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le documentaire « Les Empires contre-attaquent » analyse le retour des impérialismes à l’échelle mondiale – franceinfo
12 avril 2026qui est Caroline Yadan, qui défend la proposition de loi critiquée sur la « lutte contre les formes renouvelées de l’antisémitisme »?
Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « qui est Caroline Yadan, qui défend la proposition de loi critiquée sur la « lutte contre les formes renouvelées de l’antisémitisme »? ».
Résumé synthétique
Le texte défendu par la députée apparentée macroniste ambitionne de lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme qu’elle juge parfois dissimulées derrière l’antisionisme. Mais le profil de Caroline Yadan crispe le bloc central et révèle les clivages en macronie autour du conflit au Moyen-Orient.
Une proposition de loi inflammable, une pétition qui récolte plus de 500.000 signatures dans l’espoir de la contrer, et une députée qui suscite l’embarras d’une partie de son propre camp. La députée Caroline Yadan, qui a pris ses distances avec la macronie ces derniers mois, est sous le feu des projecteurs depuis une mobilisation en ligne massive contre un texte défendu par ses soins qui vise à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ».
« Elle est courageuse et subit des attaques ignobles », regrette le député LIOT David Habib, vice-président, tout comme elle, du groupe d’amitié France-Israël auprès de BFMTV.
« J’ai le droit à un déferlement de haine à mon encontre », observe de son côté Caroline Yadan, qui évoque « des menaces de morts et des centaines d’insultes antisémites » sur les réseaux sociaux à son encontre.
Tombeuse de Meyer Habib
On rembobine. Devenue députée de Paris en 2022 en tant que suppléante de Stanislas Guérini, alors numéro 1 de Renaissance, Caroline Yadan a été un temps avocate avant de travailler auprès de la Licra. Elle a finalement été élue en 2024 dans la circonscription qui regroupe notamment les Français installés à Tel Aviv.
Avec un beau fait d’armes à son actif pour sa première élection sur son nom: se targuer d’avoir battu le député sortant Meyer Habib (apparenté LR), un intime du Premier ministre israélien Benjamin Netanayahu, élu depuis près d’une décennie à l’Assemblée nationale.
Depuis, Caroline Yadan, 57 ans au compteur, a pris l’habitude de s’opposer parfois avec virulence aux députés de gauche sur la question de l’antisémitisme. Elle s’est par exemple attiré les foudres de la France insoumise en appelant dans un tweet à la dissolution du mouvement, le tout accompagné d’un clin d’œil.
Une visite en Israël dans la foulée des attentats jugée précipitée
Surtout, la députée fait partie de cette poignée d’élus du camp présidentiel, ou gravitant autour, qui a clairement pris ses distances avec la diplomatie française. Paris tente ainsi de maintenir une ligne d’équilibre sur les conflits au Moyen-Orient, ce qui n’est pas le cas de l’élue.
Exemple à l’automne 2023, quelques jours à peine après les attaques terroristes du 7-Octobre. Caroline Yadan se rend alors en Israël auprès des familles endeuillées visiter la ville fantôme de Sderot, à la frontière avec Gaza et rencontrer ses homologues de la Knesset. Ce déplacement, avec une poignée d’autres collègues comme Sylvain Maillard et les futurs ministres Mathieu Lefèvre et Benjamin Haddad, fait à l’époque tiquer une partie du groupe Renaissance et le quai d’Orsay.
« C’était vraiment trop rapide et dans une situation diplomatique aussi complexe, on ne se précipite pas. Je comprends bien qu’ils avaient envie de montrer leur soutien, mais c’était vraiment maladroit », observe un député du camp présidentiel.
« Certains ont une difficulté à assortir une solidarité légitime avec le peuple israélien d’une critique nécessaire du gouvernement de Benjamin Netanyahu pour prendre en compte les droits, eux aussi légitimes, des Palestiniens », résume de façon plus diplomatique Jean-Louis Bourlanges (Modem), alors président de la commission des affaires étrangères à la tribune de l’Assemblée nationale.
« Tout à fait à ma place »
Très vite, Caroline Yadan (et les députés qui sont sur la même ligne qu’elle) récolte un surnom au sein du groupe macroniste: celui de « faucons ». Le mot fait référence à une expression utilisée en géopolitique pour désigner des personnes favorables à une approche agressive des conflits, par opposition aux « colombes » ou à la ligne plus « modérée ».
« Je suis tout à fait à ma place, dans les convictions qui sont les miennes. Quand je vois le sentiment d’impunité qui existe sur l’antisémitisme en France, ça montre à quel point la communauté juive a besoin de soutien », nous explique la députée.
Depuis 25 ans, les actes antisémites « n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années », dans un contexte de forte hausse à la suite des attentats du 7-Octobre, avance le ministère de l’Intérieur dans une note de février dernier. Entre 2023 et 2024, ces actes ont été multipliés par quatre.
Au total, les actes antisémites ont compté pour 53% de l’ensemble des faits antireligieux, alors même que les Français juifs, estimés entre 450.000 et 500.000, représentent moins de 1% de la population du pays.
« Des influenceurs de Monsieur Netanayahu »
Suffisant pour justifier de prendre ses distances avec les positions officielles de la diplomatie française? Dans la foulée des attaques du Hamas contre Israël, Caroline Yadan n’hésite pas à mettre ses pas dans ceux de Sylvain Maillard. Ce dernier est à l’époque le président du groupe macroniste de l’Assemblée et assume clairement de ne « pas prendre ses ordres au quai d’Orsay », comme il l’a expliqué sur le plateau de BFMTV.
Et de prendre par exemple le contrepied donc du ministère des Affaires étrangères en réclamant dans un courrier envoyé au quai d’Orsay un contrôle « très strict » de l’aide au développement envoyée à Gaza et en Cisjordanie, suspectée « d’être détournée directement ou indirectement par les organisations terroristes, à commencer par le Hamas ».
La posture de Caroline Yadan et de ce petit groupe de députés agace, à tel point que leur collègue macroniste Charles Sitzenstuhl, pourtant issu de l’aile droite de la macronie, regrette dans un entretien au Figaro « une tonalité ‘ultra-Israël' », « qui ne correspond pas à la ligne du président de la République ». Cet ancien membre des LR appelle même à ne « pas s’acoquiner avec les influenceurs de Monsieur Netanayahu ».
Après plusieurs passes d’armes à distance avec l’Élysée, où Caroline Yadan affirme par exemple « ne pas comprendre les mots » du président qui se prononce en faveur de l’arrêt des livraisons d’armes à Israël pour la guerre à Gaza, la rupture devient finalement officielle en juillet dernier.
Lorsque la présidence de la République annonce la reconnaissance de l’État palestinien, Caroline Yadan décide dans la foulée de prendre ses distances avec le groupe Renaissance à l’Assemblée.
Un départ qui en soulage certains
L’élue devient ainsi apparentée, ce qui lui permet d’avoir un pied dedans, un pied dehors, en gardant à la fois les avantages d’être membre d’un grand groupe à l’Assemblée et de pouvoir prendre régulièrement la parole sans être comptable des prises de positions officielles du camp présidentiel.
« Personne n’était vraiment triste qu’elle s’en aille, je dois dire », tranche, acerbe, un cadre du groupe, pointant du doigt « des accointances avec le RN ».
Caroline Yadan a ainsi été corapporteuse d’une mission flash avec le député du parti à la flamme Julien Odoul portant sur « les dérives communautaristes et islamistes dans le sport » et qui proposait notamment d’interdire le port du burkini dans les piscines municipales (le port du burkini peut être interdit si cela est précisé dans le règlement intérieur, mais n’est pas spécifiquement interdit dans la loi, NDLR).
« Personne qui mouille la chemise pour vous »
Les deux rapporteurs préconisaient de reprendre une proposition de loi adoptée au Sénat qui visait à interdire le port de signes religieux ostensibles dans les compétitions sportives, d’interdire les prières collectives dans les locaux mis à disposition par les collectivités territoriales en vue d’une pratique sportive, et d’imposer le respect des principes de neutralité et de laïcité dans les piscines.
Mais faute d’assentiment large en macronie, ce texte n’a jamais été inscrit à l’agenda parlementaire, lors d’une niche parlementaire par exemple, ce jour où une fois dans l’année les députés d’un groupe ont la main sur les textes débattus.
« Elle veut être avec nous sans l’être vraiment et tout en continuant à être une personnalité très clivante. À un moment, forcément, ça pète parce que si vous portez des textes sensibles, il n’y a personne qui mouille la chemise », observe un cadre du groupe macroniste.
La preuve, à nouveau, avec sa proposition de loi qui vise à contrer « les formes renouvelées » de l’antisémitisme. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, Caroline Yadan propose de modifier la législation existante, en renforçant la répression des infractions de provocation et d’apologie du terrorisme.
L’article 1er du texte, réécrit en commission pour tenir compte des observations du Conseil d’État comme le souhaitait Caroline Yadan, reconnaît un caractère implicite dans la provocation ou l’apologie du terrorisme, tout en sanctionnant la minoration ou la banalisation « outrancière » de ces actes terroristes.
L’article 2, également largement revu en commission pour assurer sa solidité juridique, prévoit la création d’un délit de presse visant notamment à sanctionner les appels publics à la « destruction d’un État » reconnu par la France. Par ailleurs, le texte ambitionne d’étendre le délit de contestation de la Shoah.
Un arsenal juridique suffisant?
Mais il suscite de vives réserves. Ses opposants, à gauche notamment, estiment qu’il ferait peser un risque sur la liberté d’expression et entretiendrait un amalgame entre les Juifs et Israël.
« On a ce qu’il faut dans notre arsenal juridique pour condamner l’antisémitisme. Quant à critiquer un pays, en l’occurence Israël ou une idéologie, dans ce cas le sionisme, il me semble qu’on en a le droit dans le respect de la loi bien sûr », s’agace un député Renaissance.
L’élue Modem Perrine Goulet partage le constat alors même sur le papier, ce texte doit être examiné dans l’hémicycle le 16 et 17 avril prochain. La porte-parole des députés Modem a rappelé lors d’un note-presse ce mercredi à l’Assemblée « le soutien » de son groupe à « la lutte contre l’antisémitisme » tout en appelant à ne pas mélanger « la population israélienne » et « les Juifs » à « ce qu’est en train de faire le gouvernement israélien ».
« L’antisémitisme est un virus qui mute. Si on décide de ne pas faire évoluer notre arsenal juridique, il ne faudra pas qu’on s’étonne d’avoir un sentiment d’impunité qui persiste », défend l’ancienne macroniste Shannon Seban, également directrice des affaires européennes de Combat antisemitism movement.
La proposition de loi de Caroline Yadan fait cependant face à une forte opposition. La pétition qui demande l’abandon du texte sur le site de l’Assemblée a dépassé les 500.000 signatures. Cependant, elle ne bloque en rien les débats dans l’hémicycle, mais permettra par la suite d’organiser un débat sans vote.
Cela avait été le cas pour la proposition de loi de Laurent Duplomb, déjà adopté en amont et qui n’avait donc pas été remise en cause en dépit d’une pétition qui avait compté plus d’un million de signatures et d’un nouveau débat entre députés.
« J’irai jusqu’au bout, je ne retirerai pas ma proposition de loi », tranche Caroline Yadan.
« Le gouvernement inscrira à l’ordre du jour des travaux du Parlement dès ce mois d’avril la proposition de loi portée » par elle, a promis de son côté en février dernier le Premier ministre Sébastien Lecornu lors du 40e dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) à Paris.
Une adoption très incertaine
Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a provoqué début avril un tollé en tentant d’accélérer l’examen de la proposition de loi, suscitant des grincements de dents jusqu’à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. En quatre années de présidence, l’ordre du jour n’a jamais été modifié de « la veille pour le lendemain » avait souligné la locataire du Perchoir.
Preuve cependant que rien n’est gagnée pour la députée, une trentaine de personnalités se sont fendu d’une tribune de soutien, comme les anciens Premiers ministre Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, estimant qu’elle avait besoin d’un coup de pouce public.
Mais finalement, cette proposition de loi peut-elle vraiment être adoptée? Rien n’est moins sûr. Si Caroline Yadan peut compter sur les voix du RN, de leurs alliés de l’Union des droites, des députés LR et d’une partie de la macronie, elle pourrait être votée si et seulement il y a une forte démobilisation de la gauche. Si les députés du Nouveau Front populaire font le plein, que des élus Renaissance se mobilisent contre tout comme le Modem, son adoption semble très improbable.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.

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