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10 avril 2026Fond vert, studio de télévision, terre plate… Sur les réseaux sociaux, les complotistes profitent de la mission spatiale Artemis II pour recycler de vieilles théories… et l’IA n’arrange rien
Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
L'équipe éditoriale a étudié « Fond vert, studio de télévision, terre plate… Sur les réseaux sociaux, les complotistes profitent de la mission spatiale Artemis II pour recycler de vieilles théories… et l’IA n’arrange rien » et partage son avis.
Points saillants
La mission Artemis II devient la cible des théories complotistes. A coup de vidéos virales et de publications générées par IA, certains internautes dénoncent une mise en scène spatiale sur les réseaux sociaux. Pourtant, la majorité des prétendues preuves d’une Terre plate ou d’une fausse mission sont fabriquées de toutes pièces.
Ils l’ont fait. Cinquante ans après les exploits d’Apollo, les astronautes d’Artemis II ont regardé la Lune de près. À bord de la capsule Orion, Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et Jeremy Hansen ont fait le tour de l’astre. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à filmer et raconter leur épopée pour le plus grand bonheur des utilisateurs, qui se sont, pour la plupart, pris d’amitié pour l’équipage.
Et pourtant, à peine le rugissement des moteurs dissipé, il n’aura pas fallu longtemps aux théories du complot pour affluer en masse sur les réseaux sociaux. Certains utilisateurs en sont persuadés: la mission est une mascarade. Tout a été mis en scène. D’autres assurent que les clichés pris par les astronautes prouvent que la Terre est plate.
Une vieille histoire qui ne passe pas
Avant même le lancement, de fausses images de la mission circulaient déjà. Forcément, toutes sont générées par IA. Au programme, des astronautes difformes qui marchent sur la Lune avant même le décollage. Autant de créations crédibles au premier regard, mais trompeuses au second.
Même constat lors du décollage. En ligne, certains internautes refusent l’évidence. Pour eux, la fusée ne serait qu’un décor, la mission une mise en scène. un rédacteur sur place en vient à arracher une poignée d’herbe pour prouver qu’il se trouve bien en Floride. « Je dois vous prouver que tout cela est bien réel », explique-t-il au spectateur.
Car en 2026, la conquête spatiale ne se joue plus seulement dans le ciel. Elle se joue aussi et surtout dans les esprits. Le phénomène n’a rien de nouveau. Dès 1974, un ouvrage affirmait que les Américains n’avaient jamais marché sur la Lune. Depuis, cette théorie, le fameux Moon hoax, n’a cessé de muter, s’adaptant à chaque époque, à chaque technologie.
On y retrouve toujours les mêmes arguments. Neil Armstrong est réduit à un acteur, la Nasa est transformée en studio de cinéma. Et, en arrière-plan, l’ombre persistante de Stanley Kubrick, le célèbre réalisateur de 2001: l’Odyssée de l’espace, accusé d’avoir orchestré le plus grand mensonge du XXe siècle.
Diffusion à la vitesse de la lumière
Ce qui change, en revanche, c’est l’outil. Hier, la rumeur circulait lentement, portée par des livres ou des documentaires marginaux. Aujourd’hui, elle se propage à la vitesse de la lumière, ou d’un clic, dopée par les logiques virales des plateformes. Il faut dire que pour la première fois, une mission spatiale d’une telle ampleur se déroule dans un environnement saturé de contenus artificiels générés par IA.
Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs les plus sceptiques scrutent chaque cliché, chaque vidéo et chaque direct. L’objectif? Discréditer l’authenticité de cette mission qui doit permettre de relancer le projet de base lunaire.
Sur certaines images du décollage diffusées par la Nasa, on distingue des nacelles suspendues à des câbles qui s’éloignent du pas de tir. Un dispositif parfaitement connu: il s’agit de systèmes d’évacuation d’urgence, conçus pour permettre à l’équipage de quitter la zone en cas de problème avant l’allumage des moteurs.
Mais sur les réseaux sociaux, ces images ont donné lieu à une tout autre interprétation. Selon une théorie virale, la fusée aurait en réalité décollé à vide, les astronautes ayant discrètement quitté les lieux grâce à ces « téléphériques ». Depuis, les astronautes seraient abrités dans un studio de cinéma au fond vert où ils sont maintenus par des câbles pour simuler l’apesanteur.
Dans une communication repérée par TF1 Info, qui cumule plusieurs millions de vues, un internaute assure avoir repéré le « fond vert » utilisé par la Nasa lors de ses directs. « Les effets spéciaux (…) ont encore mal tourné », précise le post. Sur la vidéo, du texte s’invite sur la surface verte du corps de « Rise », cette petite peluche utilisée par l’équipage pour rendre compte de l’apesanteur. Un problème technique caractéristique de l’incrustation par fond vert… qui n’apparaît pas du tout dans la diffusion originale, disponible sur Youtube.
Sur une vidéo, c’est l’iPad fixé dans la capsule qui est au cœur des débats et alimente les théories les plus folles. En réalité, certains objets sont tout simplement fixés dans le vaisseau, car utiliser une tablette qui flotte, ce n’est pas forcément de tout repos.
Fabriquer des preuves à l’aide de l’IA
Pire, désormais, l’intelligence artificielle donne vie à ces théories du complot. Sur une vidéo créée de toutes pièces, l’équipage serait sur Terre dans un studio télé sur fond vert. Crédible à quelques détails près, comme une main un peu étrange, ou bien encore l’absence d’un bras sur un astronaute.
Un autre internaute a partagé une prétendue photo de la mission. On y voit un immense cratère sur la surface lunaire, avec en arrière-plan la planète Terre parfaitement alignée. Le cliché semble trop beau pour être vrai, et pour cause. Il a été créé par IA, comme le signalent de nombreux internautes en commentaire.
Un cliché, repéré par 20minutes, montrerait… une Terre plate. L’image a particulièrement circulé dans les groupes de platistes. Mais là encore, tout est faux. En réalité, la rotondité de notre planète a été recouverte de nuages… grâce à l’IA. Le cliché ne fait d’ailleurs pas partie de la base de données de la Nasa.
D’autres interrogations émergent en ligne, cette fois sur la composition de l’équipage. En cause: une séquence filmée en panoramique. On y aperçoit Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et Jeremy Hansen saluant la caméra, avant que celle-ci ne pivote pour dévoiler la Terre depuis l’espace. Un mouvement jugé suspect par certains internautes. Pour eux, un tel travelling impliquerait nécessairement la présence d’un cinquième passager ou d’un dispositif autonome. « S’ils ne sont que quatre à bord d’Artemis II, qui tient la caméra? », s’interrogent-ils en légende.
Il s’agit en réalité d’un montage assemblé à partir de deux images distinctes, toutes deux accessibles en ligne. D’un côté, un extrait où l’on voit l’équipage sourire face caméra, diffusé sur le compte X de l’agence, de l’autre, une vue de la Terre apparaissant à travers un hublot… mais issue d’une séquence différente.
L’origine précise de ce montage reste inconnue. Plusieurs éléments laissent toutefois penser à une fabrication assistée par IA. Le clip dure environ dix secondes, une durée typique des outils actuels de génération vidéo. La main droite d’un astronaute déformée, une rupture sonore audible en plein milieu de l’extrait, ainsi qu’une incohérence dans la position de la caméra ont été repérés par plusieurs utilisateurs.
Crise de confiance
A chaque fois, le mécanisme est le même. Un détail mal compris, isolé de son contexte, puis amplifié jusqu’à devenir une « preuve » pour les spécialistes des théories du complot. Peu importe que les images originales, accessibles sur les canaux officiels, contredisent ces interprétations. Ce qui compte, c’est la narration.
Le problème n’est pas seulement l’existence des publications et montages générés par IA. C’est leur recyclage. Ainsi, une vidéo générée par IA, mise en ligne par un profil proposant des « fantaisies spatiales à l’aide de l’IA », est devenue, une fois recadrée, une prétendue « preuve » que la mission est un mensonge. La troisième jambe et la main déformée d’une astronaute sont alors brandies comme indices d’une manipulation de la Nasa… alors même que la source revendique la fiction.
Jamais une mission n’a été aussi documentée. Photos en haute définition, retransmissions en direct, publications continues,… tout est disponible. Et pourtant, la confiance recule. Selon un sondage Viavoice publié lundi en partenariat avec Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et Ouest-France, un Français sur deux estime être plus souvent confronté aux fausses informations. « La confiance dans les contenus multimédias recule fortement depuis l’essor de l’IA (jusqu’à 63% pour les photographies non relayées par les médias) », précise le sondage.
D’après un sondage de l’Ifop datant de novembre 2022, 20% des jeunes Français estiment que « les Américains ne sont jamais allés sur la Lune ». Une proportion en hausse de cinq points en cinq ans, selon l’Institut. Et 16% pensent que la Terre est plate.
Désormais, l’image n’est plus une preuve en soi. Elle devient un objet de débat. Pour éviter de tomber dans le panneau, il est possible de se rendre sur le site de la Nasa. Toutes les photos de l’équipage sont en libre accès. Les réseaux sociaux officiels de l’agence américaine publient également de nombreux clichés et vidéos.
Fort de toutes ces informations, libre à chacun de croiser les sources, d’opter pour un doute raisonnable et une conviction établie sur des faits avérés ou de faire le choix opposé. Même si, depuis la Terre, et il faut en savourer l’ironie, cette seconde voie semble… lunaire.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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