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13 avril 2026Travail le 1er-Mai, loi Yadan, motion de censure… Au Parlement, le gouvernement de Sébastien Lecornu aborde une semaine à hauts risques – franceinfo
Analyse : Notre rédaction partage quelques éléments clés à retenir.
Un résumé concis de « Travail le 1er-Mai, loi Yadan, motion de censure… Au Parlement, le gouvernement de Sébastien Lecornu aborde une semaine à hauts risques – franceinfo » selon notre équipe.
Faits marquants
Les semaines se suivent et les dossiers sensibles s’empilent sur la table du gouvernement. Sous pression face à la flambée du prix du carburant depuis plusieurs semaines, l’équipe de Sébastien Lecornu voit arriver au Parlement, à partir du lundi 13 avril, plusieurs textes très délicats sur le travail le 1er-Mai, la rétention des étrangers, la justice, les ZFE ou encore l’antisémitisme, avec la proposition de loi Yadan, qui suscite une forte opposition. Franceinfo fait le aspect clé sur cet agenda et les nombreux sujets de crispation qui risquent de mobiliser l’exécutif.
Lundi : une réunion avec les syndicats sur le travail le 1er-Mai, sous la menace d’une motion de censure
Dès lundi, le gouvernement va tenter de déminer un dossier qui cristallise la colère de la gauche et des syndicats. Vendredi, grâce à l’adoption d’une motion de rejet, Les Républicains (LR), le Rassemblement national (RN) et Renaissance ont réussi à contourner l’examen à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi qui élargirait la possibilité de travailler le 1er-Mai, dans les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, les cinémas et les théâtres. Un procédé qui a fait bondir tous les groupes de gauche. Le communiste Stéphane Peu a ainsi dénoncé une « négation du Parlement », et l’écologiste Cyrielle Chatelain un « 49.3 du groupe macroniste ». Même le bloc central s’est divisé, le MoDem refusant de voter cette motion de rejet, déplorant « un détournement du règlement qui ne grandit personne ».
Le texte ayant déjà été adopté par le Sénat, son rejet à l’Assemblée permet de passer à l’étape suivante : une commission mixte paritaire (CMP) entre élus des deux chambres, chargés de trouver une version de compromis. Les défenseurs de cette réforme plaident pour que la CMP se réunisse dès cette semaine, alors que le 1er-Mai approche. Mais le Premier ministre préfère temporiser, tant le dossier est socialement inflammable. Dès dimanche, Matignon a dit exclure tout « passage en force ». Lundi, une source gouvernementale a précisé qu’il était « improbable » que la CMP se réunisse mardi. Pour tenter de désamorcer la crise, Sébastien Lecornu a chargé son ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, de recevoir les organisations syndicales à 18 heures lundi. La gauche menace de déposer une motion de censure cette semaine si le gouvernement n’enterre pas le texte.
Lundi : un texte sur la rétention des étrangers à l’Assemblée, une motion de rejet déposée
Lundi soir également, dès 21h30, l’Assemblée se saisit d’une proposition de loi, qui vise à « renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat ». Soutenu par le gouvernement, qui a engagé une procédure accélérée et a déjà programmé au 20 mai son examen par le Sénat, le texte comporte des mesures clivantes, comme l’allongement à 210 jours de la durée de rétention maximale des étrangers présumés dangereux (contre 90 actuellement, ou 180 pour les personnes condamnées pour terrorisme).
Une mesure similaire avait été censurée par le Conseil constitutionnel à l’été 2025. Pour éviter le même sort, l’auteur de la proposition de loi, le député Renaissance Charles Rodwell, a choisi une formulation qui se veut plus restrictive. Son texte contient également d’autres mesures destinées à renforcer l’arsenal antiterroriste, ainsi qu’une injonction d’examen psychiatrique pour les étrangers jugés dangereux.
Des associations de défense des droits des migrants dénoncent une réforme inefficace, coûteuse et inhumaine, et les députés de gauche ont déposé une motion de rejet préalable pour couper court aux débats dès lundi soir. Si le texte franchit cet obstacle, son examen fera figure de test sur les relations entre la droite et le bloc central, puisqu’il est soutenu par deux anciens Premiers ministres, le LR Michel Barnier et le patron de Renaissance Gabriel Attal, et qu’il a été « coconstruit » avec la droite, selon Charles Rodwell.
Lundi : la loi Darmanin sur la justice criminelle au Sénat, sur fond de mobilisation des avocats
Parallèlement, lundi soir, un projet de loi sur la justice criminelle, porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, arrive au Sénat. Le garde des Sceaux défend une nouvelle procédure de « plaider-coupable » en matière criminelle, avec des procès plus courts, sans témoin ni expert. L’objectif affiché est de réduire les délais d’audience, mais cette réforme ulcère les avocats, qui alertent sur une atteinte aux droits de la défense.
En signe de protestation, le Conseil national des barreaux, qui regroupe les 164 barreaux de France, a appelé lundi à une journée « justice morte ». De nombreuses manifestations et actions se sont déjà multipliées à travers le pays dans les jours précédents, comme à Nantes, Rennes ou Béziers. Du côté des magistrats, le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, s’oppose à ce texte, mais pas l’Union syndicale des magistrats, principale organisation représentative de la profession. La gauche, minoritaire au Sénat, tentera de faire entendre son opposition face à la droite et aux centristes, en attendant l’examen en première lecture à l’Assemblée avant l’été.
Mardi : dernier passage de la loi de simplification à l’Assemblée, le sort des ZFE en jeu
L’hémicycle risque d’être aussi très animé mardi après-midi, avec le vote définitif des députés sur le projet de loi de simplification, un texte que le gouvernement tente de faire adopter depuis près de deux ans. La version issue de la CMP est soumise à l’approbation de l’Assemblée nationale, avant de l’être au Sénat. Elle contient des mesures nombreuses et variées sur les normes économiques, dont une qui avait fait particulièrement réagir : la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), approuvée en juin 2025 par les députés LR et RN, contre l’avis de l’exécutif, et maintenue en CMP.
Initiées en 2019 et étendues en 2021, mises en place progressivement dans les métropoles, ces zones visent à interdire la circulation en ville de certains véhicules anciens et polluants, identifiés par leur vignette Crit’Air, dans le but de réduire les émissions de particules fines. Le gouvernement n’a pas renoncé à défendre ce dispositif, et va donc déposer un amendement pour tenter de sauver les ZFE, en laissant la liberté aux villes et aux métropoles de les mettre en place. Le sujet est si sensible que l’exécutif avait préféré reporter le vote sur ce texte après les élections municipales. Subira-t-il un nouveau camouflet sur ce sujet ?
Jeudi : examen à l’Assemblée de la loi Yadan sur l’antisémitisme, cible d’une pétition à succès
Jeudi, enfin, les députés se pencheront pour la première fois en séance publique sur la proposition de loi de la députée Caroline Yadan sur la lutte « contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». La parlementaire Renaissance, élue de la circonscription des Français de l’étranger qui inclut Israël, la présente comme une avis à la hausse des actes antisémites en France après les attaques du 7-Octobre. Le texte prévoit de renforcer la répression des infractions de provocation et d’apologie du terrorisme, et notamment de créer un nouveau délit punissant les appels à la destruction d’un Etat de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.
Mais avant même son examen, le texte a été visé par une pétition en ligne dénonçant « un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël », qui a recueilli près de 700 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, dépassant largement le seuil qui impose d’en débattre dans l’hémicycle. La gauche, largement opposée à la loi Yadan, appelle à modifier l’agenda des députés pour organiser ce débat sur la pétition avant l’examen proprement dit du texte. La France insoumise, en particulier, multiplie les actions contre une loi dont elle estime qu’elle « criminalise les voix en soutien du peuple palestinien, comme [l’eurodéputée LFI] Rima Hassan ».
Au sein du bloc central, le MoDem appelle à temporiser. « Nous sommes très réservés sur ce texte, nous appellerions quasiment à son retrait », a affirmé mardi la porte-parole du groupe, Perrine Goulet. Ce sujet et celui du travail le 1er-Mai risquent de tendre les relations entre le gouvernement et le parti centriste, dont sont issus plusieurs ministres. Sur X, le patron des députés MoDem Marc Fesneau a déploré « des textes clivants, insuffisamment préparés, qui ont moins cherché à résoudre des problèmes concrets qu’à un jeu de posture en vue de 2027 ».
Tous ces textes étant rejetés par la gauche, la semaine parlementaire qui débute n’augure pas non plus d’un réchauffement entre Matignon et les socialistes. Le PS avait permis à Sébastien Lecornu de faire adopter, non sans peine, le budget 2026. Les discussions sur la loi de finances pour 2027, qui se profilent déjà, s’annoncent compliquées.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Nous continuerons à partager nos observations sur cette actualité.

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