
Jean-Luc Mélenchon candidat en 2027 ? L’insoumis accélère un mois à peine après les municipales
12 avril 2026
Crypto : Bitwise accélère sur l’ETF Hyperliquid
12 avril 2026Municipales à Nîmes : « Je ne peux pas siéger avec des élus qui ont tout fait pour arriver à un rapprochement avec le RN », défend Julien Plantier
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Un regard de nos journalistes sur l'article « Municipales à Nîmes : « Je ne peux pas siéger avec des élus qui ont tout fait pour arriver à un rapprochement avec le RN », défend Julien Plantier ».
Les faits essentiels
Sa parole s’est faite rare depuis la défaite lors de l’élection municipale à Nîmes. Julien Plantier a choisi Midi Libre pour revenir sur sa campagne, les choix effectués et se projeter sur l’après et son rôle dans l’opposition.
Votre parole s’est faite rare à la sortie d’une défaite aux dernières élections municipales, remportées par Vincent Bouget et la gauche. Comment se remet-on de cette gueule de bois ?
Il y a déjà une défaite collective. Et, malheureusement, prévisible. Quand il y a maintenant 2 ans, j’évoquais avec Jean-Paul Fournier l’idée de sa succession, j’avais déjà en tête que si ce n’était pas préparé, ça allait être difficile, car on voyait qu’un cycle se terminait. Force est de constater que quand il y a un an, je me fais évincer de l’équipe municipale, cela indiquait déjà que ça n’allait pas bien se dérouler. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé que ça se passe mieux.
Le leitmotiv de la droite à Nîmes, c’était d’éviter de répéter le scénario de la division de 1995 et de se réveiller avec un maire communiste au lendemain du second tour. Or, c’est exactement ce qui est arrivé.
Oui, mais les conditions étaient différentes. Je n’ai jamais été candidat contre qui que ce soit, mais pour un projet et des idées. Et c’est là où, certes, il y a eu une défaite électorale, parce que je ne fais que 15,5 % au soir du premier tour, et que nous avons fait une fusion non pas basée sur des convictions, mais plutôt une fusion dite « technique ». Mais là où c’est frustrant, c’est qu’il y a quand même une part de satisfaction : quand je vois d’où je suis parti en janvier 2025, sans parti politique, sans soutien, sans investiture, sans appareil, sans système, j’arrive quand même, malgré tout, à faire une campagne dont tout le monde a reconnu qu’elle était belle. Et on ne fait que presque 16 %… Mais on arrive quand même à être à 4 % derrière Franck Proust, adoubé par le maire sortant, président de l’Agglo, qui est là depuis 30 ans, avec le soutien de tous les partis. Il y a de quoi être satisfait pour ces femmes et ces hommes qui se sont engagés à mes côtés, parfois pour la première fois, au travers de Nîmes Avenir. Puis de notre union Valérie Rouverand. Alors oui, il y a de la déception, mais ce que je retiens aussi, c’est toute cette aventure humaine.
« La question de notre retrait, bien évidemment, s’est posée »
Cette alliance avec Valérie Rouverand, conclue fin décembre 2025, n’est-elle pas intervenue un peu tard pour pouvoir renverser la donne ?
Certains qui nous disent qu’il y aurait eu 15 jours de plus, on aurait été devant Franck Proust, car il y avait une dynamique avec nous et qu’on proposait des idées intéressantes. Malgré cela, on se retrouve en quatrième position.
Et vous en arrivez à cette fusion d’entre-deux tours avec Franck Proust à laquelle quasiment personne, même au sein de vos équipes respectives, n’a jamais cru.
En fait, il n’y avait pas de bonne solution. Je me maintenais, on aurait revécu volontairement 1995, et ça, il n’en était pas question. La question de notre retrait, bien évidemment, s’est posée. Parce qu’au lendemain du premier tour, quand on discute avec Franck Proust et ses équipes, on voit bien qu’on n’arrivera pas à trouver un terrain d’entente. Mais si je m’étais retiré, là, on aurait dit que j’avais tout fait pour faire élire soit un maire communiste, soit un maire RN. Mais c’est vrai que cette fusion, certains me la reprochent encore. On me dit « Tu as fait tout ça pour te retrouver avec les mêmes qui t’ont lynché il y a un an quand tu t’es fait évincer d’équipe municipale ». Mais quand on fait de la politique, on doit faire des choix en responsabilité. On a tenté cette fusion non pas basée sur des convictions, mais sur des résultats au soir du premier tour, pour essayer de faire redescendre les deux scores qui étaient très forts, ceux du RN et de Vincent Bouget. Ça n’a pas fonctionné, je l’assume.
« Je ne peux pas siéger dans un groupe avec des élus qui ont tout fait pour tenter d’arriver à un rapprochement avec le RN »
Il a été visiblement difficile de faire croire aux électeurs qu’après des mois où Franck Proust et vous avez échoué à conclure une alliance, tout pouvait se résoudre en deux jours après le premier tour…
C’est là où les paroles restent. J’ai essayé, depuis l’annonce de ma candidature et mon éviction du conseil municipal, d’être le plus lisse possible vis-à-vis d’un certain nombre de personnes. Je n’ai pas été dans la frustration, dans la vengeance, dans le ressenti… parce que je savais très bien que si, d’aventure, on devait malgré tout se retrouver ensemble au soir du premier tour, on n’oublierait pas. Mais quand Franck Proust disait « Ne vous inquiétez pas, il faudra moins de 10 % », qu’il me vire au conseil communautaire il y a quelques mois, c’est clair que c’est difficile…
Aujourd’hui, vous vous retrouvez tous simples conseillers municipaux d’opposition dans un groupe de 6 qui va rapidement se scinder en deux, illustrant cette fusion « de façade ».
La politique est ainsi faite, il y a des périodes fastes, il y a des périodes plus complexes. Aujourd’hui, je ne vais pas vous mentir, au vu du paysage politique et du contexte politique dans lequel nous sommes, il y a une notion de reconstruction qui doit se faire. Parce qu’à un moment donné, après 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier, vu les résultats accomplis, c’est un « désastre » qu’on se retrouve avec Vincent Bouget comme maire de Nîmes. Et dans la reconstruction, il y a deux prérequis indispensables : un changement de génération et une démarche d’union. Franck Proust avait toutes les clés pour gagner, il n’a pas dépassé pas la barre des 20 %. Donc, à un moment, il y a aussi une remise en question personnelle qui doit se faire. Je crois comprendre que ce n’est pas le cas et qu’il souhaite rester dans l’opposition. Mais moi, aujourd’hui, je le dis clairement, je ne peux pas siéger dans un groupe avec des élus qui ont tout fait pour tenter de faire un rapprochement avec le RN entre les deux tours, et même avant le premier tour. J’ai été abasourdi de voir le comportement, la posture, la relation amicale de certains avec les élus du RN.
Vous parlez d’union, mais avec qui peut-elle se faire ? Vous n’avez pas, pour l’heure, de marge de manœuvre en ce sens au sein du conseil municipal.
La démarche d’union sera bien évidemment en dehors de l’hémicycle municipal au travers des différents partis politiques et des différentes élections et échéances à venir. Pendant ce mandat municipal, on aura trois élections : présidentielle, départementale et régionale. Les défaites d’aujourd’hui appellent aux victoires de demain, et je suis persuadé qu’il y a une place prépondérante dans une approche d’un centre droit et une droite affirmée, sans pour autant basculer du côté du RN, et sans pour autant basculer du côté du PS ou de la gauche plurielle telle qu’on la voit aujourd’hui.
Quelle sera votre place au sein de l’Agglo où vous ne pourrez pas, à deux avec Valérie Rouverand, vous constituer en groupe ?
Je serai un non-inscrit. Je n’ai entamé aucune démarche vis-à-vis des autres groupes qui vont se constituer à partir de mardi. Ce n’est pas pour autant qu’on ne va pas travailler. Car je reste intimement persuadé qu’il y a un principe de réalité qui va s’imposer à Vincent Bouget, en tant que maire et, peut-être, demain, en tant que président de l’Agglomération. Et que, durant le mandat, on aura un certain nombre de possibilités pour mettre en évidence des écueils, des carences et des divergences de point de vue. C’est aussi ça aussi l’opposition.
« Je serai toujours dans une opposition constructive »
Vous l’avez évoqué, il y a plusieurs échéances électorales qui vont arriver sur le territoire : déjà les sénatoriales en septembre, puis les départementales où vous pourrez défendre votre place sur le canton de Nîmes 1. Vous projetez-vous sur ces mandats-là ?
Non. Je suis effectivement conseiller départemental avec Sophie Roulle sur le 1er canton. Mais on va voir comment les choses évoluent. J’ai beaucoup donné durant cette année qu’on vient de vivre, avec des sacrifices très importants, d’un détail de vue personnel, professionnel et politique. Je souhaite vraiment me recentrer sur ma femme et mes enfants. Et me reconstruire aussi d’un paramètre de vue professionnel.
Jusque-là en effet, vous viviez de la politique. Allez-vous exercer en tant qu’avocat en droit public ?
J’ai toujours du mal avec ce terme « vivre de la politique », mais par la force des choses, c’est vrai. Même si depuis que j’avais été évincé de l’équipe municipale, j’avais perdu la moitié de mes revenus. Aujourd’hui, j’ai deux possibilités, soit exercer mon métier d’avocat, mais qui est parfois difficilement compatible avec un engagement politique, ou bien travailler dans une collectivité territoriale, ou dans une entreprise, dans le domaine du droit juridique ou dans le domaine administratif. Je suis en recherche.
On sent que vous sortez quand même « écorché » de cette période politique.
J’ai envie de dire que c’est l’inverse qui serait étonnant ! Ce n’est pas rien d’être candidat à une élection municipale, dans une ville de 150 000 habitants, en partant de rien. Mais l’union avec Valérie Rouverand a été une magnifique opportunité, une magnifique rencontre, parce qu’on s’est retrouvés sur des projets, sur des idées, sur des manières de faire de la politique. Pour être audibles vis-à-vis des électeurs, il faut y croire. Et c’est comme ça qu’on va réussir à reconstruire.
Donc votre idée, c’est plutôt le temps long en préparant la prochaine élection municipale de 2032-2033, finalement ?
Oui, mais on verra comment, car c’est difficile de se projeter. Il va se passer beaucoup de choses d’ici là.
Est-ce que, quelque part, vous en voulez à Jean-Paul Fournier ou à son entourage de ne pas avoir préparé clairement sa succession ?
Si cette division a été présente, c’est parce que, dès le départ, il n’y a pas eu une volonté d’union. Parce que, potentiellement, Jean-Paul Fournier n’a pas voulu, pendant un temps, réfléchir à l’après et qu’il y avait, autour de lui, des personnes qui voulaient en « profiter » jusqu’à la fin. Mais non, je ne lui en veux pas, on aurait juste pu faire les choses différemment. Jean-Paul Fournier a souhaité me voir lors de la dernière matinée qu’il a vécue dans son bureau de maire. Ça m’a fait drôle, car ça faisait plus d’un an que je n’avais pas eu l’occasion de le revoir de manière individuelle, et j’ai mis de côté les mots, les gestes, les postures, parce que c’était aussi un moyen pour moi de pouvoir lui dire des choses. Mais c’est fait, et on ne va pas revenir sur le passé. Ce n’était sans doute pas simple pour lui non plus de réfléchir à sa propre succession.
Avez-vous pu échanger avec Vincent Bouget ?
Pas encore. Je l’ai félicité au soir de sa victoire et salué le soir du premier conseil municipal. Depuis, j’ai envoyé la constitution de notre groupe, Nîmes Avenir, au sein du conseil municipal. Et j’ose espérer que ses paroles se traduiront par les actes, lorsqu’il dit qu’il souhaite être le maire de tous les Nîmois, et notamment de ceux qui n’ont pas voté pour lui. J’ose espérer qu’il aura une considération pour l’opposition. J’ai de la mémoire, j’ai entendu lorsqu’il était dans l’opposition les écueils qu’il avait pu mettre en évidence vis-à-vis de la politique menée par Jean-Paul Fournier, j’ose espérer qu’il travaillera différemment. En tout cas, je serai toujours, moi, dans une opposition dite constructive, quand ça sera bien, je le dirai, quand je considérerai qu’on dévie du bien-fondé des politiques menées, je le dirai aussi.
Source : www.midilibre.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

9999999
