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Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « 1945, inventer la paix : épisode du podcast Paix, anatomie d’une promesse ».
Résumé pour le lecteur
« Les buts des Nations Unies sont les suivants : maintenir la paix et la sécurité internationales et, à cette fin, prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix. » Extrait de l’article 1er de la charte des Nations Unies, San Francisco, le 26 juin 1945.
Un droit de la paix ou un droit de la puissance ?
Pour le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie, la Charte des Nations Unies représente un tournant historique : après la Seconde Guerre mondiale et ses 60 millions de morts, après l’Holocauste, il s’agissait de dépasser la vieille logique de l’équilibre des forces. « Ce qu’il y avait dans la tête de tout le monde en 1945, c’est que la vieille idée de rapport de puissance (balance of powers) n’a servi à rien qu’à entretenir cette banalité de la guerre. Donc il faut quelque chose de supérieur, c’est-à-dire une norme. Et cette norme, c’est le droit international. » La Charte bannit donc la guerre, sauf en cas de légitime défense, laquelle est strictement encadrée par deux conditions : la matérialité de la menace et la proportionnalité de la réponse.
Mais ce système international, qui permettrait de vivre durablement en paix, bute sur ce que Bertand Badie appelle un « faux multilatéralisme ». « On reste dans un schéma wilsonien : on produit une institution multilatérale, mais elle ne doit pas remettre en cause le principe de souveraineté », observe-t-il. Ainsi, le droit de veto, négocié entre Roosevelt, Staline et Churchill pour satisfaire le Congrès américain, introduit « un droit dérogatoire des puissants ». « On croyait avoir créé un droit de la paix, on a créé un droit de la puissance ». Une « paix des vainqueurs », déjà à l’œuvre avec la Société des nations (SDN).
La Guerre froide, révélatrice des impasses
Cependant, tant que les grandes puissances s’entendent, la faille reste invisible. Mais à partir de 1947, avec la Guerre froide, le droit de veto devient un instrument de paralysie. La guerre de Corée, le Vietnam, l’écrasement de Budapest et de Prague, les conflits de décolonisation : « Rares sont les conflits que l’Organisation des Nations Unies pourra maîtriser », constate Bertrand Badie.
Il identifie pourtant un contre-exemple : la conférence d’Helsinki de 1975 , qui pose les bases d’une sécurité collective européenne fondée sur la reconnaissance réciproque des frontières. Une logique « systémique », dit-il, où la sécurité nationale devient dépendante du système. Mais après la chute du mur de Berlin, « on est à nouveau pris par le virus du vainqueur. On se dit : on a terrassé l’URSS, donc on va imposer à la nouvelle Russie notre ordre. »
De la puissance des États à la sécurité des individus
Face à l’irréformabilité du Conseil de sécurité – dont le veto bloquerait toute tentative de supprimer ce même veto –, Bertrand Badie salue le « génie » de Kofi Annan , qui a choisi de le contourner en s’appuyant sur ce qu’il appelle le multilatéralisme social : créer, par le transformation et la transformation des sociétés, les conditions d’une paix durable. « Il dit que le ferment de la guerre, ce n’est pas la rivalité de puissances, c’est au contraire l’effet de faiblesse et de décomposition des sociétés. »
Bertrand Badie salue le « formidable » rapport du Programme des Nations Unies pour le évolution (PNUD) de 1994, qui définit sept sécurités humaines – alimentaire, sanitaire, climatique, économique, culturelle, individuelle et institutionnelle – dont l’objectif est de « libérer l’humain de la peur » (« free from fear »). « Si vous avez tout cela, la probabilité de la guerre diminue de manière extrêmement forte. » C’est, selon lui, « la définition de la paix ».
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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