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Un résumé concis de « trois ans après la mort d’Émile, un livre se plonge dans les mystères de l’affaire » selon notre équipe.
À retenir
Dans le nouvel épisode du podcast « Affaire suivante », le correspondant Valentin Doyen revient sur les zones d’ombre d’une Affaire Emile toujours irrésolue. Piste familiale, accidentelle, enquête… Une fenêtre sur les méandres du dossier.
Émile, un livre et de nouvelles révélations. Deux ans après la découverte du crâne du petit garçon par une randonneuse, et près de trois ans après sa disparition au Haut-Vernet, une question reste entière: qui a tué l’enfant?
Disparu le 8 juillet 2023 alors qu’il se trouvait sous la surveillance de ses grands-parents, Émile est depuis au cœur d’une enquête mystérieuse. Un drame qui a profondément marqué Valentin Doyen, ancien journaliste de BFM DICI, ancré dans ce territoire qu’il connaît intimement.
Au fil des mois, il en a fait une affaire personnelle, tissant des liens étroits avec la famille comme avec les enquêteurs. Dans le nouvel épisode du podcast « Affaire suivante », il revient sur deux années d’investigation en publiant le 8 avril 2026: Émile, les zones grises de l’enquête, un livre qui revient au cœur d’un mystère qui hante toujours la région.
Vous avez pu rencontrer la famille Vedovini, dans quel esprit étiez-vous et quelles étaient les circonstances de ces rencontres?
J’étais apeuré. J’ai écrit deux lettres: une adressée aux grands-parents et une à Colomban et Marie, les parents du petit Émile. Je voulais expliquer ma démarche, pourquoi je souhaitais écrire un livre et pourquoi j’avais pu parfois les blesser en exerçant mon métier.
J’ai réussi à rencontrer les grands-parents. J’étais un peu tétanisé à l’idée de pénétrer l’intimité de gens qui ont été écornés par mon travail. Je ne savais pas ce qu’ils penseraient de moi ni dans quel état d’esprit ils m’attendraient. Ce sont des personnes qui ont été placées en garde à vue, soupçonnées d’avoir fait du mal à leur petit-fils et d’avoir caché son corps.
Dans votre livre vous racontez les 47 heures de garde à vue simultanées pour le grand-père, la grand-mère, l’oncle et la tante. Que découvrez-vous sur les coulisses de ces interrogatoires?
Pour garder une part de secret, je ne vous dirai pas tout. Mais les enquêteurs souhaitaient les faire craquer. Ils avaient une intime conviction concernant le suspect numéro un, Philippe Vedovini, dont le tempérament aurait pu le conduire à faire du mal à son petit-fils. Les enquêteurs ont utilisé toutes les méthodes possibles pour obtenir des aveux. Cet acte d’enquête était préparé depuis plusieurs mois.
C’est un coup de pression qui a été mis sur la famille et cela commence avec le communiqué du procureur Blachon révélant que quatre membres de l’entourage familial étaient en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavre. En donnant ces informations, il savait que cela provoquerait un séisme judiciaire. Il y avait une volonté d’obtenir des aveux pour une mise en examen, mais ces aveux ne sont jamais arrivés.
Ils sont donc ressortis libres sans poursuites. Vous rappelez que la seule question qui compte pour les parents est: qui a tué ce petit garçon?
C’est la priorité. En tant que journalistes, nous nous sommes intéressés au passé des proches, à un jeune agriculteur ou à des ouvriers bulgares. Notre métier est d’informer, mais j’explique dans le livre que le système va parfois trop loin. Les familles d’Émile ne veulent savoir qu’une chose: qui a fait du mal à cet enfant, quand et pourquoi? Plus de deux ans après, nous ne savons toujours pas l’essentiel.
La piste familiale reste sur la table. On a appris que des vélos perquisitionnés en décembre ont été rendus. Un autre lieu a également été perquisitionné?
Les vélos se trouvaient dans la résidence secondaire du Vernet et dans la résidence principale de La Bouilladisse. Divers objets ont été saisis puis rendus. Si la justice les a restitués, c’est qu’elle ne compte pas s’en servir pour manifester la vérité; sinon, ils seraient sous scellés. Les enquêteurs ferment ainsi des portes les unes après les autres.
Dans votre livre, on en apprend plus sur Maximin, l’oncle d’Émile. Pourquoi les enquêteurs s’intéressent-ils à lui?
C’est l’oncle le plus âgé présent au Haut-Vernet lors de la disparition. Il a activement cherché l’enfant à vélo pendant trois jours et trois nuits. Comme il fait partie des derniers à avoir vu Émile vivant, il est logique qu’il intéresse les enquêteurs. S’il y a des zones d’ombre dans la famille, il y en a aussi ailleurs.
Vous révélez des informations sur les biotopes et l’endroit où les chiens auraient marqué. On a souvent dit qu’ils avaient marqué au lavoir, mais vous précisez que ce n’est pas si clair?
Le lavoir est une déduction journalistique logique car l’enfant a été vu descendant le hameau vers cet endroit. Cependant, selon une source judiciaire, il n’y a eu aucun marquage clair au lavoir. En revanche, les chiens ont véritablement marqué plus au nord, près d’une cabane où Émile aimait se rendre avec ses oncles et tantes. C’est là qu’ils ont ressenti sa présence de manière flagrante.
Qu’avez-vous découvert sur l’état des ossements et l’ADN retrouvé sur le crâne et les vêtements?
Le doute est permis car plusieurs hypothèses restent sur la table. Le professeur Christian Doutremepuich, expert en ADN, avait isolé de nombreuses traces étrangères à la famille sur les vêtements. Malheureusement, il s’est avéré qu’il y avait beaucoup de contaminations dues aux manipulations lors de l’intervention initiale de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, NDLR). Scientifiquement, un ADN est toujours exploitable, mais judiciairement, une contamination peut faire capoter une enquête devant un tribunal.
La vérité sera-t-elle possible un jour? Un enquêteur vous a dit que l’on trouverait sans doute la vérité, mais pas forcément l’auteur. Partagez-vous cet avis?
Je reste modeste. Le général Berthelin m’a confié que cette affaire était la plus mystérieuse de sa carrière. Même si six gendarmes travaillent encore jour et nuit sur le dossier, la vérité ne sera peut-être jamais complète. On peut avoir des certitudes, mais le doute doit rester permis.
Avez-vous une intime conviction?
Je ne la donnerai jamais pour rester crédible, mais comme tout le monde, j’en ai une. Pourtant, chaque fois que j’ai une certitude, un nouvel élément vient remettre le doute. Un bon enquêteur, comme un bon journaliste, est celui qui doute.
C’est devenu l’affaire d’une vie. J’ai tissé trop de liens pour m’en détacher. J’ai aussi transposé cette situation à ma propre vie de père. Quand mon fils Roméo, qui a l’âge d’Émile, m’a demandé avec insouciance si le petit garçon sur mon téléphone était mort, j’ai pris une claque. Mais ce n’est rien à côté de ce que vivent les parents d’Émile.
Affaire suivante, votre podcast sur les grandes affaires judiciaires
De l’affaire du Petit Grégory à celle de Delphine Jubillar, en passant par la disparition du vol MH370, Affaire suivante revient sur les plus grandes énigmes judiciaires et criminelles de France. Chaque vendredi, Pauline Revenaz vous propose un nouvel épisode pour vous plonger au cœur des dossiers qui ont marqué l’histoire. Le podcast est disponible sur le site et l’application de BFM et sur toutes les plateformes d’écoute: Apple Podcasts, Amazon Music, Deezer ou Spotify.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

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