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14 avril 2026Analyse : Notre équipe propose une synthèse rapide de cette actualité.
Un résumé rapide de « On a endormi sa parole » selon notre rédaction.
Les points essentiels à retenir
TÉMOIGNAGE RMC. Sarah, la mère d’une petite fille scolarisée en moyenne section de maternelle dans une école à Paris, estime, dans un témoignage livré à RMC, que l’administration a minimisé l’agression dont elle témoignait avoir été victime par un animateur du périscolaire.
Au moins onze nouveaux agents ont été écartés en dix jours après des signalements révèle RMC alors que se tient ce mardi 14 avril un Conseil de Paris extraordinaire. Le sujet du scandale des violences dans le périscolaire parisien sera abordé parmi d’autres sujets.
Un premier Conseil de Paris sous pression pour le nouveau maire Emmanuel Grégoire. Ce dernier annonçait il y a 10 jours qu’il y a eu 78 suspensions d’agents du périscolaire depuis début janvier 2026, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles.
Sarah, mère d’une petite fille de 4 ans scolarisée à Paris et victime d’un animateur témoigne ce mardi 14 avril sur RMC. Elle a déposé une plainte contre l’animateur du périscolaire accusé d’attouchements sur sa fille et aussi l’école. Elle veut aujourd’hui que l’Etat reconnaisse une « faute ».
« Elle s’arrête, son visage se ferme »
C’est le 9 janvier dernier que sa fille rentre de l’école et lui raconte ce qui lui est arrivé: « Ce jour-là sur le retour du chemin de l’école, elle s’arrête, son visage se ferme. Elle me parle d’un animateur qui n’arrête pas de lui dire qu’il ‘l’aime bien’ que ça la rend triste et qu’elle ne veut plus qu’il vienne lui parler. Elle me dit qu’il lui a pris quelque chose et que ça l’a rendue triste », raconte Sarah qui se dit tout de suite « très surprise » et sent tout de suite « que quelque chose ne va pas » alors que sa fille n’a « jamais parlé comme ça d’un adulte ».
Immédiatement, Sarah envoie un mail à la direction de l’école et du périscolaire pour prendre rendez-vous: « La semaine suivante j’ai trois rendez-vous avec la direction de l’école et du périscolaire, on me dit que c’est impossible que l’animateur soit en contact avec ma fille, qu’il s’occupe des grandes sections de maternelle alors que ma fille est en moyenne section ».
Un discours qui évolue dès le second rendez-vous: « On me dit qu’il s’occupe des temps du périscolaire, de la cantine, du goûter, des mercredis après-midi. Le discours évolue, mais on me dit que tout est sécurisé, que les animateurs sont en binôme, que ma fille n’a pas pu être en contact avec cet animateur », poursuit Sarah.
« Une instruction préoccupante est bien faite par l’école, mais le discours de ma fille est minimisé. Je ressors de ces entretiens rassurés, puisque j’ai quand même en face de moi trois personnes de l’école, de la direction qui me disent droit dans les yeux que c’est impossible qu’elle ait pu être en contact prolongé avec cet animateur ».
Un animateur déjà visé par une plainte pour des faits similaires
Mais 3 semaines plus tard, Sarah découvre qu’une autre famille a déjà signalé des faits similaires dans un mail de la Caspe, l’organisme en charge des animateurs du périscolaire à Paris: « On reçoit un mail qui nous dit qu’une famille a porté plainte contre un animateur qui a été suspendu et qu’ils vont organiser une réunion avec tous les parents de l’école pour en discuter. Je ne comprends pas ce mail puisque ce n’est pas du tout le signalement que j’ai fait, donc j’appelle la Caspe, que j’avais eue trois semaines avant au téléphone, et je leur dis: ‘Je ne comprends pas, ce n’est pas le signalement que je vous ai fait, je n’ai pas porté plainte, ma fille ne s’est pas fait agresser sexuellement' ».
« Au bout de dix minutes de discussion et de questions, je comprends qu’il y a un autre signalement d’une autre famille qui date de mi-décembre, soit un mois avant, sur le même animateur et pour des faits beaucoup plus graves », déplore Sarah.
Au téléphone avec la famille de l’autre victime, elle comprend que ce petit garçon en moyenne section de maternelle, a été touché sur les parties intimes. « Le soir, j’ai une discussion avec ma fille, j’ai des craintes qui commencent à naître. C’est là que ma fille me dit que l’animateur s’est assis à côté d’elle dans le préau, lui a demandé s’il pouvait lui toucher le genou. Elle a dit ‘non’, il l’a quand même fait et elle m’a montré le geste. Il est remonté sur la cuisse, il est passé au-dessus de son sexe, il est redescendu et elle lui a demandé d’arrêter mais il n’a pas arrêté. Quelques jours plus tard, il lui a soulevé le t-shirt pour lui toucher le nombril et lui a demandé s’il pouvait lui montrer son sexe ce à quoi elle a dit ‘non’. C’est là que j’ai porté plainte ».
« On se sent complètement lâché »
Depuis, Sarah, n’a aucune nouvelle de sa plainte, prise en charge par la Brigade des mineurs: « Avec nos relances on a compris qu’aucun enquêteur n’avait pour le moment été affecté parce qu’ils sont débordés. On n’a aucune nouvelle de personne. On est heureusement appuyé par des associations comme l’association Osée, MeToo et SOS Périscolaire qui nous accompagnent, qui nous conseillent » .
« J’ai pris un avocat aussi pour suivre le dossier, mais globalement on se sent complètement lâché dans la nature, on n’a aucune nouvelle de notre dossier. J’ai aussi porté plainte effectivement contre les institutions, puisque quand j’ai fait le signalement, on a endormi la parole de ma fille. On ne m’a pas dit qu’il y avait un premier signalement, et globalement ils n’ont pas appliqué le plan de Paris, qui dit qu’au moindre signalement, l’animateur doit être suspendu. Quand ils ont eu le premier signalement mi-décembre, ils auraient dû le suspendre, et ils ne l’ont pas fait. Et quand ils ont eu mon signalement, ils auraient dû aussi le suspendre, ils ne l’ont pas fait », dénonce Sarah.
Aujourd’hui, sa fille va bien: « Il n’y a apparemment pas de traumatisme parce qu’on m’a dit que j’avais accueilli sa parole, que j’avais tout fait bien, que j’avais porté plainte et que du coup elle me faisait entièrement confiance, donc ça a réduit le traumatisme. Mais elle a des régressions, puisqu’elle n’arrête pas de parler du loup, elle a peur du loup, dort dans ma chambre, et ne veut plus être seule dans une pièce ».
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.

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