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12 avril 2026Qu’est-ce que « Super El Niño », phénomène météo qui intervient « tous les 15 à 20 ans » et qui est envisagé cette année ?
Analyse : Notre équipe offre une vue générale sur cette actualité récente.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Qu’est-ce que « Super El Niño », phénomène météo qui intervient « tous les 15 à 20 ans » et qui est envisagé cette année ? ».
Points essentiels
JUAN GAERTNER/SCIENCE PHOTO LIBR / Getty Images/Science Photo Libra
El Nino est la phase chaude du cycle « Nino-Nina » qui se produit dans l’océan Pacifique.
Cyclone-bombe. Vortex polaire. Rivière atmosphérique. Le monde de la météorologie ne manque pas de termes à consonance spectaculaire. Depuis quelques jours, c’est « super El Niño » dont il est question en raison de nouvelles prévisions qui poussent les scientifiques à surveiller de près l’océan Pacifique.
« El Niño commence classiquement par un réchauffement des eaux dans le Pacifique tropical oriental, explique Matthew Cappucci, météorologue principal chez MyRadar. C’est l’opposé de La Niña. Ces deux phénomènes représentent les extrêmes d’un cycle oscillant entre l’atmosphère et les océans. » « En général, on en rencontre tous les 3 à 4 ans depuis 1950 », indique Jonathan Erdman, météorologue principal pour l’application The Weather Channel.
« C’est une petite zone d’eau, située dans une région assez isolée où peu de gens vivent, mais elle a un influence disproportionné sur le climat et la météo à l’échelle mondiale pendant une longue période », explique Ryan Truchelut, météorologue en chef chez WeatherTiger. « Ces températures de l’eau agissent comme un métronome des conditions météorologiques globales. C’est un cycle de rétroaction qui nous offre une certaine prévisibilité pour les 6 à 12 mois à venir, voire parfois jusqu’à deux ans. »
Quand El Niño devient super El Niño
Certains épisodes d’El Niño sont tellement puissants qu’ils atteignent le niveau « super ». Cela signifie que l’eau est particulièrement chaude par rapport à la moyenne dans cette zone du Pacifique. « Nous mesurons l’intensité d’un El Niño ou d’une La Niña en fonction de l’écart entre la température de l’eau et la normale, explique Matthew Cappucci. Pour un super El Niño, les températures de l’eau sont environ 2 degrés au-dessus de la moyenne. »
« Les super El Niño sont des événements relativement rares qui surviennent en moyenne une fois tous les 15 à 20 ans », indique Nathan Hamblin, météorologue et spécialiste des risques météorologiques à long terme chez le service de données météo DTN. Il précise que les deux derniers ont eu lieu en 1997-98 et 2015-2016.
« Le cycle oscille entre El Niño et La Nina (et inversement) tous les deux à sept ans en moyenne, ajoute Matthew Cappucci. Chaque phase est généralement plus marquée en hiver. Ces dernières années, les océans du monde se sont tellement réchauffés qu’il devient plus facile de voir apparaître des super El Niño. »
Que se passe-t-il actuellement ?
« Les conditions actuelles sont quasiment idéales pour créer un incident plus intense », explique Nathan Hamblin en précisant que les épisodes les plus forts atteignent leur pic à l’automne. Ainsi, même si un super El Niño se forme, nous n’en ressentirons pas forcément les effets cet été ; nous aurons en revanche une meilleure idée de ce à quoi nous attendre pour l’automne et l’hiver.
Paul Pastelok, météorologiste pour AccuWeather observe toutefois des changements plus rapides cette année. « Les températures de surface de la mer évoluent tellement rapidement que cet El Niño pourrait débuter en juin et se renforcer rapidement », anticipe-t-il en mentionnant plusieurs facteurs comme le réchauffement des eaux sous la surface dans le Pacifique central et oriental et des changements dans l’océan Indien.
« Certaines récentes poussées de vents d’ouest ont été aussi fortes que celles observées lors de puissants El Niño par le passé, note Nathan Hamblin. Les modèles s’appuient sur ces signaux donc les météorologues envisagent une forte probabilité d’un El Niño intense, voire d’un super El Niño dès cette saison. » Malgré tout, une forte probabilité ne signifie pas certitude.
Même si certains facteurs atmosphériques actuels vont dans ce sens, Kyle Leahy appelle lui aussi à la prudence. « Il est encore un peu tôt pour être pleinement confiant quant à une intensité aussi élevée, explique ce météorologiste chez WeatherWorks. Un El Niño fort est probable, mais le qualificatif “super” reste incertain. »
Quelles conséquences sur la météo ?
« Un El Niño n’est pas une tempête. Il ne vous affecte pas directement, explique Paul Pastelok. C’est un cycle qui contribue, parmi de nombreux autres facteurs, à produire des changements météorologiques et parfois des phénomènes extrêmes. »
Chaque El Niño est différent et n’est jamais le seul facteur influençant les conditions météorologiques à un moment donné. Mais il reste un élément important. Un super El Niño pourrait apporter de bonnes nouvelles météorologiques dans certaines régions, du moins sur certains aspects.
« Les El Niño plus puissants ont tendance à freiner le progrès des ouragans dans le bassin atlantique, notamment dans la mer des Caraïbes », explique Jonathan Erdman, précisant que le risque d’ouragans peut diminuer à cause de vents défavorables à leur formation. Rappelons néanmoins qu’un seul de ces ouragans peut suffire à provoquer des dégâts catastrophiques.
De manière générale, les années de fort El Niño offrent un mélange de situations météorologiques. « Des précipitations abondantes peuvent aider à compenser des sécheresses de longue durée, mais elles peuvent aussi se manifester sous forme de phénomènes dangereux : vents violents, tempêtes, tornades », explique Ryan Truchelut, ajoutant que ces événements peuvent être plus extrêmes durant ces périodes.
Au-delà des phénomènes ponctuels, il existe aussi des conséquences globales sur les températures. « Les températures de la planète ont tendance à augmenter lors des épisodes El Niño, ce qui signifie que 2026 et peut-être 2027 pourraient devenir les années les plus chaudes jamais enregistrées depuis au moins la fin du XIXe siècle », conclut Jonathan Erdman.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un dossier paru en avril 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’équipe continuera à observer la situation pour mieux informer nos lecteurs.

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