Entre Trump et les influenceurs Maga, la guerre est déclarée
10 avril 2026/2026/04/09/69d7d9914464c159514457.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
une enquête pour pratique commerciale trompeuse ouverte après des hausses de prix de billets au moment du paiement – franceinfo
10 avril 2026aux Etats-Unis, les influenceurs MAGA se déchirent face à la guerre en Iran, certains appellent même à sa destitution
Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Un point rapide sur l'article « aux Etats-Unis, les influenceurs MAGA se déchirent face à la guerre en Iran, certains appellent même à sa destitution » selon nos journalistes.
Analyse rapide
Les récentes déclarations de Donald Trump au sujet de la guerre en Iran ont divisé ses partisans influenceurs. Plusieurs créateurs MAGA évoquent la possibilité d’une destitution du président américain via le 25e amendement de la Constitution.
C’est une rupture qui sonne comme un coup de tonnerre. Candace Owens, figure emblématique de la sphère conservatrice américaine, longtemps fer de lance du trumpisme médiatique, appelle désormais à la destitution de Donald Trump. Une volte-face spectaculaire, révélatrice d’un malaise grandissant au sein de la coalition MAGA, selon Wired.
Pendant des années, Candace Owens s’était imposée comme l’une des voix les plus audibles du mouvement, mobilisant une audience fidèle acquise à la cause du président. Mais les derniers mois ont vu s’accumuler les lignes de fracture. L’affaire Epstein, l’intervention controversée de l’administration américaine au Venezuela et les tensions avec l’Iran ont ébranlé ses certitudes.
Une coalition fracturée
C’est précisément ce dernier dossier qui semble avoir fait basculer l’équilibre. Les menaces particulièrement virulentes du président américain, qui a menacé d’anéantir une « civilisation entière », a suscité une onde de choc jusque dans son propre camp.
Sur le réseau X (ex-Twitter), Candace Owens a franchi un Rubicon politique.
« Il faut invoquer le 25e amendement. C’est un génocidaire fou. Notre Congrès et nos forces armées doivent intervenir. Nous sommes au-delà de la folie », lance-t-elle.
Elle n’est pas seule. Plusieurs figures de la droite américaine ont également pris leurs distances avec Donald Trump. Ils s’opposent fermement à la guerre en Iran menée par le Républicain, voyant là une rupture de la promesse isolationniste de l' »Amérique d’abord ». Ils l’accusent aussi, à des degrés divers, d’avoir cédé aux pressions d’Israël pour déclencher le conflit.
Plusieurs d’entre eux évoquent la possibilité d’une destitution du président américain via le 25e amendement de la Constitution. Le texte prévoit qu’un président puisse être déclaré « inapte » à exercer ses fonctions. Et ça, à quelques mois d’une échéance électorale importante: les élections de mi-mandat, en novembre prochain.
L’ancienne élue républicaine et d’extrême droite, Marjorie Taylor Greene, a ainsi appelé à invoquer le 25e amendement, qualifiant les actions de Trump en Iran de « malfaisantes et insensées ».
Le complotiste Alex Jones s’est également interrogé publiquement sur les moyens d’évincer le président. Dans son émission InfoWars, il a ainsi demandé à son inviité: « Comment peut-on invoquer le 25e amendement pour le faire virer? »
Jusqu’au très influent podcasteur Joe Rogan. Dans un épisode de son podcast la semaine dernière, l’humoriste Theo Von, qui avait reçu Trump dans sa propre émission en 2024, a qualifié les États-Unis et Israël de « putains de terroristes ». « C’est ignoble à tous les niveaux », a de son côté déclaré l’ancien commentateur de Fox News, Tucker Carlson, lors de son émission, en référence aux récents messages de Trump sur Truth Social concernant l’Iran.
Le streamer Sneako, adepte de la « pilule rouge », cette théorie qui symbolise l’éveil à une prétendue vérité, assure que « Joe Biden (lui) manque » sur X.
« Ils sont stupides »
Des réactions qui ont un peu plus fracturé la coalition médiatique MAGA. Les fidèles du trumpisme n’ont pas tardé à riposter. Certains appellent ouvertement le ministère de la Justice à enquêter sur ces influenceurs accusés d’être, potentiellement, les relais d’intérêts étrangers.
La militante conservatrice Laura Loomer a ainsi qualifié les publications de Candace Owens d’ »opération d’influence étrangère la plus flagrante jamais vue ». Jack Posobiec, un fervent promoteur de la théorie du complot Pizzagate, a appuyé ces propos.
La principale intéressée, loin de se rétracter, assume. « Le ministère de la Justice peut enquêter sur moi autant qu’il le souhaite (…) il ne trouvera rien », tranche Candace Owens. Une posture de défi qui illustre l’ampleur de la rupture.
Comme à son habitude, Donald Trump n’a pas pu s’empêcher de commenter la situation… à sa manière. Jeudi 9 avril, le président américain s’en est pris d’une façon particulièrement virulente à plusieurs figures de la droite radicale américaine, dont certains complotistes, accusées par le président américain de s’opposer à la guerre qu’il a lancée contre l’Iran.
« Je sais pourquoi Tucker Carlson, Megyn Kelly, Candace Owens et Alex Jones (…) trouvent formidable que l’Iran, premier État soutenant le terrorisme, ait l’arme nucléaire », a écrit le milliardaire républicain sur son réseau Truth Social. « C’est parce qu’ils ont quelque chose en commun: ils ont un QI bas. Ils sont stupides. »
Les limites de la stratégie médiatique de Trump
Les quatre « ont tous été virés de la télévision, ont perdu leurs émissions, et ne sont même plus invités sur les plateaux parce que personne ne s’intéresse à eux, ce sont des déséquilibrés, des fauteurs de troubles, » a écrit Donald Trump, lettres capitales à l’appui.
Depuis le début de son second mandat, Donald Trump a largement investi dans les créateurs de contenu pour relayer ses positions, allant jusqu’à marginaliser les médias traditionnels au profit d’influenceurs acquis à sa cause. A l’automne dernier, le Pentagone a révoqué les accréditations de presse des médias traditionnels pour les remplacer par celles de créateurs comme Laura Loomer et Cam Higby. Mais cette stratégie montre aujourd’hui ses limites.
Selon une source proche de ce réseau, l’administration n’aurait même pas pris la peine de coordonner sa communication avec ces influenceurs sur le dossier iranien. « La droite en ligne n’était pas favorable et rien n’aurait pu changer cela. Le mieux qu’ils pouvaient espérer, c’était le silence », note la source. Malheureusement pour Trump, le silence a désormais laissé place à une fronde ouverte.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

9999999
