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Les journalistes partagent leur point de vue sur « La crise au Moyen-Orient, une incitation à la transition énergétique en France ».
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Le sujet avait presque disparu du débat public, monopolisé par la crise budgétaire. La transition énergétique est revenue ces dernières semaines au cœur des débats en France, à la faveur de la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué une explosion des prix des hydrocarbures.
Si les belligérants se sont accordés mardi 7 avril sur une trêve de deux semaines, l’économie mondiale demeure frappée par la désorganisation des circuits d’approvisionnement et la destruction de sites pétrolifères et gaziers en Iran et dans le Golfe. Le régulateur a ainsi indiqué que le prix référence du gaz augmenterait au 1er mai de 15,4 % pour les trois quarts des abonnés.
« Il y a une légère détente qui se ressent sur les marchés, mais nous sommes loin d’être sortis de la crise », alerte le spécialiste des politiques énergétiques et climatiques Andreas Rüdinger, estimant que les prix devraient « s’installer durablement à un niveau plus élevé ».
Ce nouveau choc énergétique intervient alors que le gouvernement français doit dévoiler dans les prochaines semaines son « grand plan d’électrification » du pays. Objectif : réduire drastiquement la dépendance aux énergies fossiles qui représentent encore 60 % du mix énergétique final de l’Hexagone.
« La question n’est plus que climatique, elle touche désormais à l’intérêt national », a déclaré la semaine dernière le Premier ministre Sébastien Lecornu, demandant à ses ministres de proposer des mesures prioritaires pour « accélérer » ce processus.
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Retard à l’allumage
Ce grand plan affiche un objectif clair : passer d’un mix énergétique composé à 60 % d’énergies fossiles à 60 % d’énergies décarbonées – grâce au nucléaire et aux renouvelables (hydraulique, éolienne, solaire) – à l’horizon 2030, en se concentrant sur les secteurs les plus énergivores – mobilité, habitat et industrie.
Une initiative qui peut paraître salutaire dans le contexte actuel, mais qui intervient en réalité bien tard.
« Ce plan découle de la nouvelle feuille de route énergétique de la France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui fixe le cap énergétique pour les dix années à venir », rappelle l’économiste Anna Creti.
« Or, celle-ci, présentée en février, était attendue depuis près de deux ans. Pourquoi ? À cause de nos changements de gouvernements et du transit de la question énergétique entre différents ministères », alerte l’experte des matières premières. « Nous avons ici un exemple très clair et parlant de ce que l’instabilité politique peut faire sur les grandes questions économiques », déplore-t-elle.
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Relance du nucléaire
Cette nouvelle feuille de route, finalement présentée le 12 février par le Premier ministre, entérine le tournant de politique énergétique de la France initié le 10 février 2022 par Emmanuel Macron.
Le président, qui promettait en 2017 de réduire la part du nucléaire à 50 %, change alors de braquet et annonce la relance de la filière avec la construction de six réacteurs EPR2 et la prolongation du parc existant.
« La transition énergétique a longtemps été réduite à la question de l’urgence écologique, alors qu’elle conditionne également notre souveraineté économique et donc notre résilience face aux crises », analyse Andreas Rüdinger.
Quelques semaines plus tard, la Russie lance son offensive provoquant une explosion du prix du gaz. Une crise énergétique qui intervient au pire moment pour la France, déjà confrontée à une baisse historique de sa production électrique du fait de l’arrêt de plusieurs réacteurs pour cause de problèmes d’entretien.
L’État a depuis investi massivement pour corriger le tir – rattrapage du retard d’entretien, opération « Grand Carénage » pour moderniser le parc existant et prolonger sa durée de vie –, parvenant ainsi à retrouver une production électrique excédentaire, grâce au nucléaire pour les deux tiers.
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Dépendance tenace aux énergies fossiles
Forte de la puissance de sa production nucléaire complétée par les renouvelables, la France est aujourd’hui mieux préparée que ses voisins à absorber la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient.
Elle peine néanmoins à se défaire de sa dépendance aux énergies fossiles, dont la proportion dans le mix énergétique final a faiblement baissé au cours des dix dernières années (de 67 % à 60 %) et demeure majoritaire. Une situation due à un manque de réformes structurelles, selon Anna Creti.
« La stratégie de la France a été de pousser l’offre, pensant que la demande allait suivre. Le déploiement de l’électricité bas carbone permet de maîtriser les prix et donc, cela devait favoriser l’électrification. Sauf que malheureusement, ça ne marche pas exactement comme ça. Le prix est certes un levier, mais la transition nécessite des coûts d’investissement très importants et, à ce niveau, il y a eu un déficit d’accompagnement. La France a certes mis en place des primes ; c’est un premier pas. Mais on constate que l’électrification des deux chantiers prioritaires que sont la mobilité et les processus industriels est très en retard », analyse-t-elle.
« Bien qu’ils restent encore chers, les véhicules électriques représentent un investissement rentable, encore plus aujourd’hui avec l’augmentation des prix à la pompe », affirme de son côté Andreas Rüdinger.
« Mais la barrière de l’investissement reste quand même importante, notamment pour les plus modestes. C’est pourquoi il faut d’un côté renforcer les aides et de l’autre la réglementation, notamment sur l’interdiction des voitures thermiques« , poursuit le coordinateur transition énergétique France à l’Institut du développement durable et des relations internationales.
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Une planification tenable ?
Pour pallier ces retards, le gouvernement semble désormais résolu à changer de mode de gestion de crise. Fini les boucliers tarifaires énergétiques de la période post-Covid, qui avaient été prolongés durant la guerre en Ukraine pour une facture de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Soucieux de contenir le déficit, Sebastien Lecornu mise pour l’heure sur des aides temporaires ciblées aux secteurs les plus durement touchés (transport, TPE, agriculture, etc.). Il souhaite en parallèle rediriger les surplus de taxes perçus par l’État, liés à la hausse des prix des carburants, vers l’électrification.
« Les aides peuvent être nécessaires dans certains cas, mais elles ne resteront de toute façon que des patchs », souligne Anna Creti. « Les mesures ciblées temporaires sont plus dures à faire accepter, mais elles ont plus de sens économique, à la fois pour les budgets de l’État et pour la transition. »
Si elle salue un pas dans la bonne direction, l’experte estime néanmoins que le plus gros reste à faire.
« Pour réussir ce pari, il faut que le gouvernement se tienne à une vision de long terme qui donne des perspectives aux industriels pour qu’ils puissent investir et qu’ils soient accompagnés par des aides lisibles en France ainsi qu’a l’échelle européenne », insiste-t-elle.
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Andreas Rüdinger considère pour sa part que la réussite du projet passe par une hausse substantielle de l’investissement de l’État, notamment pour favoriser le « leasing social » (la location longue durée de voitures électriques) et l’acquisition de pompes à chaleur, pour les particuliers comme les professionnels.
« La France a certes des contraintes budgétaires, mais la transition énergétique devrait être une grande cause nationale, au même titre que la défense, d’autant plus qu’il s’agit d’investissements qui sont rentables », affirme-t-il. « Je suis optimiste parce que j’ai l’impression que le gouvernement français a aujourd’hui une ligne qui est extrêmement cohérente. Il faut qu’il s’y tienne et que les investissements suivent. »
Source : www.france24.com
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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