notre rédaction.
Points essentiels
A 21 ans, le milieu de terrain argentin est un des atouts majeurs du Racing amené à porter les Alsaciens jusqu’à la fin de saison, en championnat, Coupe de France comme en Ligue Europa Conférence. Avec le besoin de se montrer pour réaliser un rêve auquel il était destiné: jouer une Coupe du monde avec l’Argentine.
Le temps additionnel est écoulé depuis 7 secondes, la semaine dernière, dans la nuit de mardi à mercredi, à la Bombenera, quand Valentin Barco, une seule sélection au compteur jusqu’alors, est servi d’une talonnade par Nico Gonzalez et inscrit, du plat du pied gauche, face à la Zambie, son premier but avec l’Argentine. « Barco joue bien depuis un moment », avouait Lionel Scaloni, sélectionneur de l’Albiceleste après la rencontre. « On lui demande des choses qu’il fait déjà en club, on est content qu’il soit là et qu’il ait joué. »
Sera-t-il encore là, dans un peu plus de deux mois, pour s’envoler vers Kansas City où les champions du monde en titre auront leur camp de base pour le Mondial? Le média local Olé semble confiant. Au lendemain de la victoire argentine (5-0), il notait dans ses colonnes que Valentin Barco était « celui qui a marqué le plus de points durant cette trêve ».
Parti pour participer à la Coupe du monde
Et ce malgré 35 petites minutes de jeu, sans être entré sur la pelouse face à la Mauritanie lors du premier match de cette trêve internationale. Mais l’attitude du garçon semble avoir plu au sélectionneur, lors des séances d’entrainements aussi. « Il est parfaitement compatible avec la structure et les principes de bases du sélectionneur Scaloni », avance Robert Parrottino, journaliste argentin. « le réalité d’avoir le droit à cinq changements désormais est un facteur important qui peut lui permettre d’être dans la liste pour le Mondial. Il peut faire la différence en entrant pour trente minutes de prolongation par exemple. »
Ceux qui le connaissent n’en doutent pas. « Il aura assurément un rôle important à jouer lors de la Coupe du monde. Est-ce qu’il sera titulaire, je ne sais pas, mais il sera convoqué. Assurément, il sera dans la liste », se persuade Luis Rogelio Luquez qui l’a entrainé à Boca Juniors. « le occurrence d’avoir été appelé pour ce dernier rassemblement est une récompense, savoure de son côté Diego Mazzilli qui l’a lui aussi connu plus jeune en Argentine et qui voit en Barco un avenir tout tracé en sélection. « Il a porté le maillot de la sélection en U13, U15, U17. Il sait ce que c’est et a le potentiel pour être en A parce qu’il a déjà joué, pleuré, gagné et perdu pour son pays. C’est un homme de la maison, de la Fédération. »
Un crack repéré très tôt en Argentine
Et repéré très tôt par ce même Diego Mazzilli, aujourd’hui directeur général du football des jeunes à l’Atletico Tigre mais qui a passé 22 ans à l’Académie de Boca Juniors, notamment comme chargé de recrutement à travers l’Argentine. « On sillonnait le pays mais on organisait aussi des essais dans notre propre centre de La Candela. Valentin est venu directement, il était tout petit », se rappelle-t-il.
Et arrivait de loin, sa ville natale: 25 de Mayo, à 243 kilomètres de Buenos Aires où l’on parlait d’un garçon nommé Valentin qui avait quelque chose de spécial, appelé à confirmer dans la grande ville. « Les autres enfants faisaient 30 minutes ou une heure de trajet, lui mettait entre quatre à cinq heures pour venir », se souvient le recruteur. « Il sortait de l’école à 11h pour arriver au gymnase à 15h et s’entraînait jusqu’à l’épuisement. Ce que j’ai tout de suite remarqué, c’est son intelligence. Parce qu’ici, les enfants sont plus âgés, plus développés, mais lui se distinguait via une excellente technique, de bons déplacements. Il était brillant. Mais il faut faire attention avec des joueurs comme lui car c’est vous qui les poussez à aller de l’avant. Comment sera-t-il dans six mois, un an? »
Mais Valentin Barco confirme, catégorie après catégorie. A 13 ans, « Colo » comme il est surnommé pour sa couleur de cheveux, cesse de faire les déplacements avec ses parents Walter et Patricia pour s’installer à la pension du club où il s’est rapidement montré comme le meilleur en ping-pong, billard, volley ou tout autre activité pour se distraire à côté du terrain. « C’est là-bas que tout a commencé », selon Luis ‘El Top’ Luquez, un de ses premiers formateurs.
Capable de couvrir une multitude de postes
« Quand je l’ai pris en charge, il jouait attaquant mais je l’ai placé arrière gauche », se souvient celui qui travaille aujourd’hui au Club Atlético San Lorenzo de Almaro comme coordinateur du football des jeunes. « Mais après trois ou quatre matchs, je l’ai repositionné en milieu défensif et aussi un peu en ailier évoluant devant l’arrière gauche. Finalement, c’est l’un des sujets que nous abordions chaque lundi avec le staff technique : le poste de Valentin. Moi, je lui ai dit qu’il pouvait jouer partout car il avait beaucoup de talent mais que pour moi, c’était un excellent milieu de terrain, que c’était son poste de prédilection. »
Celui qui l’a repéré voit chez Barco « un peu de Juan Pablo Sorin peut être, qui lui aussi a connu le succès (75 sélections), qui jouait plus jeune comme milieu de terrain puis latéral et qui techniquement parlant maitrisait les deux postes ». A Boca, Valentin Barco découvre l’équipe première à l’été 2021. Il a alors à peine 17 ans, faisant de lui l’un des plus jeunes joueurs pro dans l’histoire du club. Puis s’en suit une longue période sans jouer avec la première avant d’y repointer le bout de son nez en 2023. Cette année-là, Boca Juniors atteint la finale de la Copa Libertadores, Valentin Barco est installé sur le couloir gauche.
« Je me souviens surtout d’un match contre le Deportivo Pereira », rappelle Roberto Parrottino qui collabore régulièrement avec le journal Tiempo Argentino. « Boca est mené 1-0 à la 89e, la Bombonera était furieuse, lançait des chants hostiles à l’encontre des joueurs, insultait. Le seul à oser prendre le ballon et à se porter vers l’avant, c’était Barco. Il avait à peine 18 ans. C’était incroyable de voir la personnalité de ce gamin à ce moment-là. Dans une Bombonera en feu, il jouait, combinait, osait défier les défenseurs adverses, dribblait, s’infiltrait, se faufilait sur son côté. Boca égalise avant le temps additionnel puis au bout du bout du match, Barco centre et trouve Varela, Boca s’impose 2-1. »
Adaptation difficile à l’Europe
Mais après 35 petits matchs sous le maillot bleu et or, Valentin Barco décide de tenter l’aventure en Europe. Peut-être un peu trop tôt, de son propre aveu. « Il l’a évoqué auprès d’ESPN en Argentine », raconte Parrottino. « Il a confié éprouver un pincement au cœur, un regret qui a marqué sa carrière, de n’avoir joué que sept mois finalement à Boca et d’avoir quitté le club trop vite et d’une manière qui n’était peut-être pas optimale. »
Comme beaucoup de jeunes en Argentine ou encore aujourd’hui, le maillot de Lamine Yamal est largement porté dans les rues, les sirènes européennes séduisent et l’appel de Brighton ne le laisse pas insensible. « C’était son rêve de jouer en Europe, c’est vrai. Mais son départ s’est fait dans un contexte particulier. Ce n’était pas un transfert mais le paiement de sa clause libératoire pour environ 10 millions de dollars. Ce qui, pour ce joueur, me semble très peu. »
Ses débuts en Angleterre, chez les Seagulls, où il rencontre Julio Enciso avec qui il partage aujourd’hui le vestiaire de Strasbourg, ne sont pas à la hauteur des espérances : sept apparitions dont trois titularisations. « Il arrive sans parler anglais, commence en début d’année où il fait un froid qu’il ne connaissait pas en Argentine. Le contexte joue un rôle et à son âge, il avait une expérience de vie insuffisante pour partir », explique Parrottino.
La saison suivante, Valentin Barco tente l’expérience plus au sud, prêté en Espagne pour évoluer sous les ordres de Xavier Garcia Pimienta au FC Séville. Là aussi, le temps de jeu ne suit pas : 9 matchs toutes compétitions confondues pour une passe décisive, en Copa del Rey, contre une nos rédacteurs amateure. A son retour en Angleterre, il reçoit l’opportunité de découvrir le championnat français. Strasbourg aimerait l’attirer en prêt.
Liam Rosenior l’adopte immédiatement. « Un joueur, pour être mentalement fort, doit évoluer dans un environnement où il se sent apprécié », remarque Diego Rezili. « Valentin a besoin d’un peu d’attention et de soutien. Il a trouvé sa place en France de ce côté et sa carrière de footballeur a pris un tournant décisif, il est en confiance. » Sa première saison en Alsace étant une réussite. Apprécié pour sa polyvalence et son caractère lui permettant de devenir rapidement indéboulonnable du 11 strasbourgeois, le Racing décide, à l’été 2025, d’investir 10 millions d’euros pour définitivement engager l’Argentin.
Générosité et coups de sang
A la France, Barco s’est vite adapté. « Il a trouvé sa place au sein du club et m’a assuré s’y sentir très bien », explique Diego Mazzilli, le premier à l’avoir repéré et qui garde encore avec son protégé de bonnes relations. « Il a réussi à assimiler le jeu demandé et ça se voit. le élément d’être entouré de grands joueurs contribue forcément à sa progression », remarque de son côté son éducateur Luis Rogelio Luquez, un brin nostalgique. « La dernière fois, je l’ai vu faire une passe aveugle. C’était très tôt sa spécialité », se marre le formateur. « Tout le monde remarquait ça, il est talentueux donc peut se le permettre. Si moi je tente ça, je tombe. »
Troisième joueur à remporter le plus de duels en Ligue 1, annoncé en décembre dernier comme le joueur du top 5 européen à casser le plus souvent la dernière ligne adverse par ses passes en profondeur devant des joueurs comme Joshua Kimmich, Mohammed Salah ou encore Kévin De Bruyne, ses performances, ainsi que celles de son coéquipier et compatriote Joaquin Panichelli, meilleur buteur du championnat et dernièrement blessé le laissant out pour de longs mois, sont de plus en plus scrutées au pays.
« Les détenteurs de droit de la Ligue 1 commencent à programmer leurs matchs en mettant ’Estrasburgo’ en avant », affirme Roberto Parrottino. « Les Argentins avaient pris l’habitude de regarder le PSG avec Di Maria puis Messi bien sûr, mais il est vrai que Strasbourg, même si le championnat français est moins diffusé que la Liga, la Premier League ou la Série A, est le club qui monte en visibilité. La dernière fois, je me suis surpris à regarder PSG-Strasbourg et laisser le match argentin de côté. »
Mais il a manqué, en revanche, la prise de bec entre « Colo » et Samir El Mourabet à Rijeka à l’issue du huitième de finale aller de Conférence League. Quand, en fin de rencontre, Samir El Mourabet vient le réprimander, l’Argentin s’agace, attrape le bras de son coéquipier et lui lance quelques mots peu fleuris. Car le petit milieu de terrain (1.70m) « a un caractère, un tempérament. C’est un petit teigneux », assurent ceux qui l’ont connu plus jeune. « Comme dit un proverbe utilisé en Argentine: ‘le poison, tout comme le parfum, se présente toujours dans un petit flacon' », lance Parrottino. « C’est le type de joueur que tu préfères clairement avoir dans ton équipe, il peut te faire sortir d’un match », avoue une autre source en interne.
En fin de rencontre, son entraineur Gary O’Neil avait calmé le jeu. « Je préfère que cela reste dans le vestiaire, quand personne ne voit », avait-il assuré. « Mais on a besoin d’avoir des joueurs avec du feu. Du calme, mais aussi du feu par moment. » Pas simple à gérer au quotidien quand ce « feu » est aussi parfois remarqué à l’entrainement où l’Argentin s’est déjà accroché quelques fois depuis son arrivée en Alsace lors de petits exercices. « Mais on est une famille et Barco et Samir font preuve depuis le début de la saison d’une grande complicité sur le terrain », avait tempéré de son côté Martial Godo.
« Depuis que je suis arrivé au club, je me dis que c’est un joueur spécial »
Papa depuis peu, de quoi assagir certains, Valentin Barco jouait, plus jeune, de sa malice. « Il était un peu espiègle, vif et malicieux. Il lui est arrivé de sécher les cours, de partir en boîte de nuit alors qu’il n’avait pas forcément le droit de le faire », raconte l’une des personnes qu’il a pu croiser lors de sa post-adolescence. Des établissements nocturnes où il n’est pas le premier strasbourgeois à se rendre aujourd’hui.
Mais de Valentin Barco, ses proches préfèrent mettre en avant sa générosité. « Depuis tout petit », promet Mazili. « Quand il était enfant et vivait à 25 de Mayo, on donnait toujours un sandwich jambon-fromage aux garçons après la journée d’entrainement. Valentin avait une famille modeste, je me souviens qu’il offrait tout ce qu’on lui donnait à sa mère, pour qu’elle mange en priorité. Je me suis toujours dit que c’était un garçon tellement humble. » Même son de cloche chez un ami de longue date. « Je me souviens d’une chose, en 2023. Il était avec l’Argentine U20 et un petit garçon de cinq ou six ans l’attendait devant l’hôtel et voulait une photo avec lui. Il ne l’avait pas vu mais en avait entendu parler. Avec sa mère, ils ont recherché l’enfant et lui ont offert son maillot. »
Le partage, Barco tente aussi de la mettre au cœur du jeu strasbourgeois. « Il nous apporte vraiment une énergie positive en faisant un énorme travail au milieu de terrain », assure Abdoul Ouattara. Samedi dernier, après le net succès alsacien face à Nice (3-1) durant lequel il a été préservé, n’entrant que peu avant l’heure de jeu, son nouveau partenaire de jeu Gessime Yassine ne pouvait que se montrer élogieux. « Dès que je suis arrivé, je me suis dit que Barco était un joueur spécial. Il est au-dessus, balle au pied, dans l’intelligence, il est vraiment top, c’est un joueur incroyable. »
Que le RC Strasbourg aura du mal à garder. « Beaucoup de monde le suit », assure un proche. « Il sera certainement, si ce n’est pas déjà le cas, dans le viseur des grands clubs européens et c’est lui qui décidera de la solution au final. Je n’ai aucun doute sur le incident qu’il prendra la meilleure décision, il est bien entouré. Comme tout le monde, son rêve est de jouer la Ligue des champions et participer à la Coupe du monde. » Le premier pourrait se réaliser sous une autre tunique bleue outre-Manche, Chelsea ayant l’accord du joueur pour l’enrôler la saison prochaine, le second devrait probablement être vécu cet été aux Etats-Unis. « Je crois qu’une fois qu’il aura réalisé cela, son souhait est de finir sa carrière à Boca », conclut Diego Mazzilli. Afin de terminer une histoire qui ne fait que commencer.
Source : rmcsport.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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