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Alors que certains prix à la pompe commencent doucement à augmenter à cause du conflit au Moyen-Orient, les ministres veulent rassurer, affirmant qu’il n’y aura pas de pénurie d’essence. Mais sur le terrain, certains font déjà face à des Français angoissés qui font le stock de carburant, quitte à créer eux-même la pénurie.
Il n’y a pas de risque d’approvisionnement sur l’essence à court terme. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Économie Roland Lescure mardi 3 mars 2026. Une cellule de crise se réunit une fois par jour à Bercy pour suivre l’évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l’énergie alors que la situation au Moyen-Orient inquiète.
La guerre entre Israël, les Etats-Unis et l’Iran crée des « incertitudes économiques et financières » que le gouvernement doit « suivre de très près », explique le ministre, mais « il n’y a aucun risque d’approvisionnement à court terme » en France « ni sur le gaz, ni sur l’essence ».
La ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon le confirme aussi ce mercredi 4 mars sur BFMTV/RMC: « il n’y a aucun risque de rupture d’approvisionnement, on a des stocks, on a diversifié nos importations », prévoyant une hausse « de quelques centimes » seulement.
Pourtant, à la pompe, selon les témoignages sur le terrain, les prix commencent déjà à augmenter, et certains Français remarquent des automobilistes qui font le stock, quitte à être responsables d’une possible pénurie.
« C’étaient des retraités »
Infirmier à Montpellier, Julien est déjà résigné. Lui qui juge qu’à chaque crise, « il y a des profiteurs », s’est retrouvé face à une file d’attente pour faire le plein à une station-service près de chez lui. « Une voiture sur trois, c’était des retraités. À chaque fois c’est ça », remarque-t-il. Et même s’ils « ont le droit de rouler », pour Julien, ce ne sont pas eux la priorité.
« Il faut penser à ceux qui bossent et qui ont besoin de leur bagnole, dont la voiture est l’outil de travail, parce que s’il y a des pénuries, ce sont eux qui seront pénalisés en premier », analyse l’infirmier sur RMC Story.
Valentin, réceptionniste dans la Vienne, a été témoin d’une scène similaire. Il terminait sa journée de travail et devait aller à Angers dans le week-end, mais était sur la réserve: « Je n’avais pas le choix que d’aller faire le plein. Quand j’y suis allé, à 5 heures du matin, il y avait quatre autres véhicules qui étaient là. »
Mais ce qui l’a surtout étonné, c’est que les quatre étaient « avec des jerrycans pour se faire des stocks. »
« Ce que je trouve totalement idiot puisque ce sont ces personnes qui créent les pénuries et la flambée des prix », explique Valentin.
Mais pour Michel, 55 ans, ce n’est pas surprenant. Lui qui regarde régulièrement les évolutions de prix sur des applications sur son téléphone, a été surpris en découvrant qu’en 24h, le diesel avait pris « 30 centimes en plus » à l’une des stations: « J’en revenais pas. C’est un record. »
« 1.000 litres de côté »
Face à ces augmentations de prix et une possible pénurie, Matthieu a pris les devants. Conducteur de train, il a décidé avec 4 ou 5 voisins d’aller faire des stocks: « On a vu le début de la guerre avec les voisins, on en a discuté au soir et puis on est allés faire le plein. »
« On a à peu près 1.000 litres de côté », assume-t-il.
Pour pouvoir stocker autant de carburant, il s’est servi d’une « vieille cuve à fioul » qu’il avait « restaurée et bien entretenue » pour pouvoir stocker de l’eau. Mais face à la situation, « on s’est dit qu’on allait encore se retrouver avec des tarifs qui vont augmenter, et un risque de pénurie qui pourrait nous empêcher d’aller au travail. »
« Un investissement déjà rentable »?
« Ma femme n’avait pas pu aller travailler pendant une semaine la dernière fois car il n’y avait plus de carburant. Donc j’ai proposé qu’on ne s’embête pas, qu’on remplisse la cuve », explique Matthieu.
Il reconnaît tout de même que c’est dangereux et interdit, mais relativise, peu inquiet: « vous savez dans les petits villages tout ce qui se fait ou qui ne se fait pas. » Alors ils ont pris le pick up, « des tonnes de bidon » et ont fait des aller retour « pendant quelques heures. »
« C’est un investissement mais il est déjà rentable car entre le moment où on a fait le plein et le moment où j’aurais dû le faire aujourd’hui, il y a 13 centimes d’écart », détaille le cheminot.
« Il n’y a plus d’essence »
Sur les réseaux sociaux aussi, de nombreux messages commencent à apparaître, témoignant de la même situation. « À côté de chez moi, il y a une vieille pompe à essence que degun calcule, devinez quelle pompe à essence est pleine à craquer depuis 2 jours », dit l’un d’eux.
Avant d’ajouter: « en fait les Français je sais pas, on est vraiment le peuple le plus stupide du monde. »
« C’est dingue le monde ce matin encore une fois à la pompe à essence ! On se croirait revenu au moment du covid ! », raconte un autre. Tandis que certains tentent d’ironiser sur la situation: « Je n’ai pas l’habitude de fréquenter des endroits de luxe mais je suis actuellement à la pompe à essence ».
Une file à la pompe à essence qui « traumatise », choque, alors que dans certaines stations les prix n’ont pas encore « bougé d’un centime ».
Et puis, il y a ceux qui voient déjà la pénurie arriver, créée par tout ce monde qui se précipite. « Je suis allée à la pompe à essence et il n’y a plus d’essence… Alors celle-là, je ne m’y attendais pas », raconte une utilisatrice de X.
Roland Lescure qui appelle justement à ne pas se précipiter dans les stations-services, car ce sont ces pleins d’anticipation qui pourraient créer des tensions localement.

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