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4 mars 2026C’est une ville qui n’a pas de maire mais un “chef de gouvernement”, et qui possède sa propre constitution, son pouvoir législatif et sa police. Depuis la réforme constitutionnelle de 1994, la ville de Buenos Aires et ses trois millions d’habitants jouissent d’une autonomie équivalente à celle des autres provinces de l’Argentine, dans le cadre du régime fédéral du pays. Un statut spécial qui confère à la “capitale autonome” (la CABA : Ciudad Autónoma de Buenos Aires) un pouvoir politique très convoité.
Gouvernée par la droite depuis 2007, Buenos Aires fut durant près de vingt ans la vitrine politique de l’opposition au péronisme. Elle fut aussi un tremplin pour l’ancien président Mauricio Macri (PRO, droite libérale classique), qui la dirigea de 2007 à 2015, et dont le cousin Jorge Macri est aujourd’hui à la tête de la ville. Si Buenos Aires n’est plus ce bastion de l’opposition au gouvernement fédéral depuis que le PRO s’est allié avec La Libertad Avanza de Javier Milei au niveau national — ce qui n’empêche pas une rivalité croissante entre les deux formations pour capter l’électorat de droite —, la ville n’en conserve pas moins son autonomie et son pouvoir politique, sources de tension historique avec l’État. Elle protège d’ailleurs jalousement ses prérogatives, notamment face à sa périphérie, avec laquelle elle compose le “grand Buenos Aires”. Le reste de cette aire métropolitaine et ses 11 millions d’habitants, pour leur part traditionnellement acquis aux forces péronistes, sont en effet tenus à bonne distance par les habitants de la capitale et leurs représentants, notamment au niveau institutionnel, puisqu’aucune organisation métropolitaine n’a jamais été mise en place, participant à renforcer toujours davantage les inégalités structurelles entre la capitale et sa banlieue.
Pourquoi ce statut spécial de “ville autonome” pour Buenos Aires ? La ville jouit-elle de pouvoirs équivalents à une province ? Comment est-elle devenue un bastion de la droite ? Comment celle-ci en a-t-elle fait à la fois un contre-modèle au péronisme mais aussi une entité politique rivale à l’État ? Quelles sont les relations entre la ville et l’État depuis l’arrivée à la présidence de Javier Milei ? Quels rapports politiques (et quelles tensions) entre la ville autonome et la périphérie ?
Julie Gacon s’entretient avec Noelia Noya Iglesias et Matías Landau.
Focus — Buenos Aires, centre des mobilisations sociales et syndicales en Argentine
Avec Pierre Rouxel, maître de conférences en science politique à l’université Rennes 2.
Alors que la ville de Buenos Aires est historiquement dirigée par la droite, la capitale est aussi un haut-lieu de la contestation sociale et de l’activité syndicale. Des mobilisations sont ainsi régulièrement organisées près des lieux de pouvoir dans le centre de la ville, comme celles contre la réforme du travail portée actuellement par Javier Milei, alimentées également par l’intense activité syndicale qu’on observe dans les industries du grand Buenos Aires.

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