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le paradis des gros mangeurs… et du grand gâchis – franceinfo
10 avril 2026Sodexo : « Nous n’avons pas eu assez faim pour gagner des clients »… Sodexo déçoit sur ses résultats, sabre ses objectifs et plonge de 11% en Bourse
Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Sodexo : « Nous n’avons pas eu assez faim pour gagner des clients »… Sodexo déçoit sur ses résultats, sabre ses objectifs et plonge de 11% en Bourse ».
Éléments à garder en tête
(BFM Bourse) – Le groupe de restauration collective a livré des résultats inférieurs aux attentes et baissé ses prévisions pour l’exercice en cours. Le nouveau directeur général, Thierry Delaporte a décidé de prendre des mesures pour réveiller à la croissance quitte à sacrifier les marges.
Sodexo reste une source de crispation constante pour le marché. Depuis plus d’un an, le groupe de restauration collective présente une croissance et des résultats décevants au marché.
L’entreprise fondée par Pierre Bellon et contrôlée par sa famille a affiché des contre-performances notables en Amérique du Nord (47% des revenus de la société), notamment dans les segments « Éducation » (universités, écoles) et « Santé » (hôpitaux).
En mars 2025, la société avait émis un lourd avertissement sur résultats cristallisant les difficultés du groupe dans la zone. L’action avait alors dévissé de 17,15%.
L’ex-pensionnaire du CAC 40 (Sodexo en est sorti en 2020) est grandement à la traîne de ses rivaux, le britannique Compass et l’américain Aramark.
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L’action dévisse encore
« Les faits le disent: nous avons régulièrement sous-performé notre marché et nos concurrents », a d’ailleurs reconnu ce vendredi le nouveau directeur général, Thierry Delaporte, qui s’exprimait pour la première fois devant la communauté financière depuis son arrivée, en novembre dernier.
Le dirigeant a été choisi par la famille Bellon pour relancer la société. Issu du monde de la tech (il a longtemps travaillé chez Capgemini puis chez l’indien Wipro), Thierry Delaporte a récemment suscité l’enthousiasme de Jefferies. La banque a relevé fin mars son conseil à l’achat sur Sodexo, jugeant que le nouveau directeur général est l’homme idoine pour redresser le groupe à moyen terme.
Mais, dans l’immédiat, Thierry Delaporte se retrouve face à une tâche herculéenne. Les comptes semestriels et les perspectives livrés par Sodexo, ce vendredi 10 avril, en attestent.
L’action de l’entreprise de restauration collective souffre ce vendredi, chutant de 11,2% vers 12h alors que Sodexo a publié des résultats inférieurs aux attentes et sabré ses objectifs pour l’exercice 2025-2026, clos en août prochain.
Sur le seul deuxième trimestre de cet exercice, Sodexo a dégagé une croissance en données comparables de 1,6%, un chiffre en ligne avec les attentes, mais, dans l’absolu, éloigné du rythme de croisière du secteur. À titre de comparaison, Compass avait dégagé une croissance en données comparables de 7,3% sur le trimestre clos fin décembre.
Sur l’ensemble du premier semestre, Sodexo a enregistré une croissance de 1,7% en données comparables, une progression modeste, qui est notamment due à des pertes de contrats aux États-Unis.
Le résultat d’exploitation a chuté de 32% à 442 millions d’euros. La marge correspondante s’est inscrite à 3,7% contre 5,2% un an plus tôt.
Coup de canif sur les prévisions
Cette ligne de compte a largement manqué le coche. Selon Jefferies, le consensus (la prévision moyenne des analystes) retenait un chiffre de 547 millions d’euros et un taux de marge de 4,4%.
La rentabilité de la société a été plombée par la qualité de l’exécution de la société mais aussi par les premières décisions prises par Thierry Delaporte pour réanimer la croissance.
Sodexo a, par exemple, augmenté ses investissements, ce qui a pesé à hauteur de 0,2 point de pourcentage de marge.
De plus, le groupe a passé des provisions spécifiques liées à certains contrats, au regard de leur performance effective et des conditions de marché actuelles, ce qui a encore obéré les marges à hauteur de 0,7 point de pourcentage.
À l’issue de cette publication, Sodexo a abaissé ses perspectives pour l’exercice 2025-2026 clos en août prochain, citant notamment la dynamique commerciale plus faible que prévu au premier semestre.
L’entreprise table désormais sur une croissance en données comparables située entre 0,5% et 1% contre une fourchette de 1,5% à 2,5% précédemment. La marge d’exploitation est, elle, attendue entre 3,2% et 3,4%. La société espérait auparavant dégager une rentabilité légèrement inférieure à celle du précédent exercice (4,7%).
UBS écrit que l’ampleur de cette révision conduira le marché à abaisser drastiquement ses anticipations de bénéfices.
« Sodexo avait déjà fixé des prévisions prudentes, mais les résultats du premier semestre mettent en évidence les difficultés rencontrées. Cela ne manquera toutefois pas d’entraîner une nouvelle érosion de la confiance des investisseurs », estime de son côté Barclays.
« La croissance est la solution »
Lors de la conférence tenue devant les analystes, Thierry Delaporte a livré un diagnostic sans fard sur l’état de santé du groupe.
Le directeur général a affirmé que « la croissance (était) la solution » qu' »elle viendrait de l’obsession du client ». La croissance n’est pas seulement un résultat c’est un catalyseur », a-t-il enchaîné.
Or, selon Thierry Delaporte, Sodexo a manqué de rigueur vis-à-vis de ses clients.
« Nous n’avons pas été assez cohérente dans le déploiement d’une offre ‘best in class’ (la meilleure possible, NDLR) et dans l’exécution », a assuré le dirigeant.
Le directeur général a pointé des lacunes du côté de l’intensité commerciale. « Nous n’avons pas eu assez faim pour gagner des clients, pour rester proche d’eux », a-t-il déclaré, expliquant que la société n’avait pas su conserver ses clients ou développer des contrats existants.
« Dans une industrie de services, vous ne pouvez pas examiner la dynamique des ventes de temps à autre et espérer que l’intensité apparaisse par magie », a-t-il encore affirmé.
Thierry Delaporte a également pointé des problèmes dans le processus de décisions avec des « structures trop lourdes », avec trop de strates, empêchant ainsi de se focaliser sur les clients. Le dirigeant a aussi mis en cause des difficultés de priorisation, avec des « initiatives parallèles qui ont conduit à des gâchis d’attention et de ressources ».
Le directeur général a décidé de commencer à rectifier le tir en instaurant une revue des contrats, en renforçant les forces de ventes et en accélérant les investissements dans la tech.
Ces mesures « auront un influence à court terme sur les marges et cela est délibéré, nous sommes là pour réparer le moteur et accélérer la croissance de façon durable », a assuré Thierry Delaporte.
Le directeur général présentera une feuille de route de moyen terme lors d’une journée dédiée aux investisseurs, le 16 juillet prochain.
« Il n’existe pas de solution miracle »
Reste que le chemin est long. Certes, les investisseurs peuvent considérer les annonces du jour comme du « kitchen sinking » c’est-à-dire un évènement durant lequel la société fait un grand ménage et remet tout à plat pour préparer des jours meilleurs, écrit Royal Bank of Canada.
« Toutefois, les investissements dans les technologies, les systèmes, la chaîne d’approvisionnement et les capacités commerciales devraient s’intensifier au second semestre, et leur incidence sur l’exercice clos en mars 2027 ne devrait pas être pleinement clarifiée avant la réunion du conseil d’administration de juillet », poursuit la banque canadienne.
« Comme le reconnaît pleinement le directeur général, il n’existe pas de solution miracle, et il est impératif de ramener le groupe sur la voie d’une croissance réelle, d’autant plus que le temps presse avant un refinancement de la dette plus coûteux (qui, comme l’a confirmé le directeur financier, devrait entraîner une hausse des charges financières nettes de l’ordre de 20 % à 35 % au cours des trois à quatre prochaines années) », explique Royal Bank of Canada.
« le note positif reste que le marché est en bonne santé et bénéficie d’une dynamique structurelle d’externalisation (comme en témoignent les performances des pairs cotés), mais les investisseurs ont déjà vécu cette situation à plusieurs reprises avec Sodexo, et il est donc peu probable qu’ils prennent pour argent comptant les promesses de reprise sur un horizon donné », tance encore Royal Bank of Canada.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
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