
Après 16 ans au pouvoir en Hongrie, Viktor Orbán reconnaît une défaite « douloureuse »
13 avril 2026
Solution Conso – Réduire le coût de l'entretien de votre voiture
13 avril 2026comment et pour quels projets une entrepreneuse française a sollicité le milliardaire et prédateur sexuel entre 2013 et 2019 – franceinfo
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Nos rédacteurs considèrent que « comment et pour quels projets une entrepreneuse française a sollicité le milliardaire et prédateur sexuel entre 2013 et 2019 – franceinfo » est un article à suivre.
Ce qu'il faut connaître
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 8min
Les millions de documents rendus publics par la justice américaine dans le cadre des « Epstein Files » révèlent qu’une entrepreneuse française a entretenu une relation suivie avec Jeffrey Epstein de 2009 à 2019. Leurs échanges de mails, consultés par l’Agence de vérification de Radio France, montrent des sollicitations répétées, financières et personnelles.
Cette entrepreneuse, que nous appellerons Julie* [Elle n’a pas souhaité répondre aux questions de Radio France] vit actuellement au Royaume-Uni. Elle a fondé au début des années 2000 une société d’organisation d’événements de luxe basée à Londres, spécialisée dans les célébrités, l’hôtellerie haut de gamme et les événements sportifs, selon la description qu’elle en fait sur son profil LinkedIn. Elle dirige aujourd’hui une marque de parfum, dont des documents officiels britanniques et français confirment l’existence et l’activité.
Julie a rencontré Jeffrey Epstein à la fin des années 1990, par l’intermédiaire du prince Andrew, avec lequel elle avait une relation à l’époque. Elle avait alors une vingtaine d’années. Les registres de vols rendus publics dans les Epstein Files montrent qu’elle a volé à plusieurs reprises à bord de l’avion privé de Jeffrey Epstein, le « Lolita Express ». Les premiers échanges de mail avec Jeffrey Epstein datent de 2009 et montrent une relation déjà installée, au ton très affectif. Julie évoque l’idée de construire une vie avec Epstein. Les échanges de 2012 sont explicitement intimes. Elle l’invite sur la Côte d’Azur et exprime sa jalousie vis-à-vis de son entourage féminin.
À partir de 2013, Julie commence à solliciter Jeffrey Epstein pour des projets concrets et de l’argent. Alors que Jeffrey Epstein lui demande de l’aider à trouver un assistant, Julie lui répond par une métaphore : « C’est comme si tu me demandais de jouer du violon sans instrument. Donne-moi le pouvoir d’en acheter un et je pourrai te faire écouter du Mozart ». Epstein lui répond « Ok, de quoi as-tu besoin ? » Quelques jours plus tard, le 23 novembre 2013, elle lui écrit : « J’ai besoin d’acheter une agence de mannequins pour toi ».
L’année suivante, en février 2014, le projet avance, selon Julie. Elle lui écrit qu’elle a rencontré des partenaires à Londres et lui pose la question directement : « Es-tu prêt à investir autour de six millions d’euros ? Je gérerai l’agence pour toi et en compensation je garderai des parts pour moi. » Elle lui propose un montage précis : lui au capital, elle à l’opérationnel, avec une répartition des parts à négocier. Jeffrey Epstein se dit intéressé et lui répond qu’il sera à Paris la semaine suivante, sans jamais s’engager formellement par mail.
En juin 2013, Julie sollicite Jeffrey Epstein pour un service personnel. Un de ses amis américains a été filmé avec une escort girl et la vidéo circule sur internet. Elle lui écrit : « Je sais que tu es maintenant un expert en suppression de contenu compromettant sur internet. Pourrais-tu m’aider à trouver les techniciens compétents pour supprimer cette vidéo compromettante ? » Jeffrey Epstein lui répond de se tourner vers des spécialistes basés à New York. Plus tard, dans un autre mail, Julie lui confirme que la vidéo a été retirée, mais que des photos tirées de la vidéo circulent encore.
Les mails montrent que les sollicitations ne s’arrêtent pas à l’agence de mannequins. Sur la même période, Julie sollicite Jeffrey Epstein pour d’autres projets. En mars 2013, elle lui explique s’occuper en tant qu’intermédiaire, d’un important projet à Monaco, avec un investissement de 300 millions d’euros. Elle lui indique qu’elle travaille avec « trois grands investisseurs et développeurs internationaux ».
En avril 2016, elle lui demande de l’aider pour rencontrer J.K. Rowling, ou encore la metteuse en scène Julie Taymor. Jeffrey Epstein lui répond que ce n’est « pas un endroit pour investir de l’argent. » En mai 2016, Julie sollicite Jeffrey Epstein pour avoir le contact d’un avocat spécialisé en droit fiscal américain, immigration et restauration pour ouvrir un restaurant à New York, ainsi que des noms de designers d’intérieur.
En mars 2017, Julie lui demande de lui rappeler le nom d’un neuroscientifique qu’ils ont rencontré ensemble à Harvard. À chaque fois, Jeffrey Epstein est mobilisé comme carnet d’adresses ou comme investisseur potentiel. À chaque fois, il répond, parfois brièvement, parfois avec intérêt, mais sans jamais s’engager formellement.
En mars 2019, Julie adresse à Jeffrey Epstein une série de mails sur plusieurs jours. C’est son projet le plus élaboré : une marque de parfum qu’elle présente comme révolutionnaire, mêlant neurosciences et olfaction. Le 19 mars 2019, elle lui envoie un premier message très direct : « J’ai besoin d’un investissement de départ ». Le lendemain, elle lui fait suivre un dossier investisseur complet intitulé « Jeffrey Investor Deck » et lui présente le projet en détail. Elle décrit un concept inédit : le premier parfum à agir sur le cerveau via des molécules à effet psycho-physiologique. Elle évoque des collaborations avec des chercheurs du CNRS et de l’Institut Pasteur à Paris, et mentionne le directeur R&D du groupe Shiseido comme corédacteur de son premier brevet. Elle dit avoir déjà investi « deux ans de son temps et 300 000 euros de sa poche. »
Elle lui demande de l’aider à lever des fonds, elle a besoin de deux millions d’euros, dont 500 000 euros rapidement pour continuer de faire évoluer le projet. Julie demande à Jeffrey Epstein s’il connaît des business angels à Paris ou à Londres, autrement dit des investisseurs privés. Dans un autre mail, elle lui confie son ambition d’avoir Richard Axel, un prix Nobel de médecine, spécialiste de l’olfaction, comme directeur de laboratoire sur son projet. Jeffrey Epstein s’intéresse à son projet, lui demande des informations sur les brevets déjà déposés, l’argent déjà levé et d’où il provient. Il questionne Julie, mais là encore sans s’engager par mail.
Le 10 juillet 2019, quelques jours après l’arrestation de Jeffrey Epstein aux États-Unis, Julie lui envoie un mail. Elle y conteste les accusations portées contre lui. Elle écrit notamment : « Je ne peux pas croire qu’ils t’ont encore arrêté. Tu es le seul homme sur cette planète qui ne se comporterait pas mal avec une femme, car tu les aimes trop. » Elle affirme que les accusations sont fausses et que les femmes qui l’accusent sont, selon elle, manipulées. Dans ce même mail, elle évoque ce que Jeffrey Epstein a représenté pour elle : « J’ai voyagé avec toi pour discuter de mon avenir dans les affaires ; tu m’as présenté aux plus grands scientifiques et neuroscientifiques du monde à l’université Harvard. » Jeffrey Epstein meurt en août 2019 dans sa cellule new-yorkaise.
La marque de parfum évoquée dans les mails de 2019 existe bien aujourd’hui. Elle est enregistrée au Royaume-Uni. Des documents officiels montrent que Julie en est la directrice et l’unique actionnaire. Des modifications administratives ont été déposées en janvier 2026. La société est également enregistrée en France comme « firme étrangère employeur sans établissement en France », avec une mise à jour au 15 février 2026.
L’Agence de vérification de Radio France a contacté Julie à deux reprises. Son avocat a d’abord répondu pour indiquer qu’elle ne souhaitait pas que son identité soit révélée, tout en affirmant qu’elle ne voulait pas s’exprimer. Lors de la seconde sollicitation, l’Agence de vérification de Radio France n’a pas reçu de réponse de la part de ses avocats.
* Le prénom a été modifié
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

9999999/2026/02/02/visuel-effet-flou-6980d775007d8880909009.png?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
