
LES ÉCLAIREURS – Comment va se dérouler le blocus américain du détroit d’Ormuz?
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L’Allemagne va réduire une taxe sur le diesel et l’essence face à la hausse des prix causée par la guerre au Moyen-Orient – franceinfo
13 avril 2026Enrico Letta : “Divisés, les Européens ne bloquent pas les folies de l’administration Trump” – Ici l’Europe
Analyse : Quelques observations de notre équipe pour mieux comprendre les enjeux.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Enrico Letta : “Divisés, les Européens ne bloquent pas les folies de l’administration Trump” – Ici l’Europe ».
Les éléments principaux
A retrouver dans l’émission
Les guerres s’intensifient. Au Moyen-Orient, le conflit déclenché par Donald Trump embrase une région déjà sous tension. En Ukraine, la guerre initiée par Vladimir Poutine continue de redessiner l’équilibre du continent. Si l’Union européenne n’est pas directement engagée sur le terrain, elle en subit de plein fouet les répercussions économiques, énergétiques, mais aussi politiques et morales. Fragilisée et divisée, elle doit aujourd’hui composer avec ses propres limites. Pour en décrypter les enjeux, l’invité d’Ici l’Europe est Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, président de l’Institut Jacques Delors et auteur d’un examen de référence pour la Commission européenne sur la compétitivité et le marché unique.
Une Europe affaiblie par ses divisions
Pour Enrico Letta, le constat est clair : l’Union européenne paie le prix fort de son incapacité à parler d’une seule voix. Face à la guerre déclenchée par l’administration Trump au Moyen-Orient, les Vingt-Sept se retrouvent spectateurs impuissants. « Les Européens sont hélas divisés et ça, c’est le grand problème. Cette division nous empêche d’être unis et d’être capables de bloquer, quand il est nécessaire de le faire, les folies – comme cette folie de l’administration Trump, qui est en train de faire chuter l’économie mondiale et de mettre le Moyen-Orient à feu », explique-t-il.
Les conséquences économiques s’annoncent lourdes pour le continent : prix de l’énergie en hausse, avions cloués au sol faute de carburant. « On va payer un prix très grave. Les Européens vont le payer double parce que, à cause des divisions, on n’est pas capable de dire non et de bloquer », avertit-il.
Le chantage américain sur l’Ukraine
La question ukrainienne cristallise selon lui toutes les vulnérabilités de l’Europe. L’absence d’une défense commune intégrée offre à Washington un levier de pression considérable. « Nous n’avons pas de défense européenne totalement unie, et les industries de défense européenne ne sont pas complètement intégrées comme elles devraient l’être », décrit Enrico Letta.
Pourtant, le président de l’Institut Jacques Delors refuse tout désengagement européen envers Kiev : « L’Ukraine mérite le soutien de l’Europe. C’est un soutien coûteux, mais c’est un soutien qui nous fait faire des pas en avant vers l’intégration européenne. » Il souligne notamment l’enjeu industriel : « Défendre les Ukrainiens avec 27 systèmes de défense séparés, cela veut dire acheter des armes aux Américains, créer des emplois aux États-Unis, alors que s’intégrer, ça veut dire que cet argent qu’on dépense devient des emplois chez nous », explique-t-il.
Hongrie : « C’est une trahison »
Sur le blocage par la Hongrie des aides européennes destinées à l’Ukraine, l’ancien président du Conseil italien ne mâche pas ses mots. Viktor Orban, qui avait accepté une clause de non-participation au prêt de 90 milliards d’euros voté en décembre, oppose désormais son veto. « Ce qui a été fait au mois de décembre vient d’être mis sous chantage par Orban. C’est la démonstration que là aussi, peut-être, on a été trop mou ».
Il va plus loin en évoquant les révélations sur le ministre hongrois des Affaires étrangères, accusé d’avoir transmis des informations à son homologue russe depuis les réunions européennes : « Quelques-uns des représentants hongrois ont été les espions de Moscou. Je pense que c’est de la trahison. Il faut appeler les choses comme elles le sont. La solidarité européenne a été cassée par le gouvernement hongrois », poursuit-il.
À quelques jours des élections du 12 avril, où Viktor Orbán reçoit le soutien de l’extrême droite européenne et du vice-président américain Vance, Enrico Letta appelle à une réponse ferme : « Si on veut déclencher toutes les clauses et toutes les règles pour bloquer complètement tout argent qui arrive à la Hongrie, je pense que le moment est venu de commencer à y réfléchir. »
Souveraineté financière : l’urgence d’un marché unique et d’un euro numérique
L’ancien chef du gouvernement italien alerte également sur la dépendance européenne aux systèmes de paiement américains comme Visa ou Mastercard qui peuvent être utilisés comme instruments de pression géopolitique. « La question de la souveraineté européenne sur la monnaie et les moyens de paiement est absolument centrale », souligne Enrico Letta. Un reportage de notre correspondante à Bruxelles illustre l’utilité de l’indépendance monétaire de l’UE, avec le cas de Nicolas Guillou, juge à la Cour pénale internationale, sanctionné par Washington et qui se retrouve désormais dans l’incapacité d’utiliser sa carte bancaire.
Mais l’euro numérique, attendu à l’horizon 2029, ne constitue qu’un élément de réponse. Enrico Letta met surtout en avant une autre priorité : bâtir un véritable marché unique des marchés financiers. « On a la même monnaie et on a 27 marchés séparés et fragmentés », une configuration qui, selon lui, freine la capacité de l’Europe à retrouver sa souveraineté.
Le plan « One Year, One Market », au cœur des discussions du Conseil européen des 22 et 23 avril, entend précisément corriger cette fragmentation. « Le moment est venu d’intégrer les marchés financiers et de reprendre notre souveraineté », conclut-il.
Émission préparée par Oihana Almandoz, Isabelle Romero, Perrine Desplats et Aline Bottin
Source : www.france24.com
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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