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YOAN VALAT / AFP
Pourquoi les oppositions ont si peu de choses à dire après le discours de Macron sur la dissuasion
Plus de panique à bord. Le discours d’Emmanuel Macron sur le renouveau de la dissuasion nucléaire française est plutôt bien accueilli dans l’ensemble de la classe politique. Même ceux qui avaient montré le plus de scepticisme avant cette prise de parole, à droite et à l’extrême droite, sont contraints de battre en retraite.
Le chef de l’État a annoncé, lundi 2 mars, la plus importante mise à jour de la stratégie nucléaire tricolore sur les 30 dernières années. Pour résister dans un monde toujours plus « instable et dangereux », la France va donc augmenter son arsenal de têtes, et donner à sa doctrine une nouvelle dimension résolument européenne. Sans doute l’aspect le plus sensible.
« Notre sécurité ne s’est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire, au plan conventionnel comme au plan nucléaire. Aujourd’hui plus que jamais l’indépendance ne peut être la solitude », a notamment expliqué le chef de l’État, dans ce discours salué à l’étranger, et très attendu en France.
Macron démine l’aspect le plus explosif
Conscient du caractère explosif de tels enjeux, Emmanuel Macron a pris grand soin de déminer un point crucial : non, la décision finale d’utiliser l’arme nucléaire ne sera pas partagée avec d’autres alliés européens, contrairement à ce que disaient craindre des dirigeants LR et RN, en contradiction avec la doctrine française en la matière. Ce mardi, leurs cris d’orfraie tombent dans le vide.
« Il n’y aura aucun partage de la décision ultime ni de sa planification ou de sa mise en œuvre » avec les Européens, a effectivement rappelé Emmanuel Macron depuis l’île Longue, dans le Finistère. Quand bien même huit pays du Vieux Continent pourront se joindre à la France pour des exercices, voire accueillir sur leurs sols des avions rafales chargés de la bombe atomique. « La décision ultime » de déclencher le feu nucléaire « revient au seul président de la République, responsable devant le peuple français », a-t-il insisté, à plusieurs reprises.
Ce faisant, il a réduit à peau de chagrin les prises éventuelles des oppositions qui s’inquiétaient d’un abandon de souveraineté, alors que la dissuasion française voulue par le général de Gaulle se veut complètement indépendante. Elle repose depuis le départ sur l’appréciation d’un seul homme, le président, d’une menace contre les intérêts vitaux du pays. Sur ce point, rien ne changera, donc.
Pour mesurer l’écho positif de celle allocution, il suffit de se pencher sur les déclarations de Bruno Retailleau. Avant, le président des Républicains signait une tribune dans Le Journal du Dimanche pour s’inquiéter d’une « communication de plus » ou d’une « transgression de trop » de la part du locataire de l’Élysée. Après, il s’est fendu d’une déclaration sobre sur les réseaux sociaux, satisfait d’avoir été « rassuré sur l’essentiel. »
De Le Pen à Mélenchon, pas grand-chose à redire
Dans ce même esprit, le Rassemblement national se montre relativement discret. Dans un communiqué publié lundi soir, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont indiqué « prendre acte du discours du président de la République » et notamment de « la réaffirmation du caractère souverain de la décision d’emploi de l’arme atomique. »
Une appréciation venue des deux têtes du parti qui tranche, ici, avec les menaces de destitution agitées par plusieurs de leurs ouailles. Ou avec les déclarations toujours sceptiques de certains. Ce mardi, Sébastien Chenu semblait par exemple bien en peine sur franceinfo pour rester critique à l’égard du chef de l’État, sans reproches concrets. « Cette espèce de dissuasion avancée, on ne voit pas bien à quoi ça correspond. J’ai toujours l’impression qu’Emmanuel Macron essaie de donner un coup de peinture européiste à tous ces discours », a ainsi déploré le vice-président (RN) de l’Assemblée, peinant à dissimuler son malaise.
À gauche, même Jean-Luc Mélenchon ne trouve pas grand-chose à redire. Du moins, pour l’instant. Saluant de « bonnes décisions » annoncées par Emmanuel Macron, le leader de La France réclame toutefois « une analyse minutieuse sur tous les plans » de la « dissuasion avancée », afin de « pouvoir apprécier concrètement de quoi il est question ».
Car derrière ces rares satisfecit, sans doute motivés en partie par la volonté de ces différents dirigeants de se hisser au niveau présidentiel avant les échéances de 2027, émergent malgré tout quelques différences de vues. Ainsi, la droite et l’extrême droite insistent sur les « contreparties » que la France devrait imposer à ses partenaires avant d’étendre sa protection. À gauche, chez LFI ou au PS, on plaide plus volontiers pour que le Parlement se saisisse désormais de cette nouvelle doctrine. Plus de panique à bord, le débat et la cohésion d’abord.

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