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Un regard éditorial sur « le départ de Viktor Orban en Hongrie va-t-il vraiment changer la donne pour l’Ukraine? » pour mieux comprendre l'article.
Les éléments principaux
Tombeur de Viktor Orban, le conservateur Peter Magyar a promis des relations plus apaisées avec l’Union européenne. Il ne sera pas pour autant un ardent défenseur de l’Ukraine, prévient le spécialiste de l’Europe de l’Est Ulrich Bounat.
Un nouveau visage à la tête de la Hongrie. Le conservateur pro-européen Peter Magyar a mis fin à 16 ans de règne du populiste Viktor Orban en remportant les élections législatives ce dimanche 12 avril.
Le départ du Premier ministre hongrois au pouvoir a suscité l’espoir en Ukraine, alors que le patron du Fidesz cultivait des liens proches avec le Kremlin et freinait les initiatives de l’Union européenne pour l’aide à Kiev.
Peter Magyar, ancien membre du Fidesz, sera-t-il pour autant un allié de l’Ukraine? Ulrich Bounat, spécialiste de l’Europe centrale et de l’Est et chercheur associé Euro Creativ, décrypte pour BFM sur les conséquences du scrutin.
Après la victoire de Peter Magyar, les Ukrainiens peuvent-il espérer un gouvernement plus favorable à Kiev? Faut-il notamment s’attendre à un déblocage du prêt de 90 milliards d’euros sur lequel Viktor Orban avait mis son veto?
Peter Magyar a dit qu’il allait faire de la Hongrie un interlocuteur un peu plus constructif à Bruxelles, notamment sur le dossier ukrainien. Il est donc très probable qu’il donne son feu vert pour ce prêt est essentiel pour les Ukrainiens. En revanche, il ne faut pas non plus croire que son élection va complètement révolutionner la posture hongroise vis-à-vis de l’Ukraine. Peter Magyar a déjà indiqué qu’il n’y aura pas d’aide militaire directe de la Hongrie à l’Ukraine et que s’il ne s’opposerait pas complètement à l’intégration européenne de Kiev, il ne la faciliterait pas non plus.
Il faut bien comprendre que le sujet ukrainien en Hongrie est assez sensible, en partie en raison d’années de propagande par les médias liés au pouvoir de Viktor Orban. Il y a une vraie crainte chez une partie de la population autour de la guerre en Ukraine. Et la question de la minorité hongroise en Ukraine reste toujours un caillou dans la chaussure dans la relation bilatérale. Peter Magyar marche donc un peu sur des oeufs et s’il va sans doute fluidifier les relations avec Bruxelles, il ne va pas non plus donner un blanc-seing à l’Ukraine.
Peut-il néanmoins soutenir le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie?
Je pense que oui parce que si on regarde bien, l’UE a adopté 19 paquets de sanctions contre la Russie depuis le début de la guerre et la Hongrie les a tous votés, même si c’est en obtenant des contreparties et des exemptions.
Il faut aussi comprendre que Peter Magyar cherche à obtenir de Bruxelles le déblocage des 18 milliards de fonds structurels qui sont bloqués depuis plusieurs années pour cause de dérive illibérale de la Hongrie sous Viktor Orban. Ça va passer par des réformes en interne, mais il va aussi lui falloir donner des gages à Bruxelles.
Quelle place occupait l’Ukraine dans la campagne de Peter Magyar?
Peter Magyar a fait campagne sur des thématiques très nationales: le besoin de changement de régime, de rétablir l’état de droit, d’arrêter la corruption, de relancer l’économie, etc. En revanche, sur les grands sujets, que ce soit l’Ukraine, la relation à la Russie, mais aussi les sujets de société ou les minorités, il a été beaucoup plus discret et beaucoup plus flou. Il considérait que c’était des thèmes complexes et surtout des thèmes qui pouvaient ouvrir la porte à un déversement de propagande contre lui.
Le Kremin a fait savoir sa volonté de « poursuivre » des « contacts pragmatiques avec les nouvelles autorités hongroises ». Que peut-on attendre des relations entre Budapest et Moscou?
Elles ne seront sans doute pas aussi franches et amicales qu’entre Viktor Orban et Vladimir Poutine. En revanche, il y a quand même de part et d’autre un besoin de « pragmatisme » dans le sens où la Hongrie reste un pays dépendant énergétiquement de la Russie. Elle importe actuellement à peu près 80% de son pétrole et de son gaz directement de Russie, à des conditions extrêmement favorables. Dans un contexte de crise économique, c’est assez compliqué pour les Hongrois d’acheter ailleurs.
Demain, on peut s’attendre à ce que Peter Magyar essaye de diversifier les approvisionnements. Il y a quelques années encore, la Hongrie n’importait que 60% de son pétrole de Russie, on pourrait donc imaginer revenir à des taux similaires. En revanche, je n’imagine pas à court terme ou à moyen terme que la Hongrie coupe complètement le robinet de la Russie. Ce serait beaucoup trop coûteux économiquement.
Comment l’élection a-t-elle été vue de Russie?
Les Russes ont été extrêmement discrets sur le sujet. Je pense qu’il y a eu à Moscou une compréhension assez rapide que Viktor Orbán allait très probablement perdre les élections et qu’il ne fallait pas tout miser sur lui. Maintenant, ils font un peu contre mauvais fortune bon cœur. Ils sont conscients que Budapest sera moins accommodant et moins accueillant pour les opérations d’influence russes en Europe. Mais il reste toujours cette dépendance économique et il est très probable que les Russes l’utiliseront comme ils l’ont toujours utilisé vis-à-vis de l’Ukraine, la Moldavie et d’autres pays.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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